vendredi 6 décembre 2019
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Gardes républicains chasseur de drones (M.GUYOT/ESSOR)
Gardes républicains chasseur de drones (M.GUYOT/ESSOR)

La Garde républicaine dévoile ses chasseurs de drones

La valise de détection de drones de la section protection appui drone (Spad) (M.GUYOT/ESSOR)
La valise de détection de drones de la section protection appui drone (Spad) (M.GUYOT/ESSOR)

Mise à jour le 14 juin (correction de la portée de la valise de détection).

Elle était restée jusqu’ici très discrète. La Gendarmerie a présenté vendredi 7 juin sa nouvelle arme secrète contre les drones, la section protection appui drone (Spad). Composante de la Garde républicaine, elle a pour mission d’interdire tout survol d’une zone donnée par des drones.

A l’occasion du colloque sur les 10 ans du rattachement de la Gendarmerie au ministère de l’Intérieur, deux gardes républicains ont présenté leur unité et leur équipement. Membres du 2e régiment d’infanterie de la Garde, à laquelle la Spad est rattachée, ils revenaient des cérémonies du 75e anniversaire du débarquement. Si la Garde est étroitement liée à la présidence et aux palais nationaux parisiens, l’unité anti-drone a en effet une compétence nationale.

En plein essor, l’unité a une activité et un effectif en hausse constante. En 2017, la section anti-drone compte quatre personnels et réalise huit missions. L’année suivante, dix gardes les rejoignent et l’unité effectue 110 missions. Et 2019 devrait confirmer cette tendance. En juin, forte de 21 gardes républicains la section anti-drone en avait déjà 103 à son actif ! De Notre-Dame-des-Landes au Fort de Brégançon en passant par Bure, les gardes républicains de la Spad sont de tous les grand évènements, présidentiels ou gendarmiques. L’unité est très féminisée puisque l’on compte huit femmes parmi les gardes républicains chasseurs d’appareil piloté à distance (Apad), la dénomination officielle des drones en Gendarmerie.

Lire aussi sur L’Essor : La Gendarmerie accélère dans la lutte anti drones

Ecusson de la section protection appui drone (Spad) (M.GUYOT/ESSOR)
Ecusson de la section protection appui drone (Spad) (M.GUYOT/ESSOR)

La principale mission de la Spad est la lutte antiterroriste, explique l’adjudant Nicolas Ortet, adjoint au chef de l’unité. “On pense a un drone chargé avec des explosifs ou des produits NRBC (NDLR nucléaire, radiologique, bactériologique ou chimique) qu’il disséminerait au dessus d’une foule”, détaille-t-il. Mais la mission peut s’élargir à des prises de vue non autorisées ou des transports d’objet. Le spectre missionnel est quasi infini. Le drone est en effet un vecteur et peut donc être utilisé pour commettre de nombreuses infractions.

Un kilomètre de portée contre les drones

Pour l’arrêter, les gardes travaillent en équipe de trois, un chef de mission, un détecteur et un brouilleur. Ce dernier utilise une sorte de fusil, le BAD pour brouilleur anti-drone, afin de couper le lien qui relie l’appareil à son pilote. “Le drone communique par wifi et nous saturons cette communication”, explique Nicolas Ortet. Il précise son propos avec une image: “le pilote parle à son drone et nous nous crions par dessus !”

Le BAD, ou sa version réduite le PAD, pour pistolet anti drone, peut couper les communications de tous les appareils du marché dans un rayon de 1 kilomètre. Pour les détecter, les gardes républicains utilisent un appareil de détection. Enfermé dans une valise, il repère 95% des drones du marché dans un rayon d’environ 5 kilomètres. Pour les 5% restants, ils font confiance à leurs yeux. Une tâche ardue car “il faut surveiller à 360°”, précise le gendarme Louis Coftier, équipier de la Spad.

Lire aussi sur L’Essor: Le drone survolant le fort de Brégançon a été “neutralisé” par la Garde républicaine

L'adjudant Ortet et le garde Coftier, de la section protection appui drone (M.GUYOT/ESSOR)
L’adjudant Ortet et le garde Coftier, de la section protection appui drone (M.GUYOT/ESSOR)

En plus de cette mission d’interception, trois gardes sont en outre formés au télépilotage de drone. “Nous pouvons, par exemple, effectuer des reconnaissances au profit d’un groupement tactique Gendarmerie”, explique l’adjudant Ortet. Par ailleurs, si un drone neutralisé tombe dans un endroit peu accessible, le drone des gendarmes peut leur servir à vérifier la présence éventuelle d’explosifs sans se mettre en danger.

La Gendarmerie compte au total 280 chasseurs de drones, formés et équipés par le ST(SI)2 (Service des technologies et des systèmes d’information de la sécurité intérieure). Ils se répartissent entre la Spad de la Garde, la Gendarmerie des transports aériens et certains spécialistes des systèmes d’information et de communication (SIC) qui disposent d’un lot de brouillage par région zonale.

Matthieu Guyot

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