jeudi 21 mars 2019
Accueil / A la une / Le témoignage des gendarmes mobiles blessés sur la passerelle
Cédric, l'un des gendarmes mobiles blessés sur la passerelle Senghor (capture d'écran: RMC/BFM-TV)
Cédric, l'un des gendarmes mobiles blessés sur la passerelle Senghor (capture d'écran: RMC/BFM-TV)

Le témoignage des gendarmes mobiles blessés sur la passerelle

Leur mission de maintien de l’ordre aurait pu très mal se terminer. Ce lundi 8 janvier, en marge des vœux du ministre de l’Intérieur aux forces de sécurité, les deux gendarmes mobiles (escadron 24/5 de Grenoble) blessés samedi sur la passerelle Senghor à Paris se sont exprimés sur les violences subies.

Cédric, le gendarme mobile le plus sérieusement blessé – il s’est vu prescrire une incapacité totale de travail de quinze jours -, a détaillé devant les caméras de BFM-TV les circonstances de l’agression. Le bras en écharpe, le militaire rappelle que sur cette passerelle qui traverse la Seine entre le Musée d’Orsay et les Tuileries, “nous avions pour but de maintenir les manifestants d’un côté”. “Ils n’ont pas vraiment cherché à discuter, poursuit-il. Au bout d’un moment, c’est monté en pression, il y a eu des jets de projectiles, pierres et bombes agricoles.”

Un des manifestants, arrivé dans son dos, projette alors Cédric au sol. Plusieurs personnes le rouent alors de coups, dont semble-t-il, le boxeur. “Dans ce moment, on est focalisé sur comment éviter le mauvais coup et se relever au plus vite, explique le gendarme mobile. Ils savaient où ils frappaient, et ils frappaient à pleine puissance. C’était taper pour faire mal, voire tuer s’ils pouvaient.”

Le boxeur s’exprime sur Facebook

De son côté, l’ancien boxeur soupçonné d’avoir frappé des gendarmes mobiles a réservé sa première déclaration à ses soutiens. Dans une vidéo de près de trois minutes enregistrée avant sa reddition, le lundi 7 janvier et diffusée sur Facebook, Christophe Dettinger s’est expliqué sur les violences commises samedi contre les forces de l’ordre.

Le visage fatigué, s’exprimant de manière hachée, comme s’il lisait un texte, ce boxeur réputé a dévoilé ses lignes de défense. “Je suis un Gilet jaune, j’ai la colère du peuple qui est en moi, je vois tous ces présidents, ministres, tout l’Etat qui se gavent sur notre dos, c’est toujours nous les petits qui payons”, déclare-t-il.

Lire aussi sur L’Essor : Quelle peine encourt le boxeur, interpellé ce matin, qui s’en est pris aux gendarmes ce week-end?

“A force de se faire taper, oui j’ai voulu avancer sur les CRS (sic), je me suis fait gazer avec mon ami, ma femme, et à un moment la colère est monté en moi”, explique-t-il à propos des violences commises sur la passerelle. “Oui, j’ai mal réagi, mais je me suis défendu, ajoute-t-il. Il faut continuer, pacifiquement, mais il faut continuer le combat.”

Ce mardi 8 janvier,  sa garde à vue, débutée le lundi, a été prolongée par le parquet de Paris, selon une source judiciaire. Le boxeur a été placé en garde à vue du chef de violences volontaires commises en réunion et sur personnes dépositaires de l’autorité publique. Avec ces deux circonstances aggravantes, cet homme de 37 ans encourt une peine de sept ans de prison au vu de l’incapacité totale de travail constatée pour l’un des deux gendarmes mobiles blessé samedi, soit 15 jours.

La cagnotte fait polémique

Ses proches ont lancé une cagnotte de soutien qui avait, ce mardi matin, enregistré plus de 117.000 euros de dons. Les organisateurs ont depuis décidé de ne plus afficher le montant total de la somme récoltée, qui a suscité la colère du côté des forces de l’ordre. La plateforme Leetchi a ensuite annoncé avoir fermé la cagnotte contestée. La société s’est enfin engagée “à ce que les fonds collectés servent uniquement à financer les frais de justice”.

De son côté, le président (LR) de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur Renaud Muselier a lancé ce mardi une nouvelle cagnotte, cette fois-ci à destination des agents des forces de l’ordre blessés lors de manifestations de Gilets jaunes. “Plus de 1050 membres de nos forces de l’ordre ont été blessés au cours de manifestations”, déplore l’élu.

Gabriel Thierry

A voir également

Essor défenseur des droits maintien de l'ordre

Graves incidents samedi à Paris : les gendarmes réagissent et proposent !

C’est le Premier ministre qui le dit. Le dispositif de maintien de l’ordre déployé lors …

Un commentaire

  1. Aux Etats-Unis, pays de Liberté s’il en est, cet ignoble “boxeur” haineux et lâche , aurait été abbatu sur le champ, et l’anecdote n:aurait même pas figurer dans les faits divers.

    Il peut donc se réjouir de vivre, dans notre beau pays, ou les institutions, sont protégées, entre autres, par la Gendarmerie Nationale.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *