lundi 23 novembre 2020
Accueil / A la Une / La mise en garde de Jacques Hébrard sur la police technique et scientifique
La criminalistique a pris une place déterminante dans les enquêtes des gendarmes. Les sciences forensiques permettent aujourd'hui de résoudre de nombreuses affaires. (Photo: MG/L'Essor)
La criminalistique a pris une place déterminante dans les enquêtes des gendarmes. Les sciences forensiques permettent aujourd'hui de résoudre de nombreuses affaires. (Photo: MG/L'Essor)

La mise en garde de Jacques Hébrard sur la police technique et scientifique

Jacques Hébrard, le père du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale, aujourd’hui en seconde section, s’inquiète des conséquences de la création d’un service à compétence nationale dédié à la police technique et scientifique. Sans esprit polémique, il appelle à “la vigilance”.

Le livre blanc sur la sécurité intérieure suggère en effet la création de deux services à compétence nationale. Le premier, rattaché à la Gendarmerie, serait dévolu au cyber, sans plus de précisions. Le second à la Police nationale et dédié lui à la police technique et scientifique. Une idée retenue par le ministre de l’Intérieur. “Je souhaite que la réflexion soit spécifiquement approfondie” sur ces deux propositions, dit Gérald Darmanin.

Lire aussi: La mutualisation de la police scientifique, une source d’économies pour la Place Beauvau?

Chantier bien avancé

Le nouveau service à compétence nationale chargé de la police technique et scientifique est en réalité un chantier bien avancé. C’est l’inspecteur général de la police nationale Éric Angelino qui mène les travaux de préfiguration. Ils doivent aboutir à sa création au 1er janvier prochain. Le nouveau service “doit contribuer à uniformiser les procédés de prélèvements et les méthodes développées sur les plateaux techniques, à penser en commun l’implantation des laboratoires, la carte des prestations offertes et les investissements à faire.”

Le livre blanc suggère de confier au nouveau service la mission d’uniformisation progressive de la doctrine générale d’emploi. Que ce soit en matière de protocoles d’intervention et de procédés de prélèvement, d’analyse et de comparaison. De même, l’Intérieur pourrait demander au service d’optimiser “les politiques d’acquisition d’équipements, en particulier les plus coûteux”. Autre suggestion, l’harmonisation des formations et la promotion des enseignements mutualisés. 

Liberté d’agir

Le risque pour Jacques Hébrard? Que l’institut de recherches de la Gendarmerie (IRCGN) soit “placé sous tutelle”. Et ne puisse plus dès lors ni innover ni investir librement dans de nouveaux équipements. C’est pourtant l’un des joyaux de l’Arme. “Ce qui a permis à l’IRCGN de se développer, c’est sa liberté d’agir”, rappelle le général de corps d’armée (2S) à L’Essor.

Le général Hébrard passe une dernière fois les troupes en revue avec le directeur général (Photo DR)

Lire aussi: A l’occasion de ses adieux aux armes, le Général Hébrard, ambassadeur de la Gendarmerie criminelle se confie

Outre la place de l’IRCGN, la question des plateaux d’investigations criminalistiques inquiète également Jacques Hébrard. “Ce qui est au cœur du sujet, ce sont les moyens accordés à la rénovation des plateaux techniques, explique-t-il. Ce que je crains, c’est qu’à terme, ce soit des personnels de la Police nationale qui viennent faire des constatations pour la Gendarmerie”.

Une perspective encore lointaine. Mais qui doit retenir l’attention des décideurs au moment des discussions pour figer le périmètre, encore flou, du nouveau service à compétence nationale dédié à la police technique et scientifique.

La question du rapprochement des plateaux techniques de la Police nationale et des plateaux d’investigations criminelles de la Gendarmerie est un sujet ancien au ministère de l’Intérieur. Un rapport de la Cour des comptes de février 2017 préconisait “d’élaborer une carte commune des plateaux et des plateformes techniques de la Police et de la Gendarmerie”. “Le niveau global d’activité ne justifie pas l’existence de plus d’une centaine de plateaux”, ajoutaient les magistrats financiers.

Crowdfunding campaign banner

14 Commentaires

  1. Pharamond

    Plutôt marché de dupes que jugement de Salomon. La Gendarmerie est le leader incontesté et reconnu de la lutte Cyber (cf. L’affaire Encrochat) et l’IRCGN pas moins dans son domaine. Ce projet vise à sauver la faillite de l’organisation de la Police scientifique. On connait l’envie que suscite ces succès de la Gendarmerie dans la “maison d’en face”. Alors quoi d’étonnant que la Pieuvre y étende ses tentacules. Mais heureusement des gendarmes de valeur veillent avec le général Hébrard.

    • Bob

      Si il n y avait pas ces vilains policiers pour pouvoir cracher leur gourme bien des gendarmes seraient malheureux.

      • Gradlon

        Il faut dire que certains font fort et chaque jour nous amène son lot de déviances
        Au fait que deviennent les apprentis policiers de Nîmes vous savez ceux qui enfreignent la loi et insultent leurs futurs collègues
        Cette affaire fait suite d’ailleurs à un reportage récent sur cette école où une grande part d une promotion insultait une autre partie des élèves
        Pourquoi me direz vous ,tout simplement parce que ces derniers étaient hors classement pour le choix des affectations certains a juste raison car ils avaient des compétences particulières mais d’autres parce que des syndicats ou des personnes bien placées dans l’institution les avaient pistonné .le directeur de l’école disait ne rien pouvoir y faire
        Ah déontologie ,discipline et exemplarité quand vous nous tenez
        Les sondages récents sur les Fdo parlent d’eux mêmes

        • Pandore34

          Oh la gendarmerie a aussi ses belles casserolles, après tout notre institution est bien plus opaque et tout est fait pour que rien n’entache son image.
          Bob a raison c’est culturel chez nombre d’entre nous de vomir sur la maison d’en face. Que chacun s’occupe de de sa boutique et ne s’occupe pas de salir ceux d’en face en sortant des éléments internes a chez eux dont bien souvent nous ne maitrisons ni les tenants ni les aboutissants,. Pour avoir travailler avec eux il y a autant de gens de valeur que de médiocres que chez nous alors que leur terrain de jeu habituel est autrement plus compliqué que le nôtre.
          Salir ces gens là gratuitement est méprisable et indigne de la gendarmerie.

          • GRADLON

            Je ne mets pas tout le monde dans le même panier,citant certains qui font fort, étant moi même fils de policier et connaissant bien les deux maisons et il y a effectivement des gens de très grande valeur mais la fréquence des incidents et leur gravité invitent quand même à se poser la question du commandement de ces unités
            En maintien de l’ordre par exemple durant la crise des gilets jaunes le nombre de plaintes et de signalements aux inspections est parlant
            Je ne dis pas que tout est parfait dans la maison gie
            et je ne nie pas des problèmes mais quant au fait que ce serait plus opaque cela reste à démontrer
            Quant à salir comme vous dites je cite des faits
            Petite précision je ne suis ni gendarme ni policier national ou municipal ni douanier ni pompier ni militaire des autres armées mais citoyen

      • Franc VIDALINC

        Un ancien dit : il fût un temps où la PN se fourvoya, ne respectant pas la neutralité politique. La déontologie gendarmique peut se prémunir de cela elle……..
        .

  2. Corsaire

    Gageons que ce fleuron de notre chaîne PTS sera préservé ! À chacun d’entre nous de se battre pour que notre modèle perdure…

    • Adhumeau

      Il faut que la Gendarmerie redevienne sous le jalon de la défense et le respect de l arme par ses paires

      • Corsaire

        Tout à fait d’accord. Notre place est au MinArm !

      • CITERNE Danielle

        Tout à fait d’accord cela n’aurait jamais du être autrement il faut croire que les politiques ne savent pas quoi faire. Il n’y a aucune comparaison entre police fonctionnaires et gendarmes militaires qui eux sont corvéables 24 heures sur 24. je sais ce que je dis car je suis fille, nièce et veuve de gendarme mon mari doit se retourner dans sa tombe

  3. BRUNO PERSON

    Scandaleux ce projet au détriment du respect du savoir faire de la Gendarmerie Nationale.

    Je n’ai rein contre la Police Nationale, mais nos responsables politiques n’ont rien compris , ils n’ont que leur incompétences encore une fois, à tout mélanger et surtout d’entretenir “la guerre des services la Police nationale politisée syndicalisées contre la Gendarmerie Nationale” Arme d’élite composée de Militaires qui servent la nation avec une grande fidélité et loyauté, ”

    Si ils veulent se servir des acquis scientifiques de la Gendarmerie Nationale, qu’ils prennent les heures non comptées de nos Gendarme sur le terrains, que les Policiers dorment sur place avec leur famille, dispo H24 sur 7.

    A quand un militaire aux prochaines élections nationale

    • Jo

      Ils ont bien compris au contraire que la police scientifique coûtait bien moins chère que la gendarmerie scientifique.
      La majorité des personnels affectés en police technique et scientifique sont des personnels civils sous statut sédentaire, qui coûte moins cher, partent à la retraite comme le commun des mortels et en plus avec une pension ridicule.

  4. Malkav

    C’est amusant que dans la “maison d’en face”, on ait exactement la même crainte… Si on se parlait au lieu de se regarder en chien de faïence ?

  5. MICHELE HUART

    Il faut bien admettre que toute “fusion” entre différents organismes c’est TOUJOURS dans le seul but de faire des économies ! Depuis une dizaine d’années que l’armée s’est détachée de la Gendarmerie cette dernière est malheureusement sous la “tutelle” du ministère de l’intérieure et donc soumis aux restrictions budgétaires.
    Le ministère de l’intérieur c’est ” tout pour La Police ” donc les Belles et Grandes Innovations seront pour mettre en valeur la Police au détriment de la Gendarmerie aussi performante soit-elle dans beaucoup de domaines et c’est bien regrettable !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Gratuit : la newsletter de "l'Essor"!

Recevez chaque semaine notre newsletter " Rue Bleue " :  articles inédits, veille sur la presse et infos pratiques

Votre inscription est réussie ! Pensez à confirmer cette inscription dans le mail que vous allez recevoir. Merci.