mardi 22 septembre 2020
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Le général de brigade, alors colonel Lonel Lavergne (Capture d'écran Assemblée nationale).
Le général de brigade, alors colonel, Lionel Lavergne (Capture d'écran Assemblée nationale).

Le général Lavergne, chef du GSPR, mis en cause par les sénateurs dans l’affaire Benalla

La commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla met en cause le témoignage du général de brigade Lionel Lavergne, commandant le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) qui assure la sécurité rapprochée du chef de l’Etat.

Dans une lettre adressée au président du Sénat Gérard Larcher, la commission met également en cause les témoignages de deux autres hauts responsables à l’Elysée, Patrick Strzoda, directeur de cabinet d’Emmanuel Macron et Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée. Elle soupçonne ces trois hommes de d”’omissions, incohérences et contradictions”.

La commission d’enquête a par ailleurs demandé au Bureau du Sénat de saisir la justice pour “faux témoignage” de la part d’Alexandre Benalla et de Vincent Crase, tous deux en détention provisoire depuis mardi.

Concernant Patrick Strzoda, Alexis Kohler, et le général Lionel Lavergne, la commission assure qu’elle a reçu “d’utiles informations” de leur part mais qu’elle a “également mis au jour dans leurs déclarations un certain nombre d’omissions, d’incohérences et de contradictions”.

Ces trois hauts responsables, estime la commission, “ont retenu une part significative de la vérité à la commission”, comme “sur le périmètre de la mission de sécurité exercée par Alexandre Benalla”. Elle demande donc au Bureau du Sénat de “saisir le ministère public”, qui pourra “procéder aux investigations qu’il jugera opportunes afin de déterminer s’il y a lieu de donner des suites judiciaires à ces déclarations”.

Par ailleurs dans son rapport qui vient d’être publié, la commission d’enquête sénatoriale relève une série de “dysfonctionnements majeurs au sein des services de l’État”, qui ont pu “affecter” la sécurité du président et “les intérêts” du pays.”

Le général Lavergne, 49 ans, a pris la commandement du GSPR en mars 2017, sous la présidence de François Hollande. Spécialisé dans l’intervention et la protection, il a reçu ses deux étoiles de général de brigade le 1er août 2018.

Considéré par ses pairs comme l’un des plus brillants officiers de Gendarmerie de sa génération, il a coché toutes les cases dans sa formation : Saint-Cyr, Ecole des officiers de Melun, Ecole de guerre, Centre des hautes études militaires.Après un premier commandement en gendarmerie mobile, il devient officier adjoint à l’Escadron parachutiste d’intervention de la Gendarmerie (EPIGN), de 1993 à 1997 avant de prendre de le commandement de la compagnie de Libourne (1997-2000). Il revient ensuite à l’EPIGN (2000-2004) comme commandant.

Chef d’escadron en 2001, Lionel Lavergne rejoint l’Inspection générale de la Gendarmerie, comme chargé d’études (2005-2006). Lieutenant-colonel, il devient commandant en second (2006-2007) du Groupe de sécurité et d’intervention de la Gendarmerie nationale (GSIGN), puis numéro deux (2006-2009), adjoint du colonel Denis Favier lors de la réorganisation du GIGN.

Colonel, il commande ensuite le groupement de la Haute-Corse (2009-2012). En 2013, il commande l’unité de coordination des forces d’intervention (Ucofi) du ministère de l’Intérieur avant de rejoindre le GSPR à l’été 2015 comme adjoint.

Fort d’une soixantaine d’hommes et de femmes, le GSPR est composé à égalité de policiers et de gendarmes. Il assure la sécurité rapprochée de François Hollande, en trois équipes (“rouge” d’alerte, “orange” en réserve, “verte” en repos ou à l’entraînement) qui se relaient jour et nuit, 365 jours par an, en France comme à l’étranger autour du président lors de ses déplacements.

A l’intérieur de l’Elysée, la sécurité du président est assurée par les gardes républicains de la compagnie de sécurité de la présidence de la République (CSPR).

 

Pierre-Marie Giraud

 

 

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11 Commentaires

  1. Sylvaine LA CORTE

    Je reste sceptique sur la mise en cause du Général Lavergne…il est certes plus difficile de s’attaquer aux sélectionnés par l’Elysee…Sans recrutement de contractuel (tombe presque du ciel) grassement rémunéré mais en laissant en place les forces conventionnelles de droit toutes ces histoires n’auraient pas eu lieu.

  2. La commission d’enquête du Sénat ne sait pas trompée quand elle dit que certaines personnes ont menti. Ce Général a menti sous serment et doit donc démissionner. Sinon il n’a pas de courage et sera discrédité dans la profession. Quand à Benalla, je voudrais savoir comment un trou du cul de ce genre peut devenir Lieutenant colonel de réserve ?? Moi quand j’ai quitté la Gendarmerie après 33 ans de service et un dossier propre, je me suis retrouvé réserviste dans mon ancien grade. Ensuite je suis passé Officier et j’ai fini Capitaine. Sans plus !! Alors quand on voit ce qu’a dit le Directeur de la Gendarmerie au Sénat, on est en droit de se poser des questions sur la droiture de nos grands chefs. Et là elle n’est vraiment pas belle à voir. Si le Directeur à baissé son pantalon devant le Président de la République, c’est vraiment qu’il n’a aucune conscience et valeur.

    • MALFIONE James

      Je ne pense pas que cet Officier ait pu délibérément mentir sur ces fonctions et sur ce qu’il savait; en fait, c’est comme un “panier de crabes” d’où l’on extirpe ceux qui ne “pincent pas”.
      En l’occurrence, l’affaire Benalla est tellement pleine d’embrouille que notre Général n’a surement pas été au courant de toute l’affaire (domaine réservé à “Jupiter 1er).

  3. Qui dit la vérité dans ce ” panier de crabes ” qu’est l’affaire Benalla “. Certainement pas le principal intéressé (Benalla) qui ment outrageusement sous serment et qui continue à se pavaner sans que ça n’offusque plus que ça les médias et autres journaux d’informations. On en parle si peu aux informations télévisées que ça en devient suspect. Il semble que certains hauts politiques passent à travers les goûtes à commencer par le premier d’entre-eux. — Il est des temps, pas si lointains, où un Président de la République confronté à une telle affaire aurait été cloué au pilori chaque matin. Deux poids deux mesures….!

  4. Brondeau Daniel

    Les Gendarmes, quelque soit leur grade, devraient éviter la politique comme la peste. Nous le constatons tous les jours, des politiciens qui mentent,qui ne tiennent pas leurs promesses, des ministres qui ont été condamnés qui sont nommés des postes importants… En résumé, avec les “bénis oui oui”, nous avons les politiciens et les hauts gradés de la gendarmerie que nous méritons…

  5. finalement, quel est le lien entre ces gens …. Lavergne Général et Benalla et Craze Lt Colonel tous de la gendarmerie des gens qui ont toujours de grands dossiers, mais parfois des casseroles qu’on découvre plus tard quand on commence à gratter.

  6. Niout

    Un officier n’est pas nommé général à l’improviste ou uniquement sur ses qualités professionnelles…!. Obligatoirement maintenant le heureux élus adhérent et prennent la sensibilité politique du moment. Ensuite, les postulants doivent appliquer les directives, si tordues soient elles, et assurer la volonté du maître. Dans le cas “Benalla”, il est évident qu’il y a eu un certain laxisme pour ne pas dire un favoritisme coupable. Plusieurs acteurs ont fauté et sont mouillés, pour ne pas dire noyés, avec des prises de décisions tendancieuses et pour le moins totalement illégitimes … Il faudrait que chaque protagoniste ait le courage et l’honnêteté d’en assumer toutes les conséquences….! Mais çà c’est à chacun d’apprécier selon ses valeurs morales…. Et on connaît déjà trop bien celles de nos politiques…..Quant au Général nous verrons bien Quelque part, l’indépendance la droiture et l’honneur de l’Institution pourrait en être salement entâchée.

  7. Kravchenko

    Je ne suis pas gendarme, mais j’en ai connu un certain nombre, hauts-gradés (colonels). Mon impression est qu’il se passe dans la gendarmerie ce qui se passe dans tous les corps de la fonction publique. La compétence professionnelle du candidat n’est pas prise en compte lorsque le poste sur lequel il est nommé expose au public, et est soumis à l’autorité supérieure de l’Etat. C’est regrettable, et mal ressenti par ceux qui ont à cœur de remplir le service public. A titre d’exemple, en 1985, Alain Geismar, soixante-huitard bien connu et exclu de l’enseignement public, a été nommé inspecteur général de l’éducation nationale au tour extérieur. On trouve d’autres exemples dans tous les corps de l’Etat. Il faut dire d’ailleurs que les conditions d’exercice de ces postes n’attirent plus les plus qualifiés dans leurs fonctions.
    En tout cas, je tire mon chapeau aux forces de l’ordre pour leur modération devant les violences. J’aimerais qu’un journaliste ou qu’un responsable politique ait le courage de dire que les violences commencent lorsque les manifestants refusent d’obtempérer et de respecter leurs obligations, et qu’interdire l’usage des LBD à ceux reçoivent des pavés et autres projectiles dangereux est pour le moins stupide.

  8. Colin

    La complexité de l’affaire Benalla, très proche du couple présidentiel, pose de nombreuses interrogations. L’intéressé est-il couvert par le président ? Auquel cas, c’est à ce dernier d’apporter toute la lumière nécessaire à la compréhension de cet épisode peu glorieux pour la France.

  9. Erhard

    pourquoi selon vous ne serait-il pas couvert par le président ? réfléchissez un peu. !! Je suis âgée de 86 ans ,avais 6 ou 7 ans à la guerre de 40 et vu et entendu beaucoup de choses pendant ce long temps ..,et surtout habituée à me taire sous l’occupation allemande. et éduquée par des Parents qui nous ont appris à ne jamais dénoncer quelqu’un.. Aussi cherchez vous-même et vous trouverez comme le disaiit ce bon Lafontaine cherchez et vous trouverez (Le laboureur et ses enfants )

  10. Narbet

    un général qui commande si peu de personnel????? Vraiment du grand n’importe quoi. La Gendarmerie dont je fais parti part vraiment en sucette. Où il y a peu il y avait 2 officiers il y en a maintenant minimum cinq dont 3 qui ne servent à rien. Le nombre de généraux a exploser alors que les budgets sont en chute libre. Je crois qu’il est indispensable de réagir et vite

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