jeudi 12 décembre 2019
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Photo d'illustration (MG/ L'Essor).
Photo d'illustration (MG/ L'Essor).

L’affaire Elodie Kulik, dénouée grâce à une innovation des gendarmes, enfin jugée à Amiens

Dix-sept ans après le meurtre sauvage d’Elodie Kulik, la cour d’assises de la Somme va juger à partir de ce mercredi 20 novembre Willy Bardon. L’utilisation en 2011 d’une nouvelle technique par les gendarmes, la recherche par ADN apparenté, avait permis de faire avancer cette enquête enlisée.

Willy Bardon est poursuivi pour ″enlèvement et séquestration″, ″viol en réunion″, et ″homicide volontaire″. L’enquête de la section de recherches d’Amiens sur ce crime particulièrement sordide aura longtemps piétiné. Après une soirée dans un restaurant chinois, la jeune femme de 24 ans avait repris la route pour regagner Péronne. On retrouvera le corps de la cadre bancaire en partie brûlé dans un champ de la Somme.

L’enregistrement glaçant de la voix d’Elodie Kulik

Sur la scène de crime, les experts de la Gendarmerie avait bien réussi à isoler une empreinte génétique masculine. Mais malgré d’autres traces, comme la présence d’une empreinte digitale sur la voiture accidentée, les enquêteurs font chou blanc. Impossible d’identifier le ou les auteurs. Un enregistrement audio glaçant de la jeune femme aux pompiers, la nuit du meurtre, prouve la présence d’au moins deux hommes.

En 2011, les investigations, sans résultats probants, se soldent par près de 5 400 prélèvements ADN, 14 000 factures détaillées examinées et 600 pistes criblées. Mais l’enquête va finalement faire un bon en avant cette année là. Pour la première fois en France, les gendarmes utilisent une technique déjà expérimentée à l’étranger. Alors que l’ADN ne matche pas, les enquêteurs décident de rechercher des ADN parents dans le fichier national des empreintes génétiques.

Lire aussi sur L’Essor: Meurtre d’Elodie Kulik : le principal suspect devant les assises?

″Ce n’est pas ma voix″

Cette fois-ci, c’est la bonne pioche. Les enquêteurs ont un premier suspect, Grégory Wiart, dont le père, condamné pour agression sexuelle, avait été fiché au fichier national automatisé des empreintes génétiques. Son ADN correspond à celui retrouvé sur le préservatif découvert à proximité du corps de la jeune femme. Seul problème: Grégory Wiart est mort depuis bien longtemps, en 2003, dans un accident de la route.

Les limiers de la Gendarmerie ne baissent pas pour autant les bras. En enquêtant sur l’entourage de cet amateur de tuning, ils s’intéressent à sept personnes. Ils seront convaincus que l’un d’entre eux, Willy Bardon, est l’une des voix de l’enregistrement téléphonique d’Elodie Kulik aux pompiers. ″On dirait ma voix, ça y ressemble mais ce n’est pas ma voix″, déclarera-t-il aux gendarmes. Aux jurés populaires de trancher. La cour d’assises devrait rendre sa décision au début du mois de décembre.

GT

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