mardi 20 octobre 2020
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Capture d'écran de la version d'Ubuntu utilisée dans la gendarmerie, en 2012. Par Dumond.stephane [LGPL, GPLv3, LGPL, LGPL, MPL 1.1, GPL, LGPL, Public domain or CC0], via Wikimedia Commons
Capture d'écran de la version d'Ubuntu utilisée dans la gendarmerie, en 2012. Par Dumond.stephane [LGPL, GPLv3, LGPL, LGPL, MPL 1.1, GPL, LGPL, Public domain or CC0], via Wikimedia Commons

Le bel épilogue du refus des gendarmes d’un antivirus trop lié à Microsoft

Sept ans après leur refus de l’installation de l’antivirus informatique McAfee, jugé trop lié à Microsoft, les gendarmes ont trouvé leur bonheur avec un autre éditeur, Eset. Une preuve qu’il est possible, pour une administration, de se passer des Gafam.

Ils sont heu-reux. Les gendarmes ont finalement réussi à déployer un antivirus sur leurs 88.000 postes de travail, pour des résultats satisfaisants. Rappelez-vous: il y a sept ans, un courrier du général Bernard Pappalardo, alors chef du service des technologies de l’Intérieur, le STSI2, fait du bruit. Les gendarmes annoncent leur (petite) sécession informatique. Ils refusent d’installer la solution antivirus McAfee, achetée en gros par l’Ugap, la centrale d’achat de l’administration. Le problème? Les gendarmes s’inquiètent de devoir acheter de nouvelles licences Microsoft pour s’équiper de l’antivirus. Un achat qui grèverait financièrement leurs efforts autour de l’informatique libre.

“Depuis de nombreuses années, la Gendarmerie a essayé de s’affranchir de ce type de dépendance et de promouvoir le logiciel libre pour son système d’information (postes de travail et serveurs)“, expliquait alors l’officier général dans ce courrier dévoilé par Numerama. “C’est pourquoi elle ne déploiera pas la solution retenue à l’Ugap pour la protection de ses postes de travail et a lancé une consultation préalable relative à l’acquisition d’une solution antivirale comprenant obligatoirement une console d’administration sous Linux.”

Trois ans pour trouver une alternative à Microsoft

Cet acte d’émancipation n’a pas été si simple que cela à gérer. Il fallait bien en effet un antivirus pour les postes de travail des gendarmes. Pendant trois ans, les gendarmes sont à l’affût. Finalement, la solution est trouvée en 2016 par le chef d’escadron Olivier Mari. Ce dernier est aujourd’hui à la tête de la compagnie de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne). Mais il y a quatre ans, il arpente les allées du forum international de la cybersécurité. Un salon organisé par les gendarmes à Lille. Il découvre là-bas que la solution d’antivirus de la société Eset, un des leaders du secteur, est bien compatible avec le parc informatique de l’Arme.

Lire aussi: Le (bon) choix informatique de la Gendarmerie salué par une sénatrice

90% des postes informatiques de la Gendarmerie sous Linux, un système d’exploitation libre. Les gendarmes ont même leur distribution maison, GendBuntu, une vraie fierté. Mais les militaires comptent également 8.000 postes sous Windows. En attendant la nouvelle solution, ce parc sera bien protégé par l’antivirus de McAfee. Ce sont les ordinateurs des cadres de la Gendarmerie, à la direction générale. Ils sont obligés d’utiliser le système d’exploitation américain pour échanger en interministériel. Et ce sont également les postes du Pôle judiciaire de la Gendarmerie. Les experts utilisent en effet des logiciels très particuliers, non disponibles version libre.

Solution souveraine

“Une fois le prototype validé avec Eset, nous avons travaillé sur le projet pendant deux mois pour un déploiement en quelques jours” en 2018, relève le chef d’escadron Arnaud Le Grignou. Il s’exprimait lors d’un atelier organisé aux Assises de la sécurité, un salon de sécurité informatique. Avec donc de bons résultats, malgré quelques soucis au départ avec les ordinateurs du PJGN. Certains logiciels “exotiques” des ingénieurs déclenchaient parfois de fausses alertes de l’antivirus. Les gendarmes ont enfin pris garde d’installer un antivirus facilement désinstallable. “Nous avons à cœur d’avoir des solutions souveraines, explique Arnaud Le Grignou. Le jour où on ne sera plus en phase avec la solution Eset, on pourra la désinstaller facilement.” Une histoire à méditer par l’administration à l’heure du bourbier du Health Data Hub, dont l’hébergement par Microsoft des données de santé est contesté.

GT.

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Un commentaire

  1. lexa

    Félicitation à la gendarmerie d’avoir pris le temps de trouver un antivirus compatible Ubuntu et d’avoir fait bloque de la pression de Microsoft et des hauts dirigeants administratifs.
    Il faut éviter de mettre tout ses oeufs dans le même panier

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