lundi 30 novembre 2020
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A Notre-Dame-des-Landes (Photo/GF/PressPepper).

La Gendarmerie allège son dispositif de maintien de l’ordre à Notre-Dame-des-Landes

Est-ce le calme avant le retour de la tempête ou au contraire les premiers pas vers la fin programmée de l’opération du maintien de l’ordre à Notre-Dame-des-Landes ? La Gendarmerie est en train de lever le pied autour de la zone d’aménagement différée de l’ancien projet d’aéroport. Selon Ouest-France, ils ne sont plus que 1.500 gendarmes, soit un millier de moins, à être désormais maintenus sur le site. L’information n’est cependant pas confirmée par la Gendarmerie : l’Arme ne souhaite pas donner trop de précisions sur son dispositif.

“Nous réadaptons nos moyens en fonctions des besoins, précise l’institution. Aujourd’hui, les effectifs sur place sont chargés du déblaiement des routes et des barricades, mais il n’y a pas d’opération d’évacuation ou de déconstruction prévue.”

Les escadrons de gendarmerie mobile désengagés ne devraient toutefois pas rester inactifs. Manifestations du 1er mai, tecknival illégal de Marigny (Marne), ou encore rassemblement évangélique Vie et Lumière dans le Loiret : les gendarmes vont être mobilisés sur d’autres fronts. “L’allègement du dispositif va permettre aux gendarmes de souffler, de se reposer et de se remettre en condition”, explique à L’Essor Ludovic Lacipière, un gendarme mobile membre du conseil d’administration de l’association professionnelle Gendarmes et citoyens.

80 blessés chez les Gendarmes

L’opération de maintien de l’ordre, qui a commencé le lundi 9 avril, s’est traduite par la destruction d’une trentaine de squats. Côté gendarmes, le bilan humain est lourd, avec près de 80 blessés. Trente opposants ont été interpellés. Ces derniers déploraient également plus de 250 blessés le 20 avril et annonçaient leur saisie du Défenseur des droits. “La mission est éprouvante, mais elle est loin d’être impossible, et pour l’instant la Gendarmerie a bien préparé cette opération”, observe Ludovic Lacipière.

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Le Premier ministre Edouard Philippe accompagné du ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur Gérard Collomb et de la ministre des Armées Florence Parly (Crédit:MG/L'Essor)
Le Premier ministre Edouard Philippe accompagné du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur Gérard Collomb et de la ministre des Armées Florence Parly (Crédit:MG/L’Essor)

Au nord de Nantes, la tension est descendue d’un cran. La semaine passée, les anciens opposants au projet d’aéroport ont remis à la préfète Nicole Klein 28 fiches de déclaration de projet. Un premier pas vers l’apaisement des esprits. Le dialogue était jusqu’ici rompu entre l’Etat qui demandait aux “zadistes” de “s’inscrire dans une démarche de régularisation” et de nombreux opposants qui refusaient tout dépôt individuel de déclaration, expliquant vouloir s’inscrire seulement dans un cadre collectif.

Mais, a aussitôt précisé Nicole Klein, ce processus de régularisation “ne fait que commencer”. Une date s’annonce d’ores-et-déjà brûlante : le lundi 14 mai. Ce jour-là, le comité de pilotage sur l’avenir des terres agricoles, dont l’avis n’est pas décisionnaire, va se pencher sur l’inscription des projets dans les procédures d’installation légales. C’est surtout la date butoir annoncée par le Premier ministre, jeudi 26 avril. “Après la réunion du 14 mai, ceux qui ne sont pas engagés dans la démarche permettant l’accueil de nouveaux projets agricoles dans un cadre légal s’exposent à la poursuite des procédures d’expulsion”, a précisé Matignon.

Discussions décisives

Le dispositif de la Gendarmerie devrait fortement remonter en puissance à cette date, pour sans doute revenir à son étiage du début des opérations, soit environ 2500 gendarmes mobilisés. Les discussions des quinze prochains jours vont être suivies de près dans la Gendarmerie. Elles vont en effet être décisives sur l’intensité de la prochaine opération majeure de maintien de l’ordre à Notre-Dame-des-Landes. Nouvelle flambée de violences, régularisation des opposants ou départ volontaire des plus radicaux ? Il reste encore de nombreuses options sur la table.

Gabriel Thierry

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