jeudi 28 janvier 2021
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Christian Rodriguez, le directeur général des gendarmes (Capture d'écran Public Sénat).

L’alerte de Christian Rodriguez aux sénateurs sur l’article 24

Le patron des gendarmes Christian Rodriguez, auditionné par les sénateurs de la commission des lois, a alerté les élus sur la question de la protection de l’image des gendarmes, débattue en ce moment à travers le fameux article 24 de la proposition de loi sur la sécurité globale.

Interrogé sur sa pertinence, Christian Rodriguez, le directeur général de la Gendarmerie, s’est prudemment exprimé sur le sujet. Un passage repéré par Public Sénat au cours d’une audition sur le projet de loi de finances 2021, mardi 1er décembre. Une question fort à propos. Le texte ayant été renvoyé au Sénat, ce sont les sénateurs qui vont en effet se pencher au cours du mois de janvier sur la rédaction de l’article 24.

Si le gouvernement a d’ores-et-déjà annoncé sa volonté de revoir sa rédaction, le Sénat, où l’opposition est majoritaire, a lancé des auditions pour trouver une manière de concilier “respect de la liberté d’informer et la nécessaire protection dont doivent bénéficier les personnels des forces de l’ordre dans le cadre de leurs missions de terrain contre la diffusion malveillante de leur image ou de leur identité”.

Lire aussi: La proposition de loi de Jean-Michel Fauvergue et d’Alice Thourot renforcée autour de l’image

“Nous avons quand même un sujet”

Pour le patron des gendarmes, “nous avons quand même un sujet” sur les effets de la diffusion des images des gendarmes. “Aujourd’hui on pourrait poursuivre quelqu’un qui mettrait la photo d’un gendarme en disant, en écrivant ‘Tuez-le'”, rappelle-t-il. En effet, par exemple, l’article 222-17 du code pénal réprime déjà les menaces “matérialisées par un écrit, une image ou tout autre objet”.

Mais si l’internaute “n’écrit pas ‘Tuez-le’, on ne peut pas le poursuivre”. Par exemple en écrivant que tel gendarme a mis en garde à vue un tel, au risque, soulève le directeur général, de le livrer “à la vindicte populaire”. “C’est en ce sens que la proposition de loi doit permettre de protéger et d’éviter ce genre de fait”, ajoute-t-il.

Lire aussi: Filmer les gendarmes, une pratique ressentie comme “une sorte de provocation”

“Ce n’est pas antinomique avec le fait que le gendarme soit connu sur son territoire, mais là on parle plus du territoire dans lequel il est”, conclut Christian Rodriguez. Faisant ainsi référence à l’ampleur des territoires numériques.

Quelles photos en ligne?

Une rapide recherche sur Facebook, l’un des plus importants réseau social, permet de constater que l’on retrouve très facilement de nombreuses photos de gendarmes aisément identifiables. Et pour cause, la très grande majorité de ces images sont produites par la Gendarmerie elle-même pour ses opérations de communications ou de recrutement.

D’autres internautes diffusent eux-même leur image, volontairement, en tenue de travail ou pour annoncer leur réussite à l’un des concours d’entrée dans la Gendarmerie.

Maintien de l’ordre et verbalisation

En jouant sur les mots-clés, on retrouve cependant le type d’images auquel fait référence le directeur général. L’exemple le plus courant? Des opérations de maintien de l’ordre où, en raison de l’équipement, on ne distingue pas vraiment le visage du gendarme.

Capture d’écran d’un post facebook.

C’est également cet internaute breton qui se plaint d’avoir été “encore verbalisé”. Et de prendre en photo le gendarme jugé responsable du contrôle. Un post dont ce serait certainement bien passé le militaire. Si il est difficile d’identifier son visage, ce dernier s’est sans doute bien reconnu. C’est ce type de diffusion qui est visée par l’article 24.

La lecture des commentaires à ce post est cependant très instructive. Ils oscillent en effet entre un dénigrement, mal venu, des gendarmes. Mais d’autres commentaires expriment contraire le soutien d’internautes. Ici, il s’agit d’une verbalisation liée au non-respect du confinement. S’il y a donc bien une certaine rancoeur qui s’exprime, le travail des gendarmes a bien été compris par d’autres internautes. Preuve que les réseaux sociaux ne sont pas à sens unique.

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2 Commentaires

  1. Fontaine

    Arrêtez de faire du mal à nos FORCES DE L Ordre, stop. C est eux nos DERNIERS remparts avec notre Marine et armées

  2. Loïc

    Pourquoi faire comme si il y avait un camp pour la police et un camp contre ????
    Les gens qui se plaignent des actes de la police ne le font pas tous sans raison,
    Et les policiers n’ont plus d’autre surveillance que celle du public, faut il croire, étant donné les aberrations de comportement de la part des policiers que l’on peut observer ces derniers temps !
    Moi comme beaucoup je suis pour la police , mais contre ses débordements illégaux et si utiles politiquement.

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