jeudi 4 mars 2021
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La cryptomonnaie Bitcoin à le vent en poupe. Aussi chez les cyberdélinquants (Photo d'illustration (Crédit photo: Microsiervos / Flick).
La cryptomonnaie Bitcoin à le vent en poupe. Aussi chez les cyberdélinquants (Photo d'illustration (Crédit photo: Microsiervos / Flick).

Comment les gendarmes du C3N enquêtent sur les fraudes et blanchiments liés aux cryptomonnaies

Impossible de ne pas avoir entendu parler des cryptomonnaies. Valeur refuge des investisseurs en période de crise, leur notoriété ne cesse de grandir. Le Bitcoin, la plus connue d’entre elles, a notamment atteint des records de valorisation ces derniers mois.  Mais on connaît moins la part sombre de ces monnaies électroniques, émises de pair à pair, qui peuvent également servir de moyen de paiement.

Escroqueries, blanchiment d’argent, financement du terrorisme… Les cybercriminels, organisés en réseaux parfois très structurés, n’ont pas tardé à s’emparer de la monnaie virtuelle pour la détourner à leur profit. D’autant plus que, confinement et télétravail obligent, les cyberattaques ont aujourd’hui atteint leur plus haut niveau historique.

Le C3N sur le pont pour lutter contre les fraudes liées aux cryptomonnaies

Au sein de la Gendarmerie, le Centre de lutte contre la criminalité numérique (C3N) est chargé de lutter contre la fraude liée à cette technologie mais aussi contre les nouvelles techniques mises en place par les hackers et le crime organisé.  Le capitaine Paul-Alexandre Gillot a ainsi témoigné de cette expérience pour CNews.

Escroqueries liées au hacking des logiciels de sécurité, cyberattaques de type rançongiciel, blanchiment de fraude fiscale aggravée, blanchiment lié au trafic de stupéfiants ou à la criminalité organisée… Mais aussi blanchiment de trafic d’armes et dans une moindre mesure financement du terrorisme sont les principales fraudes liées aux cryptomonnaies. Elles peuvent également servir aujourd’hui à l’achat de contenu pédopornographique sur internet.

“On note un développement de l’économie parallèle au système bancaire, affirme par ailleurs le capitaine Gillot. Notamment avec des cartes de crédit rechargeables avec des cryptomonnaies. Et désormais avec la possibilité de payer avec ces devises sur PayPal. Tout ceci contribue à rendre leur accès plus simple. Mais les cybercriminels l’on compris et surfent sur cette vague.”

Un système de semi-anonymat qui complique le travail d’enquête

Système décentralisé et sans intermédiaires, les monnaies électroniques s’appuient sur la blockchain. “Un véritable livre de comptes à ciel ouvert, que chacun peut consulter, partout et à tout moment”, explique le gendarme. Mais seuls les numéros du compte sont visibles, pas l’identité de leurs propriétaires. Lesquels ont la possibilité d’ouvrir un nombre quasi infini de comptes pour héberger leurs différentes cryptomonnaies. Ainsi, “si un virement frauduleux a été fait, à votre insu ou non, vous ne pouvez pas revenir en arrière. Ni réclamer cet argent à quelqu’un, puisque ça a transité de particulier à particulier”.

D’où la difficulté à laquelle sont confrontés les gendarmes. Notamment concernant les rançongiels, « une priorité nationale coordonnée par la section J3 du Parquet de Paris ». Si les hackers transforment le fruit de leur butin en monnaie fiduciaire, placé sur un compte en banque, l’enquête est classique. Mais ils commettent rarement cette erreur.  Le plus souvent, la rançon en cryptomonnaie est déplacée sur différents comptes à travers la planète.  En outre, les cybercriminels utilisent les outils mis à disposition par la blockchain afin d’opacifier davantage leurs opérations. Il s’agit principalement du swapping, l’échange d’une cryptomonnaie en une autre. Et des mixeurs, qui permettent de diviser une transaction sur plusieurs comptes, sans qu’il ne soit plus possible de déterminer qui détenait quoi. “Les criminels sont prêts à payer entre 4 et 12 % sur leurs rançons ou leur argent pour qu’on ne puissent pas remonter jusqu’à eux”, insiste le capitaine Gillot.

Lire aussi: Le C3N fait tomber un vaste réseau de pédopornographie sur internet

Ces techniques rendent le travail des enquêteurs de plus en plus complexe. Pour remonter les filières criminelles, ils privilégient deux méthodes complémentaires. D’abord, retracer l’infrastructure mise en place par les délinquants. Ensuite, traquer le bénéficiaire final. Mais, à l’avenir, le C3N va mettre en place “des techniques spéciales d’enquête” affirme le gendarme qui promet une mobilisation sans faille de la Gendarmerie sur le sujet.

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