lundi 16 décembre 2019
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La page d'accueil du site Vetigend sur lequel les gendarmes doivent commander leur habillement. (capture d'écran)

Le cafouillage informatique de Vetigend met en danger les réservistes

Les données personnelles de 130.000 gendarmes utilisant Vetigend accessibles sur le web. C’est l’impressionnante bourde informatique commise par Paul Boyé Technologies, le fournisseur exclusif de l’habillement des gendarmes et des policiers. Un problème de sécurité qui touche particulièrement les 30.000 réservistes opérationnels de l’Institution.

Dans un listing de 2018 mis en ligne par erreur figuraient en effet les noms, date de naissance et code postal de l’unité de rattachement des militaires concernés. Leur Nigend (numéro d’identification Gendarmerie) ainsi que leur adresse mail professionnelle étaient également inscrits dans ce fichier. “Il y a actuellement beaucoup d’interrogations dans la population des réservistes sur les conséquences de cette faille de Vetigend”, note ainsi le capitaine Renaud Ramillon-Deffarges, président de l’association de réservistes Anorgend.

Vetigend fermé une semaine par précaution

Le problème a été identifié le 23 août et la réponse n’a pas traîné: retrait du fichier incriminé et fermeture de Vetigend, le site qui permet aux gendarmes de commander leur habillement. Son homologue policier, Vetipol, a lui aussi fermé par précaution. Sollicité par L’Essor, Paul Boyé Technologies n’avait pas encore répondu lors de la mise en ligne de cet article. 

La Gendarmerie a demandé des correctifs à Paul Boyé Technologies. Ceux-ci ont été portés et les deux sites ont rouvert une semaine plus tard, le 30 août. Selon une source de l’AFP qui a révélé l’affaire,  la “faille est due à une erreur d’un informaticien chez le prestataire”. Elle ajoute que le fichier “n’était pas accessible à “M. Toutlemonde” mais l’était plus facilement pour un profil rompu à l’informatique”. Le ministère de l’Intérieur avait relativisé auprès de l’AFP “la portée de cette fuite”. Il estimait que ces informations sont “par ailleurs disponibles dans le domaine public”.

Les réservistes menacés par la faille informatique

Si cette réponse est exacte pour les actifs, dont le logement se trouve, le plus souvent, sur leur lieu de travail, elle l’est moins pour les réservistes. Ceux-ci n’ont en effet pas forcément envie de rendre public leur engagement au sein de l’Institution. Renaud Ramillon-Deffarges explique ainsi que les réservistes font “le rapprochement avec les personnes qui ont ciblé récemment des militaires de la Gendarmerie”.

Lire aussi sur L’Essor: Les gendarmes menacés avant un G7 sous haute surveillance

Deux évènements récents montrent en effet que la menace est bien réelle. Le 24 août, les gendarmes de la section de recherches de Clermont-Ferrand ont interpelé un homme qui menaçait de s’en prendre à 80 gendarmes. Il les avait identifiés comme tels via des réseaux sociaux. Quelques jours plus tôt, cinq personnes avaient déjà été interpellées. Ils étaient soupçonnés de vouloir brûler un hôtel où logeaient des gendarmes dans le cadre du G7 de Biarritz.

Matthieu Guyot

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2 Commentaires

  1. Geoffroy

    Comment récupérer ces données effacés par mégarde de son PC ? Vous allez trouver ce livre génial

    http://go.676269646979726f756b6f75z2ec61647269656e73696d6f6e.30.1tpe.net

  2. FATON

    Ce qui me fait bondir c’est que “VETIGEND” a failli … et on le garde…. Quand un fournisseur fait une bêtise d’autant une bêtise qui peut être lourde de conséquences, on le vire … point… c’est tout…

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