L'Essor

La nouvelle caserne du groupement du Var prend le nom du gendarme Duchatel, héros de la résistance

Le général Lévêque, à gauche, coupe le ruban avec les filles du gendarme Duchatel , du préfet et du député Masson, ancien gendarme ( Photo D.C/L’Essor)

La caserne qui accueille le groupement de Gendarmerie du Var à la Valette-du-Var depuis fin 2015 a enfin été officiellement inaugurée.

Ce vendredi 1er juin, cette très belle caserne située dans la zone commerciale de la Valette -du- Var  a été en effet inaugurée lors d’une cérémonie présidée par le préfet Jean-Luc Videlaine et le général de corps d’armée Marc Lévêque, commandant de la région de Gendarmerie Paca et la Gendarmerie pour la  zone de sécurité sud et organisée par le colonel Christophe Hermann, commandant du groupement.

Cette caserne de 3000 m2 regroupant six unités auparavant réparties sur 3 casernes dans Toulon et qui accueille 120 logements a pris le nom du gendarme François Duchatel, un gendarme héros de la résistance. Le souvenir de ce héros a plané sur la cérémonie d’autant que ses deux filles, visiblement émues,  étaient présentes soixante-quatorze ans!

Isabelle et Monique étaient  âgées de 8 mois et de 3 ans lorsque leur père a perdu la vie.

Pour le général Lévêque , “François Duchatel incarne l’esprit français de résistance, il incarne les valeurs de la gendarmerie” .

Le maréchal des logis Nicolas Moulin, de la brigade de Pierrefeu-du-Var et président de l’ACSPMG (association des collectionneurs pour la sauvegarde du patrimoine de la maréchaussée à la Gendarmerie) a lu la biographie du gendarme Duchatel réalisée avec la collaboration du colonel (ER) François Yvernat, ancien commandant adjoint du groupement du Var et passionné d’histoire.

Fusillé au garde-à-vous!

L’affiche officielle réalisée par l’ACSPMG

Né en 1916 à Nantes, il était mécanicien à la Valette-du-Var lorsqu’il s’est engagé volontairement en 1937 au 24 ème bataillon de chasseurs alpins de Villefranche-sur-Mer. Il a servi ensuite en Tunisie dans les Spahis puis au sein du 4 ème régiment de chasseurs d’Afrique avant d’intégrer en 1942 l’école de Gendarmerie de Pamiers.

C’est à sa sortie d’école qu’il a rejoint le Var à la brigade d’Aups puis dans la foulée l’armée secréte.

Nommé sous-lieutenant dans les FFI en 1944, il  été obligé de quitter sa caserne  en raison de ses activités dans la résistance  et a rallié le maquis Vallier, stationné dans le massif du  plan de Canjuers.

Le 12 juin 1944, alors qu’il montait dans un camion de l’armée secrète ravitaillant le maquis, il est tombé dans une embuscade tendue par les miliciens et la gestapo en représailles à un guet-apens tendu par les FTP du camp Robert à des Allemands et ayant fait trois morts.

Parmi les occupants du camion, seul le gendarme Bouet parvient à prendre la fuite. Donadini essaye  de fuir mais est arrêté avec une grenade dans la main. Dans la cabine du camion, Duchatel et Ernest Millet ne peuvent s’enfuir. Ernest est tué d’une balle en pleine figure tandis  que François Duchatel, après avoir épuisé les munitions de son revolver, est  fusiller  sur le champ au garde à vous par la Milice”.

Les miliciens ont laissé son corps et celui du conducteur du véhicule Ernest Millet “dehors au soleil toute la journée avec un écriteau portant la mention “C’est ainsi que meurent les traîtres de la France“.”

Une stèle portant son nom et celui d’Ernest Millet est érigée à la sortie du village d’Aups (Var), route de Vérignon (D 957)

Le corps du gendarme Duchatel a été transféré le 10 mars 1951 au cimetière militaire de la Valette avec les honneurs militaires.

Il est décoré de la croix de chevalier de la légion d’honneur avec citation à l’ordre de l’armée, la médaille militaire, la médaille de la résistance et la croix de guerre avec palme.

D.C