mercredi 22 mai 2019
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Lors de la manifestation des Gilets jaunes du samedi 20 avril (Ph: GT/L'Essor).
Lors de la manifestation des Gilets jaunes du samedi 20 avril (Ph: GT/L'Essor).

Le Conseil d’Etat refuse de suspendre la grenade GLI-F4

Grenade GLI F4 (Repro L’Essor)

Saisi en référé par deux associations, le Conseil d’état a refusé ce 17 mai d’interdire la grenade GLI-F4 pour le maintien de l’ordre. A l’origine de cette demande, la Ligue des droits de l’homme et l’association Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat).

Cette dernière contestait notamment les conditions d’emploi des grenades GLI F4. Elle jugeait la formation des personnels “insuffisante”, et la “formule de sommation préalable à l’emploi de ces armes ou les conditions de son prononcé (..) entachées d’incertitude sur leur portée ou leur compréhension par les manifestants”.

Mais, pour le Conseil d’Etat, l’Acat soutient cette argumentation “sans l’établir ni même soutenir cette argumentation d’éléments de fait”. Il ajoute qu’elle “borne sa critique à des contestations de principe” et rejette donc ses conclusions.

La munition la plus puissante des gendarmes

Hier, jeudi 16 mai,  les avocats des associations avaient demandé la suspension de l’usage des grenades GLI-F4. Ils demandaient le retrait de cette arme dans les opérations de maintien de l’ordre. Pour en illustrer la dangerosité, Gabriel P., victime de l’explosion d’une grenade en novembre 2018, les accompagnait.

La grenade à fusil et à main lacrymogène instantanée (GLI) modèle F4 est la munition la plus puissante qui équipe les gendarmes. A cause de son action explosive due à la présence de tolite, cette arme de force intermédiaire est à triple effet lacrymogène, sonore et de souffle.

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Ces avocats estiment notamment que les dégâts liés à cette arme intermédiaire sont disproportionnés par rapport à l’objectif poursuivi. “Elle projette des éclats et peut porter atteinte à la vie humaine”, précise Me Jean-Philippe Duhamel. Au contraire, pour la représentante du ministère de l’Intérieur, les forces de l’ordre ont besoin de ce type de grenade. L’arme “blesse”, “peut entraîner des atteintes”, admet-elle, mais elle est nécessaire dans la gradation de la riposte. Avant l’usage d’une arme à feu par exemple.

Une autre grenade, sans effet de souffle

Une nécessité contestée par les requérants, en témoigne selon eux la commande de “GM2L”, ces grenades sans explosifs brisants, repérée en août 2017 par L’Essor. Fabriquée par la même société, la société d’armement et d’études Alsetex, cette grenade est assourdissante et lacrymogène, mais sans effet de souffle. Elle doit remplacer progressivement la GLI-F4 dans l’arsenal des gendarmes au cours des années 2020-2022.

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La GM2L n’est pas une arme “équivalente” à la GLI-F4, précise à ce sujet la représentante du ministère de l’Intérieur. Et de démentir l’abandon de cette grenade pour des raisons de dangerosité. C’est au contraire l’arrêt de la production par le fabriquant qui en serait responsable. “Nous n’avons pas renoncé à cette grenade: nous n’en disposons pas pour le moment”, assure-t-elle.

Le Conseil d’Etat avait par ailleurs refusé, le 1er février 2019, d’interdire l’usage du lanceur de balles de défense (LBD).

Matthieu Guyot et Gabriel Thierry 

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