samedi 31 octobre 2020
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VBRG en manoeuvre à Saint-Astier (Photo CNEFG)

Le ministre de l’intérieur à Saint-Astier pour expliquer l’évolution de la doctrine du maintien de l’ordre

Un gendarme présente des armes et du matériel au ministre Gérard Collomb (Photo CNEFG)

A la veille d’un engagement important en Nouvelle-Calédonie afin de sécuriser le référendum et après une année 2017  et un début d’année 2018 marqués par un fort engagement – dans un contexte de forte contestation sociale- des forces mobiles,  aussi bien en zone Gendarmerie avec Bure et Notre-Dame-des-Landes et outre-mer qu’en zone police à Paris et à Nantes, le ministre de l’intérieur s’est rendu ce vendredi au  centre national d’entraînement de la Gendarmerie de Saint-Astier (Dordogne) pour faire le point sur “l’adaptation continue de la doctrine du maintien de l’ordre”.

Carte des forces mobiles engagées en 2018 ( Juin 2018)

Cette approche rénovée qui a permis selon la place Beauvau, de “limiter les incidents et de contenir le nombre de blessés par rapport à l’intensité de l’engagement des forces mobiles” a été élaborée sur la base de retours d’expérience (retex) de quatre opérations majeures  : Bure, Notre Dame des Landes, la gestion des mouvements dans les universités et les manifestations du 1er mai à Paris.

Lire aussi sur L’EssorLes quatre enseignements de l’opération de maintien de l’ordre à Notre-Dame-des-Landes

Blessés forces mobiles 2018

Le ministère de l’intérieur a aussi adapté la doctrine du maintien de l’ordre à la montée en puissance d’adversaires d’un nouveau genre comme les “black blocs” et d’autres mouvements radicaux qui maîtrisent de surcroît les réseaux sociaux et à la médiatisation en direct des opérations.

“Un nombre croissant de manifestants n’adhère plus aux règles qui permettaient un exercice codifié et organisé du maintien de l’ordre.
Les cortèges régulés et pacifiques doivent composer avec des mouvements de protestation parfois très violents, les membres de la mouvance radicale faisant des manifestations un vecteur de leur action »  peut-on lire dans le dossier de presse.

Trois principes fondamentaux

Au vu des retours d’expérience, les spécialistes du  ministère ont estimé nécessaire de faire évolue la doctrine de maintien de l’ordre, autour de trois principes fondamentaux :

Mieux préparer et anticiper les manœuvres d’ordre public 

Garantir l’application pleine et entière du droit 

Mieux expliquer et toujours plus communiquer sur le sens de l’action engagée

Axe majeur : la judiciarisation des fauteuils de troubles

Pour Gérard Collomb, l’axe majeur de la doctrine est la judiciarisation des fauteurs de troubles.

L’accompagnement judiciaire est désormais indispensable dans la manoeuvre d’ordre public”, a asséné le ministre appelant à “développer encore le travail commun entre policiers, gendarmes et magistrats pour mieux cibler les interpellations et obtenir des suites judiciaires encore plus dissuasives”.

Pour ce faire”, a t-il précisé “des officiers de police judiciaire sont désormais insérés directement dans les rangs des unités de maintien de l’ordre qui peuvent constater in situ la commission d’infractions telles que la participation à un groupement préparant des violences ou dégradation, le port d’armes, la dégradation de biens privés ou encore les violences contre personnes dépositaire de l’autorité publique”.
Un groupe de travail doit être mis sur pied d’ici l’été avec la Chancellerie pour renforcer ce ciblage a annoncé Gérard Collomb.
Selon les spécialistes du ministère qui ont planché sur cette évolution de la doctrine,  un autre aspect de la doctrine est très important: “Le positionnement à distance des forces de l’ordre pour éviter au maximum le contact et d’être pris pour cibles”, couplé à des contrôles préventifs destinés à désarmer les casseurs”.

C’est un métier d’abord où l’on met en jeu son intégrité physique: depuis le début de l’année seulement, on dénombre 118 blessés parmi les gendarmes, 34 parmi les CRS Votre profession est aussi de plus en plus exposée, sous le regard permanent des medias et des réseaux sociaux, par lesquels votre action est parfois mise en cause de manière injuste. Soyez sûrs qu’à chaque fois, vous me trouverez toujours à vos côtés pour vous soutenir quand l’accusation frôle la calomnie. 

Gérard Collomb Saint-Astier le 8 juin 2018

Didier CHALUMEAU

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