mercredi 17 juillet 2019
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Une audition de la commission d'enquête du Sénat sur l'état des forces de sécurité intérieure (Capture d'écran Sénat).
Une audition de la commission d'enquête du Sénat sur l'état des forces de sécurité intérieure (Capture d'écran Sénat).

La vétusté des casernes de Gendarmerie inacceptable pour les sénateurs

Elle les a inspirés, mais aussi inquiétés. La commission d’enquête sur l’état des forces de sécurité intérieure du Sénat vient de rendre son rapport, ce mardi 3 juillet. Initiée par la droite sénatoriale après la recrudescence de suicides chez les policiers et les gendarmes, l’instance préconise 32 propositions après près de 140 auditions. Comme attendu, les sénateurs louent dans leur épais rapport de 177 pages l’esprit de corps de la Gendarmerie.

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“Dans la Police, il y a moins de cohésion, une organisation en silos et un cloisonnement entre gardiens de la paix, officiers et commissaires”, regrette ainsi le sénateur François Grosdidier (LR, Moselle). Présentée comme une bonne élève par les élus de la chambre haute, la Gendarmerie a pourtant aussi ses propres soucis.

  1. La vétusté des casernes

Logements du quartier Delpal à Versailles Satory

Ce 17 avril, cinq sénateurs se rendent à Satory (Yvelines). Après une présentation du groupement blindé de gendarmerie mobile et du centre de soutien automobile, ils se rendent dans les quartiers Guichard et Delpal. Ce que les sénateurs y ont découvert les a interpellés. “La commission a pu, et notamment sur le site de Satory, constater la vétusté inacceptable de certains logements (présence d’amiante, absence d’isolation) et les éventuels problèmes de sécurité posés par le casernement (absence de contrôles des accès, faisant de ces lieux des cibles potentielles privilégiées)”, soulignent-ils.

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Certes, les sénateurs saluent le plan d’urgence d’immobilier, doté d’un budget de cent millions d’euros en autorisation d’engagement en 2018. Mais, notent-ils, “le nombre de logement rénovés constitue toutefois, pour l’heure, une minorité du parc”. D’autre part, les retards de loyer de la Gendarmerie se chiffrent selon à eux à 86 millions d’euros. Enfin, ils remarquent qu’il existe “des pistes d’amélioration” qui “dépassent pourtant les seules questions de rénovation”, avec par exemple des casernes comportant des lieux de vie et de travail distincts.

Les sénateurs ont sorti la calculette. Selon la Gendarmerie, les besoins budgétaires en matière immobilière se chiffrent à près de 300 millions d’euros par an. Il manque donc, pour les élus de la chambre haute, pas moins de 450 millions d’euros de crédits pour les années 2018-2020 !

  1. Un manque de véhicules légers

Illustration (SD/L’Essor).

Pour les sénateurs, la Gendarmerie devrait acquérir chaque année entre 4.000 et 5.000 véhicules légers par an pour rajeunir son parc (environ 31.500 véhicules) et atteindre ainsi une moyenne d’âge d’environ quatre ans, et non huit comme actuellement. “Le climat est anxiogène sur le terrain, expliquait aux sénateurs le gendarme Grégory Rivière, membre du CFMG. Nous aurons moins de nouveaux véhicules, alors que nous roulons dans des voitures qui ont parfois 250 000 kilomètres au compteur.”

Les sénateurs sont sévères dans leur constat. “La dégradation du parc automobile découle en partie d’une absence de programmation sérieuse”, regrettent-ils. “Il est nécessaire que l’effort de rénovation du parc soit conduit dans la durée, plaidait Richard Lizurey devant les sénateurs. Ces dernières années, le remplacement annuel de près de 3.000 véhicules nous paraissait satisfaisant. Néanmoins, en raison de la régulation budgétaire intervenue cette année, seuls 1.700 véhicules ont été commandés.”

  1. Des retards dans l’équipement vidéo

Dernier modèle de la caméra piétons de la société américaine Axon qui peut être couplé avec l'arme du gendarme ou du policier. (Crédit : AXON).
Une caméra piéton de la société américaine Axon (Crédit : Axon).

Les caméras-piétons sont devenues en quelques années un outil très demandé par les forces de l’ordre. L’expérimentation de cet équipement innovant a débuté en 2013. Pourtant, sur le terrain, cinq ans plus tard, elles sont toujours aussi rares. Et pour cause : selon les informations recueillies par la commission d’enquête, les 10.000 nouvelles caméras-piétons achetées récemment par l’Intérieur ne seront livrées qu’au troisième trimestre 2018.

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“Il aura donc fallu quasiment six ans depuis les expérimentations en zone de sécurité prioritaire, et environ 11 ans depuis les premières expérimentations, pour voir une extension significative de cette technique, relèvent les sénateurs. La commission d’enquête regrette ce manque de diligence dans la mise en place d’un dispositif pourtant plébiscité et souhaite qu’il soit rapidement déployé à toutes les unités intervenant sur le terrain.”

Gabriel Thierry.

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Photo d’illustration DC/L'Essor

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