vendredi 18 octobre 2019
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Un gendarme du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) (Crédit photo: GT/L'Essor).
Un gendarme du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) (Crédit photo: GT/L'Essor).

Le développeur du logiciel espion Fireworld condamné

La casquette du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) (Crédit photo: GT/L'Essor).
La casquette du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) (Crédit photo: GT/L’Essor).

INFO L’ESSOR – Les cyber gendarmes du centre de luttes contre les criminalités numériques (C3N) peuvent se réjouir. L’une de leurs enquêtes, sur le logiciel espion Fireworld, vient de déboucher sur une condamnation.

Le 4 février, la douzième chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris a condamné Edouard L., le développeur du logiciel espion, à une peine de huit mois avec sursis et la saisie de 15.000 euros. Si Le Monde s’était fait l’écho de l’audience, le 14 janvier, on ignorait le délibéré. On ne sait pas également si le prévenu a fait appel de cette condamnation.

La justice reprochait au jeune ingénieur, un homme de 22 ans, d’avoir conçu et vendu ce programme informatique. Il permettait un accès frauduleux à un système informatique, en clair de l’espionnage. L’enquête avait estimé à plus de 31.000 euros les gains liés à la vente du logiciel espion, entre janvier 2016 et août 2017. L’affaire avait suscité l’indignation en raison de la technique de vente du fabricant. Ce dernier utilisait comme arguments la surveillance de l’activité d’employés, la fidélité de son conjoint et l’identification de la sexualité de ses enfants.

Signalement

Des arguments qui avaient fait bondir l’association “Amicale des jeunes du refuge”. Elle avait alors signalé les faits. A la fois auprès de la plateforme de signalement Pharos ainsi qu’aux autorités judiciaires. Sur Twitter, Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, s’était emparée de l’affaire, jugeant que celle-ci démontrait “qu’homophobie et sexisme prennent racines dans les mêmes stéréotypes de genre”.

Cette décision judiciaire est “une belle victoire“, salue aujourd’hui l’association. “On ne peut se faire impunément de l’argent sur la vie privée des gens et encore moins en usant d’arguments marketing homophobes, souligne Mehdi Aifa, le président de l’Amicale des jeunes du refuge. La justice sévit avec sévérité et ces cyber délinquants doivent savoir que nous serons toujours derrière eux pour révéler leurs méfaits.”

L’affaire devrait avoir des suites. Selon Le Monde, l’enquête des gendarmes a permis de remonter aux clients de la société Fireworld. La légalité de l’utilisation d’un tel logiciel espion étant contestable, plusieurs dizaines de procédures seraient actuellement en cours en France.

Gabriel Thierry

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