vendredi 13 décembre 2019
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La 490 ème promotion de l’école de Chaumont honore Charles Rappenecker un héros de la résistance mort en déportation (vidéo et diaporama)

La 490 ème promotion de l’école de Gendarmerie de Chaumont qui porte le nom d’un héros de la résistance le gendarme Charles Rappenecker, a été baptisée le 18 octobre dernier en présence des autorités militaires et civiles et surtout, ce qui n’est pas fréquent, en présence de la famille du parrain que le colonel Pierre Bouquin, commandant de l’école a tenu à saluer “très chaleureusement”.

 “Nous avons ici, à nos côtés, la fille et le fils du gendarme Rapenecker, dont le passé glorieux a été retracé tout-à-l’heure sur la place d’armes. Nous sommes honorés de vous accueillir et de rendre aujourd’hui hommage à ce « héros anonyme » qui a fait preuve d’un courage et d’une humanité exceptionnels en ces temps de guerre.  Il lègue aujourd’hui aux élèves de la 490ème promotion ses valeurs de courage, d’abnégation au service de la patrie. Ils ont aujourd’hui le devoir d’en être digne ! C’est un bel un exemple pour eux et pour nous tous”

Rendant hommage aux formateurs de la 7ème compagnie, “qui se sont dévoués pendant ces 9 mois pour faire en sorte que la matière brute qui nous est arrivée en janvier dernier, soit aujourd’hui pleinement opérationnelle et imprégnée des valeurs de la gendarmerie” et saluant le travail du capitaine Ziélinski, le commandant de compagnie, et tous les cadres, le colonel Bouquin s’est ensuite adressé aux futurs gendarmes.

“Votre mission, elle est simple : c’est de servir vos concitoyens !

“Et puis, et c’est la deuxième notion que je veux que vous gardiez : ne soyez pas tracassier ou tatillons. Soyez rigoureux, c’est ce qu’attendent de vous nos concitoyens, les élus, les magistrats . Mais soyez humain, agissez avec finesse et intelligence.  Faites preuve de discernement bon sang !

Soyez ferme, il n’est pas question de ne pas se faire respecter et l’on doit respecter votre uniforme. Ne soyez ni timides ni timorés. Soyez intransigeants avec ceux qui empoisonnent la vie des autres.  Mais soyez souples et bienveillants avec ceux qui le méritent, avec ceux qui travaillent dur pour s’en sortir, avec ceux qui n’ont pas toujours eu la chance d’avoir une vie heureuse mais qui font tout pour avancer. Vous avez le droit à l’erreur, et il faut que vous acceptiez l’idée que d’autres aussi, ont le droit à l’erreur.


25 ans d’âge moyen

Cette promotion se compose de 110 élèves gendarmes, tous issus du concours interne : 88 masculins , dont 7 pères de famille, et de 22 féminins.

Les élèves gendarmes de la 7ème compagnie d’instruction sont tous issus du concours internes. Ainsi, la compagnie compte une dizaine de militaires, 6 adjoints de sécurité de la Police nationale, 26 réservistes et 78 gendarmes adjoints volontaires.

L’âge moyen des élèves est de 25 ans. Chez les hommes, l’âge varie de 19 à 36 ans alors que chez les femmes l’écart se situe entre 19 et 32 ans .

Géographiquement, toutes les régions françaises sont représentées y compris l’outre-mer avec trois représentants (Réunion, Polynésie, Guadeloupe)

6 élèves ont fait le choix de la Garde Républicaine, 32 élèves, la gendarmerie mobile (dont 4 personnels féminins) et les 72 autres élèves, le choix de la gendarmerie départementale (dont 18 personnels féminins). 

Ils ont quitté  l’école le 19 octobre 2018 après avoir prêté serment la semaine de leur départ, au terme d’une formation de 9 mois. 

Le major de promotion : un ancien sapeur du 6 ème génie 

L’élève-gendarme Jean-Charles Fitamen termine major de promotion avec une moyenne de 17,43/20. Âgé de 34 ans, marié, un enfant à naître, il était au 6° régiment du génie de l’armée de terre à Angers.  Il a choisi de servir en gendarmerie départementale, région Île-de-France. Il souhaite obtenir rapidement le diplôme d’officier de police judiciaire et servir d’ici quelques années dans un peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie.

Le président de promotion : un ancien marsouin de 34 ans 

L’élève-gendarme Frédéric Defremont termine 31ème avec une moyenne de 15,39/20. Âgé de 34 ans, marié, père de trois enfants, il est issu du 3 ème RiMa de Vannes.  Il a choisi de servir en gendarmerie départementale, région Bretagne. Il souhaite obtenir rapidement le diplôme d’officier de police judiciaire et effectuer une carrière de gradé.

Une promotion composée d’anciens militaires, gendarmes adjoints, adjoints de sécurité ( Police) et réservistes (Photo Benoît Couvreux)

Le parrain le gendarme Charles Rappenecker, résistant mort en déportation

Charles Rappenecker (Photo Le Maitron)

Après son service militaire dans l’armée de terre, Charles Rappenecker né le 09 mai 1915 à La Walck (Bas-Rhin) s’engagea dans la Gendarmerie en octobre 1937. Après  sa formation dans la garde républicaine mobile, il fut nommé garde au peloton mobile n°250 de Baccarat en mai 1938. Lors de la mobilisation générale de septembre 1939, il fut détaché aux armées comme chef de groupe de combat au 223e régiment d’infanterie. Après l’armistice de juin 1940 et la dissolution de la garde républicaine mobile à l’automne, il fut réaffecté dans la gendarmerie départementale à la brigade territoriale de Nancy avant d’être muté à la brigade territoriale de Moussey (compagnie de gendarmerie des Vosges) en septembre 1942.
Du fait de l’annexion de facto de l’Alsace-Moselle par le Reich en octobre 1940, les gendarmes vosgiens furent nouvellement confrontés dès lors à des problématiques administratives et sécuritaires spécifiques aux zones frontalières. Le gendarme Rappenecker et ses camarades de la brigade de Moussey apportèrent clandestinement une aide active à des prisonniers de guerre français évadés d’Allemagne ou à des insoumis alsaciens au service militaire dans la Wehrmacht en transit dans leur canton. Par ailleurs, par son inaction délibérée en service commandé, animé d’un patriotisme pur et tenace, il s’efforça de soustraire aux recherches ordonnées de nombreux jeunes fuyant le STO, allant parfois jusqu’à les cacher chez des particuliers complices. Au cours de toute la période d’occupation, aucun réfractaire du canton ne fut arrêté et envoyé travailler en Allemagne. À partir du printemps 1944, le silence des gendarmes de la brigade a permis en outre de maintenir secrète l’existence d’un maquis en constitution dans les forêts du canton. 
Le 12 août 1944, le gendarme Rappenecker participa pour la 5e centurie du groupe mobile Alsace-Vosges à la réception, au transport et au camouflage d’un parachutage nocturne par l’aviation alliée de matériel, d’armement et de munitions à destination des maquis locaux, au lieu-dit “la côte du mont” (nom de code : ANATOMIE), sis sur la commune de La Petite-Raon (Vosges).
Le 18 août à 20 h, à la suite de la capture d’un courrier clandestin, la police allemande arrêta tous les personnels de la brigade de Moussey : le maréchal des logis-chef Demaline, commandant de brigade, et les gendarmes Rappenecker, Teyber, Morelle et Koch. Ce dernier fut le seul du groupe à avoir survécu et son témoignage recueilli après-guerre permet de connaître l’activité résistante et le destin tragique de ses membres. Lors de la même opération de police, une quarantaine d’habitants du village avaient également été raflés comme otages, internés la première nuit dans l’usine textile des Établissements Laederich puis transférés le lendemain en camion avec les gendarmes au camp de Schirmeck, en Alsace annexée. Les gendarmes y furent dépouillés de leurs uniformes et durement interrogés sous la torture (coups et menaces d’exécution). Le 23 août, sans avoir parlé, ils furent ensuite séparés et déportés vers des destinations différentes : le gendarme Rappenecker ainsi qu’une partie de ses camarades furent alors envoyés au camp de concentration du Struthof. Il y a été fusillé le 2 septembre et son corps a été brûlé au crématorium du camp d’après sa citation de guerre datée de 1947.
Le gendarme Charles Rappenecker était marié à Odette Clodi et père d’un jeune garçon, Jean (né en 1942) et d’une fille Marie, née quelques semaines après sa mort.
Comme cela était la tradition à cette époque-là, c’est son fils qui a été décoré à la place de son père mort pour la France lors d’une cérémonie militaire.

Source Le Maitron, dictionnaire biographique des fusillés; guillotinés, exécutés, massacrés.

Décorations : il a obtenu à titre posthume :

– la médaille militaire et la croix de guerre 1939-1945 avec palme “pour services de guerre exceptionnels” le 14 janvier 1948

– la médaille de la résistance française le 23 février 1959

– la médaille de la déportation et de l’internement pour faits de résistance le 12 juillet 1954.                           

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