samedi 8 août 2020
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Un blindé de la Gendarmerie protégeant l'Arc de Triomphe, à Paris, au printemps 2019 (Crédit photo: GT/L'Essor).
Un blindé de la Gendarmerie protégeant l'Arc de Triomphe, à Paris, au printemps 2019 (Crédit photo: GT/L'Essor).

La piste du rétrofitage des VBRG dézinguée par deux députés

Pour remplacer les véhicules blindés à roues de la Gendarmerie (VBRG), mieux vaut acheter de nouveaux véhicules plutôt que de tenter leur mise à jour à travers un rétrofitage.

C’est le constat de deux députés, Benjamin Griveaux (LRM), l’ancien candidat à la mairie de Paris victime de la publication d’une sextape, et de Jean-Louis Thiériot (LR). Les deux élus viennent de rendre leur rapport sur le rôle de l’industrie de défense dans la politique de relance. Un document qui s’attarde sur les blindés de la Gendarmerie, un outil clé en matière de rétablissement de l’ordre.

Lire aussi: [Dans la crise des Gilets jaunes] Le retour en grâce des blindés de la Gendarmerie (vidéo)

Les conclusions des députés vont faire date. Elles soutiennent en effet un virage à 180 degrés sur cette question. Jusqu’ici, les huiles de l’Arme louaient publiquement les mérites du rétrofitage – c’est-à-dire le coup de jeune – des antiques VBRG entrés en service en 1974. “Nous nous orientons vers le rétrofit des véhicules blindés actuels et des véhicules de l’avant blindé qui ne sont plus d’utilité aux armées”, expliquait ainsi à l’automne dernier Richard Lizurey, l’ancien directeur général. “La deuxième version du rétrofitage des véhicules blindés à roues de la Gendarmerie a donné des résultats intéressants”, soulignait Christian Rodriguez, l’actuel patron des gendarmes, au printemps dernier.

Le rétrofitage, une opération “coûteuse et infructueuse”

Questions au gouvernement à l'Assemblée nationale le 6 mars 2019 (Ph. M.GUYOT/ESSOR)
Questions au gouvernement à l’Assemblée nationale le 6 mars 2019 (Ph. M.GUYOT/ESSOR)

Les deux députés, qui ont auditionné trois officiers de la Gendarmerie, ne font pas la même lecture. Après avoir entendu le général Philippe Watremez, commandant le groupement blindé de la gendarmerie mobile, François Desmadryl, directeur des soutiens et des finances, et le colonel Loïc Baras, chargé de mission pour les questions capacitaires auprès du directeur des opérations et de l’emploi, ils concluent que l’opération de rétrofit des VBRG “s’est avérée coûteuse et infructueuse”.

L’industriel Turgis et Gaillard avait récemment donné un coup de jeune à un blindé. L’entreprise a bichonné à Angoulême l’un des engins de l’Arme, à l’automne dernier. Nouveau moteur, nouvelle boite de vitesse, nouveau pont et des blindages additionnels étaient au programme. Pour les députés, si les engins rétrofités sont “certes plus puissants et mieux protégés, divers problèmes mécaniques ne sont pas résolus”. “Ainsi, les deux VBRG rétrofités n’ont pas pu être engagés en mission et ont dû être renvoyés à l’industriel”, pointent-ils. L’hypothèse d’un toilettage des vénérables blindés ne faisait d’ailleurs pas l’unanimité en interne. “Le rétrofitage suppose la cannibalisation de certains véhicules et par conséquent une baisse continue du nombre d’engins”, déplorait un spécialiste des blindés de la Gendarmerie.

Lire aussi: En rénovant un blindé, la Gendarmerie négocie le prix du neuf à la baisse

Un remplacement qui pourrait coûter 65 millions d’euros

“Il est illusoire de penser maintenir encore longtemps les VBRG en service, d’autant qu’ils en viennent à une phase de leur vie où les coûts de maintien en condition opérationnelle vont fortement croissant”, ajoutent les deux députés. Il ne reste aujourd’hui que 80 VBRG en service, dont 23 équipés de lames, les plus utiles, sur les 155 livrés depuis 1974. En métropole, l’Arme ne peut compter que sur 7 VBRG équipés de lame en état de fonctionner, un chiffre faible qui commence à être critique.

La facture, qui s’annonce salée, n’est peut être pas aussi douloureuse qu’attendue. Selon les deux députés, le prix d’une acquisition neuve est estimé à 700.000 euros. Soit 400.000 euros de plus que le rétrofit, mais pour une durée d’espérance de vie quatre fois supérieure. Au total, les deux élus estiment qu’un achat neuf de véhicules Sherpa d’Arquus coûterait environ 65 millions d’euros à l’Arme. Un montant jugé “tout à fait raisonnable”.

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Un commentaire

  1. Paul Bismuth

    L’automne à moins d’une pause due à l’épidémie de COVID-19 est toujours une saison à risques:
    https://lessor.org/a-la-une/gilets-jaunes-les-blindes-de-la-gendarmerie-engages-a-216-reprises/

    La gendarmerie nationale a une longue histoire avec les blindés:
    https://blablachars.blogspot.com/2020/03/la-gendarmerie-blindee.html

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