samedi 6 juin 2020
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Tribunal de Grande Instance de Paris (Photo Matthieu Guyot)
Tribunal de Grande Instance de Paris (Photo Matthieu Guyot)

L’annulation de la garde à vue de Murielle Bolle, une décision “a minima”

La cour d’appel de Paris vient de rendre sa décision sur les auditions de Murielle Bolle, entendue au début de l’enquête dans les années 1980 sur la mort du petit Grégory. Elle a annulé la garde à vue de 1984, tout en maintenant dans le dossier ses premières déclarations aux gendarmes et celles au juge d’instruction.

Sesmat
Etienne Sesmat a été le premier directeur d’enquête dans l’affaire Grégory. ( Photo DR)

C’est une décision a minima, la cour d’appel ne pouvait pas faire moins”, commente auprès de L’Essor le colonel (ER) Etienne Sesmat, commandant la compagnie d’Epinal au moment de l’affaire Grégory. La juridiction parisienne avait été saisie après un arrêt de la Cour de cassation. La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français avait estimé que la garde à vue avait été effectuée en application de dispositions déclarées inconstitutionnelles.

Lire aussi: Affaire Grégory: la décision de la chambre de l’instruction attendue ce jeudi

Murielle Bolle avait mis en cause Bernard Laroche

“Sur le fond du dossier, cela ne change pas grand chose”, observe Etienne Sesmat. La jeune fille avait en effet mis en cause son oncle Bernard Laroche dans cette affaire avant son placement en garde vue. Des accusations confirmées ensuite devant le juge d’instruction Lambert. “Elle confirmait alors être montée en voiture avec Bernard Laroche et Grégory Villemin”, rappelle l’ancien officier de Gendarmerie.

Un argument balayé par l’avocat de Murielle Bolle, Me Jean-Paul Teissonnière. Les déclarations retenus dans le dossier dont il demandait pourtant l’annulation? Elles n’ont plus “beaucoup d’importance”. “Plus personne ne soutien que ce qu’elle a déclaré correspond à la réalité”, poursuit-il.

Après cette décision de la cour d’appel de Paris, le dossier devrait retourner à Dijon, sauf pourvoi en cassation. “Les magistrats vont pouvoir réexaminer les pistes qui ont conduit aux mises en examen des époux Jacob et de Murielle Bolle”, analyse Etienne Sesmat. “Entre temps, les gendarmes de la section de recherches de Dijon ont peut-être eu le temps de peaufiner leurs recherches”, espère l’ancien officier. Les trois mises en examen, en juin 2017, avaient été annulées onze mois plus tard pour des raisons de procédure.

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