mercredi 22 mai 2019
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Les bureaux de la DGSI (Crédit photo: GT/ L'Essor).
Les bureaux de la DGSI (Crédit photo: GT/ L'Essor).

La Gendarmerie met un pied dans la DGSI

Le logo de la DGSI (Crédit photo: GT/L'Essor).
Le logo de la DGSI (Crédit photo: GT/L’Essor).

Les gendarmes vont s’installer à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Et c’est une nouveauté attendue, car jusqu’ici les militaires étaient très rares à Levallois-Perret, siège du renseignement intérieur français. Un seul officier de gendarmerie y officiait, au titre du renseignement territorial, au sein de la cellule Allat ! L’arrivée prochaine de militaires dans le milieu très fermé du contre-espionnage français est donc regardée avec satisfaction à la direction générale de la Gendarmerie. “Cela va nous permettre de mieux coordonner notre travail et notre participation à la détection et au suivi d’individus radicalisés”, salue-t-on à Issy-les-Moulineaux. Cela sonne également comme une reconnaissance de la montée en puissance de l’Arme sur ce sujet, cinq ans après la création de la sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO).

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Si des militaires vont désormais s’installer à Levallois-Perret, c’est parce que la DGSI vient d’être confirmée comme chef de file opérationnel de la lutte anti-terroriste. Le nouveau plan d’action contre le terrorisme, présenté ce vendredi 13 juillet par Edouard Philippe, le Premier ministre, consacre en effet le statut de leader du service du renseignement intérieur. “La DGSI assurera la coordination opérationnelle du renseignement, des investigations judiciaires sous l’autorité des magistrats, et des stratégies de coopération nationale et internationale du ministère de l’Intérieur en matière antiterroriste”, précise le gouvernement.

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Concrètement, un nouvel état-major de coordination opérationnelle installé dans les locaux de la DGSI rassemblera d’ici cet automne quatorze services, dont la Gendarmerie, mais aussi les armées ou les services fiscaux. L’Arme devrait être représentée par un militaire de la sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO). Cet état-major aura pour objectif de “renforcer la fluidité de l’information” et devrait se réunir, a minima, de manière hebdomadaire.

L’idée c’est vraiment d’avoir un endroit où tout le renseignement converge dès lors qu’il y a une menace sensible à traiter, dès lors qu’il est nécessaire de partager entre nous tous l’information et peut-être de discuter de manière collective de la façon d’entraver une menace“, a précisé Laurent Nuñez à nos confrères de BFM-TV.

Laurent Nunez, le directeur de la DGSI, lors des voeux de la Gendarmerie en janvier 2018 (Crédit photo: MG/L'Essor).
Laurent Nunez, le directeur de la DGSI, lors des voeux de la Gendarmerie en janvier 2018 (Crédit photo: MG/L’Essor).

Outre sa participation à cet état-major opérationnel, la Gendarmerie va également, toujours par le biais de la SDAO, intégrer la cellule Allat, mais cette fois-ci en son nom propre et non, comme aujourd’hui, par le truchement d’un gendarme affecté au renseignement territorial. Créée en juin 2015 elle aussi pour améliorer l’action opérationnelle, cette cellule interservices rassemblait à l’origine les représentants des six services du premier cercle (DGSE, DGSI, DRM, DPSD, DNRED, Tracfin), le SCRT et la DRPP (1). L’ancien directeur de la DGSI, Patrick Calvar, avait précise en mai 2016 aux députés le rôle de cette structure. “On interroge les partenaires, on oriente les recherches, on les hiérarchise et, le cas échéant, on déconflicte, soulignait-t-il. Tous les services manifestent leur satisfaction de participer au fonctionnement de cette cellule”.

L’arrivée de gendarmes constitue un changement notable au sein du FBI à la française, qui a pris la suite, après la fusion avec les renseignements généraux, d’une place-forte policière, la direction de la sûreté du territoire (DST). Elle répond, deux ans plus tard, à l’une des préconisations du rapport de la commission d’enquête relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015. Publié le 5 juillet 2016, il proposait (recommandation n°13) de détacher “en permanence des officiers de Gendarmerie au sein de la DGSI”.

Gabriel Thierry

(1) La direction générale de la sécurité extérieure, la direction du renseignement militaire, la direction de la protection et de la sécurité de la défense – aujourd’hui direction du renseignement et de la sécurité la défense -, la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières, le service du traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins, le service central du renseignement territorial et la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris.

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