dimanche 27 septembre 2020
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Les gendarmes enquêtent sur une quinzaine de faits de mutilations de chevaux, retrouvés ensuite morts. enregristrés depuis le début de l'année.
Depuis le début de l'année, les gendarmes ont enregistré une quinzaine de faits de mutilations de chevaux, retrouvés ensuite morts. (Photo: W.Claussen/Pixabay)

La Gendarmerie enquête sur des mutilations et meurtres d’équidés

Les faits ne sont pas nouveaux, mais leur nombre a décuplé ces derniers mois. Oreilles coupées, yeux et organes génitaux prélevés, gorge tranchée… une série noire de mutilations et de meurtres touche des chevaux, des poneys ou encore des ânes en France. Face à la multiplication d’actes de cruautés, les gendarmes mènent l’enquête.

Non pas une, mais plusieurs enquêtes en réalité, car pour le moment, les investigations restent au niveau des unités territoriales. La direction générale de la Gendarmerie reste néanmoins attentive au phénomène. Bien qu’ils ne soient pas encore saisis officiellement, des services nationaux suivent en effet de près les différentes affaires. Notamment l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp) et le Service central de renseignement criminel de la Gendarmerie (SCRCGN). Ils interviennent en appui des unités et tentent de relier les faits entre eux. En recoupant et en analysant les faits, ils s’intéressent ainsi aux modes opératoires utilisés, cherchant à relever des similitudes.

La cellule Demeter, visant à suivre et prévenir les atteintes au monde agricole, est aussi impactée. Grâce à son partenariat avec les organisations comme la FNSEA, elle alerte son réseau et des informations peuvent lui parvenir. Des actions de prévention sont aussi menées, notamment pour les professionnels du secteur équin. La cellule s’appuie pour cela sur les référents sûretés de la Gendarmerie, basés en région. Cela passe, par exemple, par l’établissement de diagnostic et la sécurisation des élevages ou des centres équestres.

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Des mutilations partout en France

Il semble en effet que les équidés soient la cible principale de ces exactions. Dernières en date, la découverte ce mardi 18 août par son propriétaire d’un cheval égorgé à Plouzélambre, dans les Côtes d’Armor, et d’un autre, mutilé au niveau des oreilles près de Lannion. Sans qu’il soit possible de relier avec certitude les faits entre eux, ces derniers sont loin d’être isolés. Les faits se multiplient un peu partout sur le territoire. Loire, Moselle, Vendée, Yvelines, Aisne, Somme, Seine-Maritime, Seine-et-Marne, Saône-et-Loire, Jura, Allier, Lot, Puy-de-Dôme, Oise… au total, une quinzaine de faits enregistrés ces derniers mois. Dans de nombreux départements, les gendarmes ont appelé à la vigilance en allant à la rencontre des propriétaires et en diffusant des messages sur les réseaux sociaux.

[APPEL À LA VIGILANCE] Agression d'équidés.Après plusieurs messages privés reçus sur la page Facebook Gendarmerie du…

Publiée par Gendarmerie du Jura sur Lundi 17 août 2020

Superstition, rites sataniques, sectaires ou religieux, actes d’un déséquilibré, rivalités ou vengeances locales, gang de tueurs, défis lancés sur internet ou les réseaux sociaux… Toutes les pistes sont pour le moment explorées. D’autant que des points similaires jettent le trouble et interrogent. Dans la majorité des cas, les équidés retrouvés morts ont l’oreille droite sectionnée. Les faits se déroulent généralement de nuit, à l’écart des zones habitées mais sur des terrains facile d’accès. Quant au profil des victimes, il semble très flou. On retrouve parmi elles des adultes comme des jeunes, des mâles comme des femelles… Outre le fait que les animaux “choisis” soient plutôt sociables, il n’y a pas de profil type.

D’autres pays semblent également touchés. C’est le cas en Europe, notamment en Allemagne et en Belgique, mais également de l’autre côté de l’Atlantique, aux Etats-Unis. Les gendarmes de l’Oclaesp ont d’ailleurs pris contacts avec leurs homologues.

Lire aussi: La belle retraite des chevaux de la Garde républicaine (vidéo)

La Fédération française d’équitation partie civile

Dans un communiqué diffusé ce mercredi 19 août, la Fédération française d’équitation (FFE) annonce qu’elle se porte partie civile aux côtés de tous les propriétaires qui ont porté et porteront plainte. Elle entend ainsi “combattre ces actes de barbarie et compléter l’aide qu’elle apporte déjà [à] la Gendarmerie nationale”.

On ne peut être qu’horrifié devant ces actes de cruauté qui se multiplient. Notre détermination à lutter contre toute forme de maltraitance envers les équidés est totale et nous souhaitons, en lien avec la Ligue française de protection du cheval, mobiliser l’ensemble des acteurs de la Filière cheval en France. J’en appelle à la vigilance de tous pour mettre fin au plus vite à ces atrocités.” – Serge Lecomte, président de la FFE

La 3e fédération sportive de France incite également les personnes concernées ou disposant d’informations sur ces affaires à s’adresser aux services de Gendarmerie ou de Police.

LP

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