lundi 19 août 2019
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Photo d'illustration (D.C/L'Essor).

La Gendarmerie maritime se renforce dans la lutte contre la cybercriminalité

La cybercriminalité ignore les frontières et encore plus les distinctions entre terre, mer et air. La Gendarmerie maritime l’a bien compris et vient de décider de créer une plateforme de lutte contre les cybermenaces maritimes. Elle devrait être mise en place au cours de l’été à Toulon et comptera trois gendarmes N-Tech.

Cela peut paraître peu mais à l’échelle de la section de recherches de la gendarmerie maritime, forte de 40 enquêteurs, l’effort est conséquent. Les trois gendarmes N-Tech seront chargés de conseiller et de sensibiliser les acteurs du monde maritime, de travailler sur des scénarios de réponse en cas d’attaque cyber, et bien sûr de mener des investigations sur des actes de cybercriminalité.

Peu de dépôts de plainte

Port du Havre (Photo d’illustration S.D/L’Essor).

Opérations de hameçonnage visant les chaînes logistiques, fraudes au fournisseur utilisant les ports pour mettre la main sur des marchandises, piratage de l’AIS (système d’identification automatique) pour masquer sa position ou tromper un navire, hacking d’installations portuaires pour faciliter un trafic… L’étendue des menaces donne le tournis. Autant de pain sur la planche pour les futurs cyber-enquêteurs de la Gendarmerie maritime.

“Nous faisons relativement peu d’enquêtes aujourd’hui sur ces sujets car il y a peu de dépôts de plainte, regrette le colonel Florian Manet, le commandant de la section de recherches de la Gendarmerie maritime, interrogé par L’Essor. Notre enjeu, c’est de se faire connaître des acteurs maritimes et d’expliquer que la réponse à une cyberattaque n’est pas seulement la restauration d’un système, mais aussi l’identification de l’auteur pour justement éviter d’autres attaques.”

Une tâche compliquée par le caractère mondial de l’activité de certains poids lourds du monde maritime. Ce cargo français piraté lors d’une escale en Chine pense-t-il à porter plainte en France ? Non, alors qu’estiment les gendarmes, le vol de données personnelles commis à cette occasion pourrait entraîner de nouvelles victimes par ricochet en France.

La nouvelle plateforme des gendarmes maritimes devrait également être un précieux apport les enquêteurs de l’Institut de recherches criminelles de la gendarmerie nationale ou du centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N). Leur connaissance du monde maritime et de ses outils, comme l’AIS ou les systèmes industriels complexes guidant les navires, leur permettra certainement d’aiguiller au mieux leurs collègues restés au bord du quai.

Gabriel Thierry

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