dimanche 20 septembre 2020
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Laragne-Montéglin
Un banderole "Taudis ici La Gendarmerie" a été placée à la brigade de Laragne-Montéglin (capture d'écran Twitter France 3)

Laragne-Montéglin (05): des femmes de gendarmes dénoncent leurs conditions de vie (audio)

Des femmes de gendarmes se mobilisent afin de dénoncer leurs conditions de vie à Laragne-Montéglin (Hautes-Alpes). Un projet de reconstruction par l’office public d’HLM des Hautes-Alpes est en cours. Mais la Gendarmerie ne peut s’engager sur des dates de début des travaux. L’immeuble est géré par l’Office public de l’habitat des Hautes-Alpes (OPH05).

Elles ont choisi de médiatiser leur situation. Des femmes de gendarmes de la brigade de Laragne-Montéglin (Provence-Alpes-Côte d’Azur) se sont en effet exprimées dans France 3 .

Céline et Anne dénoncent différents désagréments  dans cet immeuble. Celui-ci est géré par l’Office public de l’habitat des Hautes-Alpes (OPH 05): “problèmes de chauffage”“porte d’entrée cassée”“infiltrations d’eau dans le salon et dans la chambre des enfants”“incendie au niveau du compteur électrique”.

Lire aussi sur L’Essor: Au cœur des logements vétustes de la Gendarmerie (vidéo)

Céline Collomb, qui vit avec son mari et ses ses deux enfants de 5 et 12 ans, se dit  “désespérée”.

La Gendarmerie ne nie pas la situation, bien au contraire

Depuis notre arrivée, nous rencontrons des problèmes. Nous avons fait quand même 3000 euros de travaux à nos frais au départ. Nous avons eu la semaine dernière un incendie au niveau de notre compteur électrique. Dès qu’il pleut nous avons une flaque dans notre salon ou la chambre d’un de nos enfants. La situation est devenue invivable” témoigne t-elle.

Anne Vanden Neste décrit une situation similaire : “Le tableau électrique n’est pas aux normes, nous avons des fissures dans le plafond, des champignons dans la salle de bain”. Tous les soirs, elle baigne son bébé de 20 mois dans une “eau jaune“, explique-t-elle.

Selon elles,  la situation ne bouge pas malgré leurs alertes.

Contactée par L’Essor sur ce dossier, la Gendarmerie ne nie pas la situation. Bien au contraire. Et indique que les problèmes recensés sont des faits identifiés et traités.  “Ces carences sont l’une des raisons d’être du projet de réhabilitation” dit l’Arme. En décembre dernier, le commandant du groupement des Hautes Alpes est intervenu par écrit auprès de l’OPHLM. Il a obtenu des analyses sanitaires de l’eau.

“Cet état de fait, associé au manque de visibilité et de précisions sur le contenu du projet explique que certains des militaires concernés et leurs familles soient désabusés. C’est un sentiment compréhensible” poursuit la Gendarmerie PACA.

Quant au projet de reconstruction, il est déjà ancien.

Le dossier de reconstruction avance

Un premier projet est dans un premier temps envisagé dès 2002. Validé en 2004, il ne peut voir le jour. Il est relancé en 2015 et suit son cours.

Le maître d’œuvre vient d’être tout récemment désigné par l’OPH 05. Il doit désormais présenter un dossier technique qui devra être validé par les affaires immobilières” écrit la Gendarmerie. “Cela permettra d’autoriser le lancement des travaux” poursuit le commandement régional qui se dit “persuadé de l’intérêt de cette opération” . Mais l’Arme ne s’engage pas sur la date effective de lancement des travaux.  “Les délais désormais nécessaires aux études puis aux travaux dépendent en grande partie du propriétaire de la caserne (OPH 05)” argumente t-elle.

Deux logements loués à l’extérieur

“A défaut de maîtriser le calendrier, nous nous efforçons depuis plusieurs années de limiter les inconvénients pour chaque militaire” assure néanmoins la Gendarmerie PACA. En attendant,  “l’évolution récente des effectifs” l’a conduite à louer à l’extérieur de la caserne deux logements complémentaires.  “Chaque famille pouvait prétendre à ces logements réputés de meilleure qualité et de surface nettement supérieure” poursuit la Gendarmerie. “Mais” précise t-elle,  aucune n’a été intéressée. Ces logements sont donc occupés par des militaires sans charge de famille.

Pour sa part, l’OPH 05 “soumise à la commande administrative” déclare à France 3, que “le délai administratif agrégé au délai d’appel d’offre rend chaque étape assez longue“.

Des mesures d’accompagnement 

Elle a ainsi décidé d’affecter en priorité dans cette brigade  des militaires “à charges de famille faibles“.  Elle inique aussi faciliter aussi le projet de mobilité professionnelle des militaires. (Dès qu’ils ont atteint le temps de présence minimal dans cette affectation qui est de trois ans).

Sur les 14 militaires actuels 6 sont célibataires sans enfants et seulement 3 sont logés en famille avec des enfants” précise encore le commandement.

Les mesures complémentaires adoptées

  • Relance de l’OPHLM par le groupement pour la mise en sécurité du réseau électrique ;
  • Suivi des résultats des analyses sanitaires de l’eau ;
  • Réunion du conseil des résidents (militaires et conjoints intéressés) pour actualiser le niveau d’information sur le projet immobilier ;
  • En fonction des prochaines mutations sortantes des personnels (d’ici l’été 2019) ,supervision du processus de mise en compétition des logements extérieurs pris à bail pour accompagner en priorité les familles avec enfants ;
  • Dès que possible, information des familles sur le contenu technique du projet immobilier (nature des travaux, délais)
  • Poursuite de la politique d’accompagnement des militaires candidats à un départ de larésidence.

D.C

Une caserne de 1977

La caserne de Laragne-Montéglin construite en 1977 est la propriété de l’office public d’HLM des Hautes-Alpes (OPH 05). Elle se compose des locaux de service et techniques (LST) et de 10 logements dont un est déclassé en hébergement pour les gendarmes adjoints volontaires (GAV). Elle abrite une brigade territoriale autonome à l’effectif de 12 SOG et 2 GAV. Trois logements extérieurs ont été pris à bail entre 2016 et 2018 pour loger des militaires supplémentaires.
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2 Commentaires

  1. Niout

    C’est totalement inadmissible aux jours d’aujourd’hui… C’est indigne d’un commandement humain…. Il apparait nettement que malgré la connaissance certaine de cet état de fait aucun échelon ne fasse rien pour remédier à cette ignominie. Cela dénote et prouve l’indifférence de la haute hiérarchie aux problèmes des sous officiers. Personne dans les décideurs ne montre une farouche volonté de palier à cette situation catastrophique qui en outre met en danger des enfants…
    Les militaires de cette unité devraient faire constater par huissier l’insalubrité de leur logement et poursuivre au civil leur employeur et le propriétaire des locaux pour mise en danger de la santé de leur famille.

  2. ANDREANI

    Je m’aperçois à la lecture de cet article que les choses n’ont pas beaucoup évoluées depuis les années 60 . J’ai connu aussi ce type de logement tant en mobile qu’en départementale . On voit bien que les responsables (gendarmerie, élus et gouvernement) ne se sentent pas très concernés à part les beaux discours . Je souhaite bon courage aux familles mal logées et si peu considérées …

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