dimanche 7 juin 2020
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Illustration (Photo : Pixabey).
Illustration (Photo : Pixabey).

Le gendarme de l’Élysée condamné pour refus d’obtempérer fait appel

Après sa condamnation à quatre mois de suspension de son permis de conduire et 500 euros d’amende pour refus d’obtempérer, le gendarme de l’Élysée ancien chauffeur d’Emmanuel Macron a fait appel. L’affaire devrait être rejugée d’ici la fin de l’année devant la cour d’appel de Versailles.

Gardes républicains dans la cour du palais de l'Elysée (MG/L'ESSOR)
Gardes républicains dans la cour du palais de l’Élysée (MG/L’ESSOR)

Le militaire, affecté au Groupe de sécurité de la présidence de la République, a été condamné ce lundi 24 février par la 11e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Nanterre, une information dévoilée par le journal en ligne Mediapart. Ce super gendarme du GIGN avait, selon l’accusation, tenté d’échapper à un contrôle routier en février 2019, au volant d’une voiture de la présidence de la République, pour rentrer à son domicile.

Lire aussi: Un gendarme de l’Elysée refuse de s’arrêter après un excès de vitesse

Journée chargée

Ce mercredi 27 février 2019, le gendarme rentre à son domicile dans la soirée après une journée intense. Il est environ une heure du matin. Dans la journée, le chef de l’État a enchaîné conseil restreint de défense, conseil des ministres, déjeuner avec la dirigeante allemande Angela Merkel, entretien avec le secrétaire du trésor américain et cérémonie de remise de décoration. Le militaire doit revenir au matin à l’Élysée pour enchaîner sur la journée suivante. Selon nos informations, le gendarme, qui avait été muté à un autre poste depuis l’incident, va quitter le GSPR début mars. Il devrait rejoindre alors une nouvelle affectation au sein du GIGN.

“Mon client est extrêmement droit, probe et intègre, énumère son avocat, Me Jean-Baptiste Iosca. Ce n’est pas un fou du volant et il est particulièrement attentif à la sécurité.” Selon l’avocat, le gendarme n’avait pas remarqué la patrouille de police. “S’il avait vu les policiers, il se serait arrêté, poursuit Me Iosca. Il n’avait aucune raison de ne pas s’arrêter comme une pierre.” Si le refus d’obtempérer est contesté, le conseil du gendarme admettra devant le tribunal l’usage du gyrophare pour, selon Mediapart, “couler les feux rouges” et une vitesse excessive pour “nécessité de service”. Selon la patrouille de police, le militaire aurait circulé à près de 150 km/h.

En appel, la défense du gendarme compte insister sur deux points. Un des quatre policiers de la patrouille de police aurait donné, sur procès-verbal, une version différente de ses trois collègues. Ces derniers avaient affirmé avoir bien fait les gestes réglementaires à destination du gendarme pour que ce dernier s’arrête. Enfin, Me Iosca s’interroge sur l’absence de réquisitions des images des caméras de vidéosurveillance présentes sur le parcours de la course-poursuite dans une affaire qui fleure bon, pour le conseil, la guerre des polices.

GT

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