mercredi 22 janvier 2020
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Affaire Adama Traoré
La justice enquête sur les circonstances de la mort d'Adama Traoré (Photo/SD/L'Essor).

Affaire Adama Traoré: sa soeur va être mise en examen pour diffamation

Assa Traoré va être mise en examen pour diffamation publique envers une personne dépositaire de l’autorité publique. C’est la conséquence logique de la plainte de deux gendarmes qui  avaient participé, en juillet 2016, à l’interpellation de son frère Adama Traoré, mort dans des circonstances controversées.

L’avis préalable à cette mise en examen a été publié ce mardi 10 décembre sur un compte twitter de soutien à la famille Traoré. Une étape logique de la procédure. La jeune femme avait reconnu devant les policiers être l’administratrice et la directrice de publication de la page facebook ″La vérité pour Adama″.

Deux posts publiés sur le célèbre réseau social avaient attiré l’attention des gendarmes. Ils étaient apparus sur la page en décembre 2018 et janvier 2019. On pouvait y lire en effet que ce sont des gendarmes qui ont tué” Adama Traoré. Les messages mentionnent ensuite les noms de trois gendarmes pour appeler à leur mise en examen.

Interpellation mouvementée d’Adama Traoré

Maître Rodolphe Bosselut, avocat de deux des trois gendarmes ayant interpellé Adama Traoré (Photo DR)
Maître Rodolphe Bosselut, avocat de deux des trois gendarmes ayant interpellé Adama Traoré (Photo DR)

Ce sont ceux qui avaient interpellé Adama Traoré et qui l’avaient transporté à la caserne de Persan (Val-d’Oise). Ce jour de juillet 2016, à Beaumont-sur-Oise, l’interpellation de ce jeune homme de 24 ans avait été particulièrement mouvementée. Il avait fui les gendarmes à deux reprises. Ces derniers s’apprêtaient à mettre la main sur son frère, recherché pour extorsion de fonds.

Or, pour le moment, il n’y a aucune certitude judiciaire dans cette affaire toujours à l’instruction. La justice a placé les trois mis en cause sous le statut de témoin assisté pour des faits de non-assistance à personne en danger. Les gendarmes ont donc vu rouge à la lecture du post facebook. Ils supportent mal “le storytelling à sens unique totalement décorrélé de la réalité du dossier” de la partie civile, selon les mots de leur avocat Me Bosselut, en juillet dernier.

Lire aussi sur L’Essor: Affaire Adama Traoré, le difficile quotidien des gendarmes du Val-d’Oise

Pour la famille de la victime, la technique de plaquage au sol est à l’origine du décès. Au contraire, pour les conseils des trois gendarmes mis en cause, le décès du jeune homme serait dû à une maladie génétique, la drépanocytose, associée à une pathologie rare, la sarcoïdose, qui aurait entraîné une asphyxie à l’occasion d’un épisode de stress et d’effort.

G.T

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