mercredi 17 juillet 2019
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"Gus", parvient à remonter seul sur sa moto et à rouler normalement. (Photo D.C/L'Essor)

L’admirable leçon de vie de “Gus”, le motocycliste de l’Ain amputé (Vidéos et diaporama)

Le 18 avril 2018, Pascal Guldenfels, alias “Gus”, gendarme dans l’Ain, perd sa jambe droite après avoir été percuté par une moto lors d’un contrôle routier. 15 mois après cette épreuve, la reconstruction rapide dans le sport de ce motocycliste de la brigade motorisée de Belley force l’admiration. Alors que le procès du conducteur de la moto se tient ce 9 juillet à Bourg-en-Bresse, rencontre avec L’Essor.

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Il n’arrête jamais. Entre le travail qu’il a repris comme secrétaire à la compagnie de Belley, la  rééducation, le bichonnage de ses motos et le sport, Pascal n’a pas une minute à lui. 

“Gus” participe aux Ad Victoriam

Lorsqu’on se rend chez lui, à Belley où il vit avec son épouse Corinne, “Gus” vient de rentrer à moto de la base aérienne 701 de Salon-de-Provence où il a disputé une étape de la “Warrior race”.  Il s’agit du challenge multisports  “Ad Victoriam“, du centre national des sports de la défense (CNSD), des  compétitions rassemblant des militaires blessés.  L’équipe des gendarmes s’appelle “les phénix”.

Deux mois et demi après avoir été amputé, il remarche!

“J’ai été contacté en décembre pour participer. J’ai dit oui tout de suite, et franchement c’est super” dit ce grand sportif qui a couru son premier marathon à 17 ans. Il rêve désormais de faire un semi-marathon dès qu’il aura une prothèse lui permettant.

Ainsi, il a déjà enchaîné du rugby fauteuil, du volley assis, du judo,  de la course d’orientation et du golf. Le tout avec sa prothèse!

Je pensais refaire de la moto fin 2019, mais je suis monté pour la première fois dessus en octobre 2018 et seul” sourit Pascal. 

Depuis il a effectué des centaines de kilomètres. Comme freiner avec sa prothèse était difficile, il a fait modifier sa BMW R1100 GS de 25 ans d’âge avec un frein manuel au guidon. 

La reconstruction de “Gus” impressionne tout le monde

Sa reconstruction va plus vite que prévu. Et impressionne tout le monde. 

Deux mois après l’amputation, il est équipé de la prothèse. 15 jours plus tard, il remarche. Le 10 juillet, soit moins de quatre mois après l’accident, il fait 3 km aidé de ses béquilles!  

Le 25 septembre, il reprend le travail. Non plus à la BMO mais à la compagnie. Au secrétariat. “La moto bleue, j’ai su que c’était fini lorsque j’ai appris que j’étais amputé, alors je me suis fait une raison”. “Et  puis je fais quand même de la moto” sourit Gus qui remercie sa hiérarchie pour son soutien infaillible.

La colonelle Florence Guillaume, la commandante du groupement, a écrit ou téléphoné à Corinne tous les soirs. Et l’a appelé personnellement lorsqu’il a été promu adjudant. Le colonel Jean-Guillaume Rémy, son adjoint, a également été très présent.

Le moral a été très important dans sa reconstruction. “Des civils ont demandé de mes nouvelles, ca m’a touché et je me suis concentré sur mon physique pour avancer” précise Pascal qui a bénéficié de l’aide incommensurable de sa femme.

“A l’hôpital, je lui ai dit: nous allons faire un deal, on se bat à deux” intervient Corinne qui lui a fait une belle surprise.  Pour l’anniversaire du drame elle a réalisé une vidéo (ci-dessus) qu’elle a publiée sur les réseaux sociaux. “Le but est de montrer les grandes étapes du drame, prouver que c’est possible de se reconstruire après un tel drame, maintenant la boucle est bouclée pour lui” commente Corinne.

“Il fera un peu de prison, moi j’ai perdu ma jambe à vie”

En juillet 2018, elle lui avait déjà organisé un “pot surprise” avec ses amis et ses camarades. Un grand moment d’émotion partagée. Dans quelques jours, une nouvelle épreuve l’attend avec le procès du  chauffard.

“Il fera un peu de prison, moi ma jambe, je l’ai perdue à vie” commente Pascal qui ne se fait pas d’illusion sur l’issue de ce procès.

L’accident: je me rappelle de deux fois dix secondes 

Le jour du drame, Pascal est en patrouille à moto. Il vient de contrôler un automobiliste ne portant pas sa ceinture lorsque un motard le percute. “Entre le choc et l’évacuation en hélicoptère, il s’est écoulé 50 minutes, je ne me rappelle que deux fois dix secondes” raconte “Gus”. Amputé le jour même, il ne l’apprend que trois jours plus tard de la bouche de Corinne. Son autre jambe, littéralement détruite avec un arrachement des ligaments, a été sauvée. Il conserve néanmoins  des séquelles du drame.

JB m’a sauvé la vie 

Son binôme de patrouille, Jean-Baptiste alias JB, parvient à donner l’alerte. En même temps, il procède aux gestes de premiers secours. “Il m’a fait un point de compression et un garrot, il m’a sauvé la vie” souffle Pascal, les yeux embués d’émotion. “Lorsqu’il est venu me voir à l’hôpital quelques jours après le drame, nous sommes restés deux heures tous les deux à chialer”.

JB arbore également la médaille de la Gendarmerie et celle des actes de courage et de dévouement à la suite de cette action.

Fils de policier et ancien gendarme auxiliaire

Originaire de Mulhouse en Alsace, Pascal est fils d’un policier et frère d’un surveillant pénitentiaire. Il effectue ses premiers pas sous les drapeaux avec une préparation militaire Terre. Il choisit la Gendarmerie pour effectuer son service national. Après sa formation à Tulle, il suit le peloton d’élèves gradés à Bergerac et rejoint la compagnie de Charolles (71). Il intègre l’Arme à l’issue et suit sa scolarité à Montluçon en 1986.

Motocycliste en gendarmerie mobile

A sa sortie de l’école, il gagne l’escadron 3/18 (devenu 23/7) de Sélestat (67) où il reste 4 ans et demi. Sa spécialité motocycliste en poche, il retourne à Sélestat alors en brigade motorisée de la gendarmerie mobile. En 1994 , il rejoint la “blanche” et la brigade motorisée de Champagnole (39). Il y reste 10 ans. C’est en février 2004 qu’il prend ses fonctions dans le Bugey à Belley.

Didier Chalumeau

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Photo d’illustration DC/L'Essor

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