jeudi 29 octobre 2020
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Le gendarme Mickaël, de la brigade numérique (Crédit photo: GT/L'Essor).
Le gendarme Mickaël, de la brigade numérique (Crédit photo: GT/L'Essor).

Le coup de chapeau d’un ancien policier au numérique dans la Gendarmerie

Certains compliments ont plus de valeur que d’autres. Comme celui adressé à la Gendarmerie par Eric Pommereau, un ancien développeur du service informatique de la police judiciaire de la Préfecture de police de Paris. Sur son blog, cet ingénieur spécialisé dans les nouvelles technologies plaide (à titre personnel) pour une meilleure prise en compte du numérique dans la Police nationale dans un article punchy.

“Sur le plan des ressources humaines, je suis attristé de voir ce qui est fait (ou plutôt ce qui n’est pas fait) du côté de la Police nationale, explique-t-il. J’ai quitté la Police parce que cette filière [prenant en compte la spécialité numérique et système d’information et de communication] n’existait pas.”

Gardien de la paix, cet ancien policier bifurque vers l’informatique, où il s’investi avec passion. Une spécialité qui malheureusement, aux yeux de l’informaticien, ne pèse pas lourd pour son administration. “Ma spécialité semblait n’avoir aucune valeur alors que j’avais l’impression d’apporter quelque chose en plus”, regrette-t-il. Finalement, Eric Pommereau passe avec succès le concours d’ingénieur systèmes d’information et de communication de la fonction publique d’Etat.

Un départ de la Police par défaut

Illustration (GT/L’Essor).

S’il continue à travailler pour le ministère de l’Intérieur, il doit démissionner de la Police nationale pour être titularisé ingénieur. “Rétrospectivement, quitter la police a été un choix par défaut ; j’aurais préféré rester au sein de ‘ma famille’, détaille-t-il sur son blog. J’intègrerai d’ailleurs le service des technologies et des systèmes d’information de la sécurité intérieure (ST(SI)² en 2012 dans le cadre d’un recrutement Police nationale puis la Police aux frontières en 2017, une sorte de retour à la maison, même si j’ai bien conscience de ne plus être le même qu’avant.”

Ce cursus étoffé a permis à cet ingénieur de côtoyer de près la Gendarmerie. Et ce qu’il retient est très élogieux pour l’Arme. “J’ai été frappé par la manière dont les systèmes d’information et de communication et le numérique sont considérés par les gendarmes : le recrutement, la formation et la culture numérique omniprésente dans les directions métier”, souligne-t-il.

Pour l’ancien policier, la culture numérique de la Gendarmerie est transversale. “C’est donc à tous les niveaux de la hiérarchie, des sous-officiers aux officiers supérieurs, que les gendarmes intègrent aujourd’hui le numérique, poursuit-il. La gendarmerie a su depuis longtemps en faire un levier de changement en devenant un acteur numérique de premier plan.

“Un écart de culture”

Bureau Nouvelles technologies (N.T.E.C.H.) / Section de recherche de Caen (Photo d'illustration S.D L'Essor)
Bureau Nouvelles technologies (N.T.E.C.H.) (Photo d’illustration S.D L’Essor)

Les ateliers de performance, la mission numérique ou encore la création d’une brigade numérique sont également autant de points positifs pour la Gendarmerie. Quitte, dans des services comme le STSI2, à ce qu’un déséquilibre entre policiers gendarmes se profile. “Il y a moins de policiers que de gendarmes, note-t-il. Ensuite, l’écart de culture et de compétences informatiques à l’arrivée au service est remarquable. Souvent, les policiers ont un train de retard là où les gendarmes sont rapidement opérationnels.”

Une solution pour l’ingénieur : créer une filière dédiée au sein de la Police nationale. “Les policiers doivent aussi pouvoir faire, expérimenter, créer, plaide Eric Pommereau. Ils sont, au même titre que les gendarmes, des innovateurs en puissance. Les mieux armés pour innover aujourd’hui demeurent incontestablement ces derniers.” Une conclusion, on n’en doute pas, qui va faire plaisir du côté du fort d’Issy-les-Moulineaux.

Gabriel Thierry

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2 Commentaires

  1. Bonjour,
    Je partage tout à fait ce que dit mon collègue! La Police a toujours eu du retard en tout. En effet nos Directeurs se battent surtout pour leur carrière et nous prennent pour de la piétaille. Ils ne servent aucunement de nos qualités que l’on a acquis avant d’être Policier. Ils ont découvert seulement après les premiers attentats qu’il fallait mieux s’entraîner. Ayant été Sous-officier dans l’Armée de Terre, la progression sous le feu n’est pas une première pour moi. Mais nos moniteurs de tir, avant tout civils n’avaient aucunement envie que je leur donne quelques conseils… Désolant!
    Vive la Gendarmerie qui est plus sérieuse.

  2. Biby

    Bonjour, je resterai toujours etonne de cette obsession que me semble avoir la gendarmerie a vouloir toujours se comparer favorablement a la Police.

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