dimanche 27 septembre 2020
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Distributeur automatique de billets (DAB) entièrement brisé. Crédit : Gendarmerie.
Distributeur automatique de billets (DAB) entièrement brisé. Crédit : Gendarmerie.

Le retour des attaques de DAB au gaz explosif

Trois distributeurs automatiques de billets (DAB) attaqués ces derniers jours au gaz explosif. Une technique datant d’une petite dizaine d’années, régulièrement utilisée par des malfaiteurs issus de la communauté des gens du voyage sédentarisés ou itinérants. Depuis 2013, année record d’attaques de ce type, ces actions sont en baisse. Même si l’on note toutefois une remontée en 2019 et 2020.

Évolution des attaques de distributeurs automatiques de billets (DAB) entre 2013 et 2020. Source: OCLDI (Infographie: L.Picard/L'Essor)
Évolution des attaques de distributeurs automatiques de billets (DAB) entre 2013 et 2020. Source: OCLDI (Infographie: L.Picard/L’Essor)

En l’espace de 80 minutes, dans la nuit de mercredi 27 à jeudi 28 mai 2020, trois DAB du Crédit Agricole et de La Banque Postale ont été la cible d’attaques à l’explosif dans la Loire et le Rhône. Selon les informations de L’Essor, ces trois attaques sont attribuables à la même bande. Elles portent à 35 le nombre d’actions perpétrées contre des DAB depuis le début de l’année, dont 21 à l’aide d’explosifs. Celles utilisant la technique du gaz explosif concernaient jusqu’alors surtout le région Grand Est. Des attaques, relèvent les enquêteurs, attribuables à plusieurs bandes.

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Les deux premières opérations ont visé des agences du Crédit Agricole à Saint-Marcellin-en-Forez, puis à Bellegarde-en-Forez. Deux communes de la Loire distantes d’une trentaine de kilomètres. Les gendarmes n’ont pu intercepter les malfaiteurs. Ceux-ci ont alors poursuivi leur route en direction du département du Rhône, où ils ont attaqué un DAB de la Banque postale à Marcilly-l’Etoile, au nord de Lyon, à une cinquantaine de kilomètres.

Selon la direction régionale du Crédit Agricole, les deux premières attaques ont provoqué d’importants dégâts, mais leurs auteurs n’ont pu s’emparer des cassettes. Dans le Rhône, les voleurs ont vidé les cassettes sur place. Le montant de leur butin restait à évaluer. Les gendarmes ont par ailleurs retrouvé incendiée une Peugeot 205 volée et utilisée comme voiture-bélier pour pénétrer dans l’agence du Crédit Agricole de Saint-Marcellin-en-Forez, où se trouvait le premier DAB.

Différentes méthodes d’attaque

Il y a deux manières d’attaquer les DAB, cibles de choix avec l’absence d’espèces dans les établissements bancaires. La première consiste à arracher le distributeur à l’aide d’un engin de chantier ou de défoncer la façade de la banque avec une voiture-bélier pour accéder aux cassettes. Chacune peut contenir des dizaines de milliers d’euros. Un modus operandi très bruyant, nécessitant au moins deux véhicules.

L’autre méthode reste tout aussi bruyante mais plus rapide. Les malfaiteurs injectent un mélange d’oxygène et d’acétylène dans les appareils. Une étincelle suffit alors pour éventrer le DAB. L’opération ne dure généralement que quelques minutes. Il suffit d’une voiture ou même d’un ou deux scooters pour transporter les malfaiteurs.

Encre indélébile sur les billets des DAB attaqués

Cette dernière technique a fait son apparition au début des années 2010. Les malfaiteurs ciblent plutôt les DAB situés dans les petites villes pour agir pendant la nuit. Une méthode dangereuse à la fois pour ses auteurs et pour les riverains. En effet, l’explosion est plus ou moins importante selon la quantité de gaz introduite dans le DAB. Au début des années 2010, un malfaiteur avait d’ailleurs été tué par l’explosion. L’année record pour les attaques de DAB au gaz explosif remonte à 2013 avec 148 faits, sur un total  de 304 attaques. (Voir l’infographie).

Les attaques ont ensuite décru sensiblement jusqu’en 2018 avant de connaître une légère remontée en 2019 et en 2020. Une baisse enregistrée pour deux raisons. Tout d’abord, le démantèlement d’une dizaine de bandes spécialisées à partir de 2013, sous l’égide de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI). Mais également la réaction des banques. Celles-ci ont en effet accéléré le déploiement de nouveaux modèles de DAB, capables de réagir à une forte secousse. Ils lâchent ainsi en quelques dixièmes de secondes une encre indélébile sur les billets, les rendant inutilisables. Début 2019, la France comptait quelque 53.000 DAB (56.000 en 2015).

PMG

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