jeudi 4 juin 2020
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Centrale nucléaire du Tricastin
Centrale nucléaire du Tricastin (Illustration).

La sécurité nucléaire se rapproche du renseignement

Collecter” et “diffuser“. Deux mots qui rapprochent désormais le Commandement spécialisé pour la sécurité nucléaire (Cossen) d’un service de renseignement.

Un décret dans ce sens, paru le 29 février au Journal officiel, donne en effet au Cossen, une nouvelle mission: celle de “collecter” et de “diffuser” le renseignement sur les menaces visant le nucléaire civil. Créé en avril 2017, le Cossen s’est vu attribuer la protection des sites, des matières nucléaires et de leurs transports contre tout acte de malveillance ou d’intrusion dans les 19 centrales, cibles régulières d’intrusion de Greenpeace, ainsi que les laboratoires de recherche et les sites de stockage de matières nucléaires.

Lire aussi: Les députés veulent plus de gendarmes pour protéger les réacteurs nucléaires

Le Cossen va donc désormais transmettre sous forme de notes, d’analyses ou de synthèses tout renseignement sur son secteur de responsabilités. Les destinataires de ces informations: ceux qui ont, selon la formule consacrée, “le besoin et le droit d’en connaître“. Les services de renseignement évidemment. Du premier cercle, comme la Direction générale de la sécurité intérieure ou du deuxième cercle, comme le Service central de renseignement territorial. Mais aussi les préfets, les directeurs départementaux de la sécurité publique et les commandants de groupements de la Gendarmerie. Sans oublier enfin les opérateurs, comme EDF ou Orano (ex-Areva).

Un autre décret devrait suivre. Celui, prévu au second semestre, créant un fichier dénommé “Fusion“. Celui-ci sera spécifiquement consacré à la sécurité des installations nucléaires. Son contenu devra recevoir l’avis de la Cnil. Le gouvernement devra par ailleurs trancher sur la classification du décret: dispensé ou non de publication.

3.200 refus d’accès à des sites du nucléaire civil

En 2019, le Cossen a fait l’objet de 372.000 demandes d’enquêtes d’accès à des sites nucléaires civils. Des demandes alors filtrées par le système de traitement Accred, pour “Automatisation de la consultation centralisée de renseignements et de données”. Il permet de consulter simultanément dix fichiers: FSPRT, Cristina, antécédents judiciaires…

Après le filtrage d’Accred, le Cossen a alors réalisé 65.000 enquêtes aboutissant à 3.200 refus d’accès. Par ailleurs, également en 2019, le Cossen a examiné 3.000 demandes d’habilitation au secret défense et émis 32 avis défavorables.

Rattaché à la Gendarmerie, le Cossen, service à compétence nationale, compte 70 hommes et femmes: 37 gendarmes, 15 policiers, 18 civils. Il est commandé par le général de corps d’armée Pierre-Yves Cormier.

PMG

3 Commentaires

  1. Papymajor

    Qu’ils vérifient le pedigree de leurs employés, notamment à la centrale nucléaire du Bugey.

    Et certainement dans toutes la France, surtout quand on voit les habitudes prises en matière de maintenance avec des personnels jetables et sous-payés.
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-reportage-de-la-redaction/sous-traitants-du-nucleaire-la-surete-de-nos-installations-en-question

  2. Fabrice

    Un impératif vu le niveau de menace qu’implique un terrorisme endogène.
    https://m.usbeketrica.com/article/france-nucleaire-2050

  3. Bbel

    Un véritable sujet de sécurité nationale:
    https://youtu.be/STjGOGkMz4k

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