vendredi 6 décembre 2019
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Véhicules blindés à roues de la Gendarmerie (VBRG) en manœuvre au Centre national d'entraînement des forces de Gendarmerie (CNEFG) de Saint-Astier (Dordogne). La réparation et l’entretien de ces véhicules est l’une des missions des sous-officiers du Corps de soutien technique et administratif (CSTAGN) de la spécialité Auto-Engins Blindés. M. GUYOT/ESSOR

Le difficile choix du successeur des blindés de la Gendarmerie

VBRG en manoeuvre à Saint-Astier (Photo CNEFG)

Avec l’opération de maintien de l’ordre à Notre-Dame-des-Landes, au printemps, les véhicules blindés à roues de la Gendarmerie (VBRG) ont à nouveau rappelé leur utilité. Un retour en grâce salué par le patron des gendarmes, Richard Lizurey, en marge d’une interview à Ouest-France, rapportée sur le blog “Lignes de défense”, ce mardi 17 juillet.

“Ils nous ont été bien pratiques pour dégager les départementales bloquées par les zadistes et pour démonter plus de 210 barricades au total, explique, selon le quotidien régional, le directeur général. L’un des VBRG a été sérieusement endommagé car il s’est retrouvé bloqué dans une barricade enflammée. L’équipage a eu très très très chaud, littéralement. Celui-là, je ne suis pas sûr qu’on le récupère. Des pièces détachées peut-être.”

Un retour sur les feux de la rampe qui pose avec acuité la question de la modernisation de la capacité blindée des gendarmes. En 2005, les députés pointaient déjà des véhicules “hors d’âge”. Leur nombre a depuis chuté, de 153 il y a treize ans à 84 aujourd’hui, la faute notamment à l’entretien complexe d’un véhicule conçu en 1969 par Berliet, racheté par le constructeur Renault à la fin des années 1970. En clair, les pièces de rechange manquent.

Un budget de 42 millions d’euros

Le renouvellement des engins blindés de la Gendarmerie est estimé par le ministère de l’Intérieur à environ 42 millions d’euros, une enveloppe à ce jour non-financée, notait en mars la Place Beauvau. Les besoins sont toujours estimés à une centaine d’exemplaires dans l’Arme.

En outre-mer, le niveau de violence auquel sont confrontés les militaires de la Gendarmerie ainsi que la dégradation rapide des situations de crise imposent le maintien d’une capacité blindée composée essentiellement d’engins lourds, relève le ministère de l’Intérieur. En métropole, la capacité blindée pourrait s’appuyer à la fois sur une composante lourde et sur une plus légère afin de répondre à la totalité des besoins et ainsi offrir une plus grande souplesse d’emploi.”

Le véhicule blindé multi-rôles léger Serval (Crédit photo: Nexter).
Le véhicule blindé multi-rôles léger Serval (Crédit photo: Nexter).

“On ne va pas lancer un nouveau programme mais on travaille sur des options, explique à Ouest-France Richard Lizurey. Soit les refaire, les remotoriser. Soit acheter sur étagère et les adapter au maintien de l’ordre. Une des pistes, ce sont des véhicules de l’avant blindé de l’armée de Terre. J’ai besoin qu’on me rajoute une lame devant. Il y a des travaux en cours sur cette option.”

La Défense attend en effet dans les prochaines années – la moitié du millier d’unités commandées doit être livrée d’ici 2025 – le successeur de son véhicule de l’avant blindé, (VAB) le nouveau véhicule blindé multi-rôles (VBMR) Serval. Pour autant, cette solution économique ne remporte pas tous les suffrages. “Les retours récents montrent que les véhicules de l’avant blindé ne peuvent pas être équipés de la même lame qui équipe les véhicules blindés à roues”, regrette auprès de L’Essor le général (2S) Bertrand Cavallier, fin connaisseur du maintien de l’ordre.

Lire aussi sur L’Essor : Le véhicule blindé multi-rôles léger de l’armée de Terre s’appellera Serval

L’équation à résoudre pour les gendarmes n’est pas évidente. Ils n’ont pas forcément besoin des capacités de transport de tels engins. Mais, menace terroriste oblige, ils se doivent d’avoir des véhicules dotés d’un meilleur blindage qu’actuellement, capable par exemple de résister à un tir de fusils d’assaut Kalachnikov. Affaire à suivre.

G.T.

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