vendredi 23 octobre 2020
Accueil / A la Une / Le gouvernement ouvre des archives sur les disparus de la guerre d’Algérie
Photo d'illustration (Crédit photo: Jeanne Menjoulet / Flickr).
Photo d'illustration (Crédit photo: Jeanne Menjoulet / Flickr).

Le gouvernement ouvre des archives sur les disparus de la guerre d’Algérie

C’est une question encore très sensible des deux côtés de la Méditerranée.  Celle des disparus de la guerre d’Algérie (1954-1962). La France a fait un pas important en ouvrant des archives sur des disparus.

Un arrêté vient en effet de paraître au Journal officiel le dimanche 12 avril. Cet arrêté prévoit la libre communication, avant l’expiration des délais prévus (75 ans)  de dossiers sur les disparus de la guerre d’Algérie. Ils proviennent de la commission de sauvegarde des droits et libertés individuels. Soit une centaine de dossiers conservés aux Archives nationales.

Cette commission avait été créée en mai 1957 par le président du Conseil Guy Mollet. Elle avait pour mission d’enquêter  sur la réalité de la répression militaire et sur l’existence de tortures et de disparitions durant la bataille d’Alger (janvier-septembre 1957).

Lire aussi: 35.000 cartes du combattant d’Algérie (1962-1964) attribuées d’ici fin 2019

Responsabilité de l’Etat français

Paris, le 18 octobre 2017, discours aux forces de sécurité intérieure d'Emmanuel Macron à l'Elysée (M. GUYOT/ESSOR)
Paris, le 18 octobre 2017, discours aux forces de sécurité intérieure d’Emmanuel Macron à l’Elysée (M. GUYOT/ESSOR)

En septembre 2018, le président Emmanuel Macron avait reconnu la responsabilité de l’Etat français dans la disparition et la mort du jeune universitaire Maurice Audin en juin 1957 à Alger. Le président avait alors annoncé l’ouverture des archives des disparus durant la guerre d’Algérie. Un an plus tard, en septembre 2019, un arrêté avait permis l’ouverture des archives sur la disparition de Maurice Audin.

Aujourd’hui, les chercheurs vont donc pourvoir accéder à une centaine de dossiers de disparitions.  Une ouverture saluée par l’historien Benjamin Stora, spécialiste de la guerre d’Algérie et de l’Algérie contemporaine. “Cela va permettre d’approfondir la connaissance de cette période car il y a encore beaucoup de mythes sur la guerre d’Algérie”, dit-il à L’Essor.

Pour autant, relève l’historien, “cet arrêté n’ouvre pas la totalité des documents sur les disparus de la guerre d’Algérie”. Sur les disparitions mêmes, fait encore remarquer Benjamin Stora, “il n’existe évidemment que très peu d’ordres écrits, notamment pendant la bataille d’Alger“.

“Très difficile de chiffrer le nombre des disparus” de la guerre d’Algérie

Timbre commémoratif du 55e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie (Crédit photo: DR).

Au début de ce mois d’avril 2020, les Archives nationales ont publié un guide sur les disparus de la  guerre d’Algérie, destiné aux étudiants et aux chercheurs. Il n’existe pas de liste nominative des disparus. “C’est d’ailleurs très difficile de chiffrer le nombre des disparus“, note Benjamin Stora. Il donne comme exemple le rapport Teitgen sur la bataille d’Alger de 1957 qui évaluait à 3.000 le nombre des disparus. Un chiffre auquel les travaux des historiens par la suite ne sont jamais parvenus.

De même, ajoute Benjamin Stora, les massacres et les disparitions de Français en juillet 1962 à Oran commis par l’armée de libération nationale algérienne ont varié. Passant de  3.000, chiffre de l’époque, à 500 ou 600 aujourd’hui.

Le guide des Archives nationales distingue cinq catégories de disparus: les Algériens disparus en Algérie, les Algériens disparus en France, les civils français disparus en Algérie, les militaires français disparus en Algérie et les harkis disparus en Algérie. Ainsi près de 500 militaires et gendarmes français ont disparus en Algérie.

Les archives susceptibles de contenir des éléments sur tous ces disparus restent conservées sur plusieurs sites, comme les archives nationales d’outre-mer, le Service historique de la défense, les Archives nationales, celles de la Ville de Paris et de la préfecture de police et les archives du Quai d’Orsay. Il existe ainsi quelque 17.000 cartons de procès-verbaux établis par la Gendarmerie  sur ce sujet !

PMG

Crowdfunding campaign banner

10 Commentaires

  1. FERROUDJ .E

    Bonjour
    Je suis à la recherches des informations sur la mort de mon oncle FERROUDJ Tahar
    J’ai demander une dérogation pour consulter des archives au SHD Vincennes malheureusement il faut attendre jusqu’au 2037
    Voilà des cotes nom librement communicables
    GD 2010ZM4/10812
    GD 2010ZM4/10813
    GD 2010ZM4/10814
    GD 2010ZM4/10815
    GD 2010ZM4/10816
    GD 2010ZM4/10818
    GD 2010ZM4/10819
    GD 2010ZM4/10820
    GD 2010ZM4/10821
    GD 2010ZM4/10822
    GD 2010ZM4/10823
    GD 2010ZM4/10824
    GD 2010ZM4/10825
    GD 2010ZM4/10826
    GD 2010ZM4/10827
    GD 2010ZM4/10828
    GD 2010ZM4/10829
    GD 2010ZM4/12994
    GD 2010ZM4/12995
    GD 2010ZM4/12996
    GD 2010ZM4/12997
    GD 2010ZM4/12998
    GD 2010ZM4/12999
    GD 2010ZM4/13000
    GD 2010ZM4/13001
    GD 2010ZM4/13002
    GD 2010ZM4/13003
    GD 2010ZM4/13004
    GD 2010ZM4/13005
    Donc attendre 2037 si nous sommes encore là !!!

    • Alain Dumait

      Monsieur, je suis bien désolé, mais je ne vois pas ce que je peux faire pour vous…
      Cordialement,
      Alain Dumait

  2. BOULÉ

    Bonjour , je ne sais pas si mon mail pourra donner une suite, mais bon , je tente. J’ai passé CINQ ans en ALGERIE, avec le 454 ème régiment d’Artillerie durant les années 1954 à 1959 ( environ ) en tant que Sous Officier Lors d’une opération en KABYLIE le Lieutenant COLLET , ou COLET est passé sur une mine avec la jeep et a été tué sur le coup. Je ne me souviens pas de la date exacte.
    Fait il l’objet d’un article dans vos colonnes de son nom ? . Je ne sais pas sa région d’origine et rien de sa famille.
    Voila à toutes fins utiles

    • la France détient une grande part dans la tragédie de la guerre d’Algérie, car étant une puissance coloniale, par conséquent, les archives de la guerre 54/62 doivent être ouvertes aux historiens pour écrire toute l’histoire de cette période dramatique

      • genissieu

        On peut toujours rever pour que le FLN fasse la lumière sur ses crimes y compris ceux commis sur la population musulmane

      • La France n’a pas colonisé l’Algérie, elle a créé un nouveau pays.
        En 1830, le roi Louis Philippe a demandé à son ministre de la guerre, le maréchal Soult d’envoyer de l’autre côté de la Méditerranée un corps expéditionnaire pour faire cesser les razzias dans le sud de la France pour faire des hommes des esclaves et les femmes dans les harems, remontant jusque Lyon et la piraterie en mer pratiquée par les barbaresques. Ces terres étaient gérées par les turcs qui pratiquaient l’esclavage, les rares habitants habitaient dans des gourbis. Les français se sont installés, ils ont construit des habitations, des écoles, construits des routes, commencé à cultiver la terre, etc … et c’est 9 ans après en 1839 que Soult a donné à ce nouveau pays le nom d’Algérie.

      • Oui OK mais pour être vraiment objectif il faudrait aussi une enquête des deux parties en cause

  3. Blafi

    Pour retrouver les quelques milliers de civils et de militaires français ainsi que les 100 000 harkis et leur famille massacrés par le FLN et l’ALN, il va y avoir du travail !

    Comme en plus, ce n’est pas Stora, auto-proclamé spécialiste de l’algérie, qui est le plus honnête pour en faire l’histoire… on est mal parti pour connaitre la vérité

  4. Leray

    Des Algériens qui étaient Français.Nouvelle erreur de des Archives Nationales qui mélangent tout.Stora est pro FLN.A Oran 700 tués et disparus. Mais cela le dérange.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Gratuit : la newsletter de "l'Essor"!

Recevez chaque semaine notre newsletter " Rue Bleue " : des articles inédits, une veille sur la presse et des informations pratiques

Votre inscription est réussie ! Pensez à confirmer cette inscription dans le mail que vous allez recevoir. Merci.