samedi 16 novembre 2019
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maire gendarmes contact
La brigade de contact de Dabo en entretien avec le maire de Waltembourg (Illustration/GT/ L'Essor).

La Cour des comptes demande à la Gendarmerie d’évaluer ses brigades de contact et de poursuivre sa rationalisation

La Cour des comptes (Crédit photo: TouN
La Cour des comptes (Crédit photo: TouN

Dans un rapport réalisé à la demande du comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale, la Cour des comptes a réalisé une enquête sur l’accès aux services publics dans les territoires ruraux.

Dans cette étude agrémentée de cahiers territoriaux analysant la situation dans huit intercommunalités,  les sages de la rue Cambon passent au scanner les services publics, dont la Gendarmerie,  à laquelle ils consacrent plusieurs pages, accompagnées de chiffres et de tableaux.

Concrètement, la Cour des comptes demande à l’Arme d’évaluer les brigades de contact en créant “des indicateurs d’évaluation” et de “poursuivre sa rationalisation“. (1)

“L’efficience d’un tel dispositif, qui a vocation à mobiliser à terme des effectifs nombreux, et à justifier le maintien d’un maillage dense dans des territoires où l’activité opérationnelle est réduite, doit néanmoins pouvoir être évaluée à partir d’indicateurs à définir” justifie la Cour des comptes au sujet des brigades de contact créées en janvier 2018.

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Poursuivre la rationalisation

Par ailleurs, la Cour en constatant “qu’entre 2012 et 2018, le nombre de brigades de gendarmerie est passé de 3 163 à 2 919″  et en estimant que “le maillage territorial de la gendarmerie nationale reste dense“, préconise aussi de “poursuivre la rationalisation entreprise par la DGGN  d’autant plus que la subsistance, dans les territoires ruraux, d’unités ne disposant pas de la taille critique,  n’est pas sans conséquence sur l’attractivité des postes à pourvoir au sein de ces brigades” .

250 brigades peu attractives

La Cour des comptes chiffre ainsi à 250 les brigades en zone rurale qui sont considérées comme peu attractives.

Ce problème a été pris en compte par la Gendarmerie qui a créé l’école des gradés pour tenter d’y remédier.

Lire aussi sur L’EssorInfo L’Essor : la Gendarmerie recrute des gradés des armées pour servir dans des brigades en “déficit d’attractivité”

Un gendarme pour 645 habitants en Ariège

Pour justifier sa préconisation de poursuivre la rationalisation, la juridiction a disséqué certaines régions de France et relève des cas bien précis en matière de ratio de couverture de la population “qui est d’une manière générale bien plus favorable que le ratio moyen de 1 pour 1 000 affiché par la DGGN”.

Elle cite l’exemple de l’Ariège qui, “avec un gendarme pour 645 habitants, bénéficie de la situation la plus favorable.

La Corrèze a une activité faible

De même, la juridiction financière qualifie de  “faible” l’activité des gendarmes de Corrèze “avec moins de 18 faits constatés par an et par gendarme”.

“Le niveau de délinquance dans ces territoires demeure faible et le calibrage des effectifs est assez peu corrélé à cet indicateur, alors que le maillage des brigades ne peut être totalement déconnecté de l’activité de police judiciaire de ces unités” écrit la Cour.

D.C

(1) Au 1er juillet 2018, 35 brigades territoriales de contact , composées de 146 militaires, avaient été créées.

 

 

 

 

 

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3 Commentaires

  1. Retraite

    Il faut dissoudre , autant que nécessaire, les petites brigades et transférer les effectifs ainsi récupérés pour avoir uniquement des brigades autonomes qui disposent des moyens pour fonctionner 24 heures sur 24.
    Les brigades dites de proximité qui sont fermées les deux tiers du temps cela n’a aucun sens, ce sont des coquilles vides mais coûteuses pour le contribuable.

    • Raufaste

      Je suis tout à fait d’accord, si notre institution veut être efficace, il faut concentrer nos moyens dans les endroits à risques, ce qui n’empêche pas de surveiller les lieux-dits, petites communes, mais il faut privilégier les endroits sensibles.

  2. Un autre retraité

    Le fonctionnement de certaines formations, ainsi que le maillage territorial et la demande de la population etc. imposent des limites au regroupement d’unités.
    Néanmoins, une marge de progression est-t-elle encore possible sur ce focus ?

    Il est vrai notamment par ex., que les infrastructures sportives, de restauration, de travail… (commandement compris) des unités à 6 ou 10 personnels etc., différent de celles à 110 ou 130…

    Regrouper si possible les unités sans diminuer la globalité nationale des effectifs, reste à mon sens une bonne perspective. Encore faut-il pouvoir modifier, organiser, le parc immobilier.

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