dimanche 18 août 2019
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La 14ème promotion de l’école de Dijon honore le gendarme Charles Soulé, tué en Algérie (Vidéo et diaporama)

La cérémonie de baptême de la 14ème promotion de l’école de Gendarmerie de Dijon s’est déroulée le jeudi 21 mars 2019 sous la présidence du général (2S) ) Philippe Lafoix et en présence de Hédi Picquart, ambassadeur, conseiller diplomatique du préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté.

114 élèves dont 63 civils 

Dans les prochains jours, 114 élèves de la 14ème promotion rejoindront leurs affectations.
Cette promotion est composée de 22 élèves féminines et 92 élèves masculins issus des départements de métropole et d’outre-mer. Le plus jeune élève masculin est âgé de 20 ans (décembre 1998) et le plus âgé a 36 ans (mars 1982). La plus jeune élève féminine est âgée de 21 ans (février 1998) et la plus âgée a 30 ans (août 1988).

35 anciens GAV

Des origines variées : 35 sont d’anciens gendarmes adjoints volontaires, 3 sont d’anciens militaires, 8 sont d’anciens réservistes de la Gendarmerie et 68 sont issus du milieu civil. Parmi ces élèves 65 sont bacheliers, 30 sont titulaires d’un BTS ou d’un DUT, 11 sont bac + 3,  5 bac + 4,  et 3 détiennent une équivalence baccalauréat.

Classement :

Le major de promotion est Nicolas Drouet qui a choisi de servir en gendarmerie mobile.

2 ème :  Jean-Baptiste Boschini : Gendarmerie mobile

3 ème : Basile Ladent : Gendarmerie mobile

4 ème : Gwendal Derache : Gendarmerie mobile

5 ème : Tom Leveque : Gendarmerie mobile

6 ème : Barbara Cauvin : Gendarmerie départementale

7 ème: Alex Pascual : Gendarmerie mobile

8 ème : Léo Thomas: Gendarmerie départementale

9 ème : Nicolas Josse : Gendarmerie mobile

Président de promotion : Damien Alcaraz : Gendarmerie mobile

Les neuf premiers et le président ont reçu des mains de Jean-François Cortot, notre correspondant régional, un abonnement à L’Essor de la Gendarmerie.

61 en départementale  et 47 en mobile 

47 élèves ont choisi la gendarmerie mobile, dont 43 garçons et 4 filles.
6 élèves ont choisi la garde républicaine, dont 5 garçons et 1 filles.
61 élèves ont choisi la gendarmerie départementale, dont 44 garçons et 17 filles.

Un élève gendarme de la promotion décoré de la médaille de la gendarmerie.

Le général Lafoix a remis la médaille de la Gendarmerie à l’élève gendarme Antoine Cazzadori (Photo JF Cortot)

Au cours de la cérémonie, le général Lafoix a remis une citation à l’ordre du régiment à l’élève gendarme Antoine Cazzadori avec attribution de la médaille de la gendarmerie nationale avec étoile de bronze. Antoine Cazzadori est fils de gendarme.

Lire aussi sur L’EssorUn élève gendarme décoré de la Médaille de la Gendarmerie (Vidéo)

Le parrain : le gendarme Charles Soulé, tué en Algérie

Né le 14 juillet 1937 à Béziers (34), le gendarme Charles Soulé a été grièvement blessé en opération lors d’une mission de visite de commune, sur la route de “Fontaine Chaude” en Algérie, suite à un accrochage avec une bande rebelle, le 18 novembre 1960.
Le gendarme Charles Soulé est décédé des suites de ses blessures, le 16 décembre 1960.
Issu d’une famille de tradition militaire, le 29 août 1955, il s’engage pour 3 ans au 20ème bataillon de chasseurs portés en Allemagne. En avril 1956, il rejoint l’Afrique du Nord. Il est nommé sergent le 6 mars 1957 et termine son contrat en qualité d’instructeur au peloton des élèves sous-officiers dans son bataillon.
Le 13 août 1957, il reçoit un témoignage de satisfaction du colonel Carmejane, commandant la 5ème Division Blindée et la Zone Nord Oranais.
Admis en gendarmerie en avril 1959, il suit sa formation à l’école préparatoire de gendarmerie à Chaumont (52).
Nommé gendarme, il est affecté le 8 décembre 1959, à la 10ème Légion ter de gendarmerie, à la brigade territoriale de El-Mahder .
Le 18 novembre 1960, à 8 heures, le maréchal des logis-chef Robert Chassagnol et les gendarmes Louis Battaglini et Charles Soulé, quittent la résidence à bord de leur véhicule Jeep, pour se rendre en visite de commune. Après un contrôle d’identité et un arrêt au niveau de la ferme Meyer, occupée par une compagnie du 3/94° R.I., la patrouille repart vers 9h45 en direction de “Fontaine chaude “sur le V.O.3.
Après avoir parcouru quelques centaines de mètres en longeant un petit oued à sec, le gendarme Battaglini, assis à l’arrière du véhicule signale la présence d’un individu qui rampe dans cet oued à 25 mètres environ de la jeep. Le véhicule stoppe sur place, le maréchal des logis-chef Chassagnol et le gendarme Battaglini sautent à terre. Le gendarme Soulé reste au volant, protégé par la plaque de blindage pare-balles du véhicule.
En réponse aux sommations, plusieurs coups de feu éclatent. Personne n’est blessé et la riposte est aussitôt déclenchée par la patrouille. Les rebelles au nombre de deux ou trois, probablement bien protégés dans l’oued, continuent leurs tirs extrêmement ajustés. Les trois gendarmes, en plein champ, se trouvent dans une situation nettement défavorable.
Le gendarme Soulé alerte la brigade d’El-Madher par radio pour demander du renfort.
Le chef Chassagnol donne l’ordre au gendarme Soulé de reculer d’une trentaine de mètres pour trouver un emplacement de tir propice, dans un coude de l’oued. Les deux hommes à terre se replient pas à pas, se protégeant derrière la jeep. A un moment, en raison de l’inégalité du terrain, le véhicule s’engage dans une crevasse et se trouve en difficulté, sous le tir continu de l’ennemi.
Le gendarme Soulé réussi à se dégager et à entreprendre une nouvelle marche arrière. C’est au cours de celle-ci qu’il annonce à son chef de service qu’il vient d’être blessé à la tête. Il reste malgré tout au volant et lâche aussi quelques rafales.
Le tir des gendarmes devenant plus sporadique, un rebelle s’approche d’eux en utilisant l’oued et tire de près. Le chef Chassagnol donne l’ordre au gendarme Soulé de démarrer rapidement en marche avant en direction de la Ferme Meyer. Celui-ci obtempère, mais par suite d’une fausse manœuvre, certainement due à sa blessure à la tête, se rabat sur l’oued au fond duquel son véhicule s’arrête.
Le gendarme Soulé, s’affale sur les sièges perdant abondamment son sang. Il est atteint par trois balles : une à la tête, l’autre au ventre et la troisième au poignet gauche.
Après l’arrivée des renforts et d’un hélicoptère sanitaire, le gendarme Soulé est évacué à 11h50 sur l’hôpital de Batna. Il est opéré le même jour. Il décède de ses blessures le 16 décembre 1960.

“Gendarme courageux, dynamique et animé d’un sens élevé du devoir. Toujours volontaire pour les missions périlleuses, n’a cessé de donner le meilleur de lui-même dans la lutte contre la rébellion. “

Il était marié et père de deux enfants.
Le gendarme Charles Soulé a été inhumé à Béziers (34) où son nom figure sur la stèle commémorative A.F.N.
Il a reçu les décorations suivantes : Médaille militaire, Croix de la Valeur Militaire avec Palme, citation à l’Ordre de l’Armée, Médaille de la Gendarmerie Nationale, citation à l’ordre de la Gendarmerie Nationale, Médaille commémorative des Opérations de Sécurité et de Maintien de l’Ordre AFN, agrafe Algérie.

Son fils Roger et son épouse ont assisté à la cérémonie de baptême. Le gendarme Charles Soulé avait prénommé son fils Roger en mémoire de son oncle exécuté par les allemands en 1944.

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JF Cortot

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5 Commentaires

  1. Merci pour les vidéos, textes et photos de cette cérémonie émouvante. L’article met en avant le parrain, le major et le récipiendaire mais aussi tous ces futurs gendarmes. Les cadres ont mené leur mission et en ont été félicités.
    L’esprit de groupe était présent. Je l’ai bien ressenti en échangeant avec les uns et les autres. Le partage de ces temps forts renforce le lien Armée-Nation.
    Bon vent à tous.
    E.L., Communication Fondation Maréchal de Lattre, Comité 21.

  2. Soulé

    Bonjour,
    merci pour votre reportage sur cette magnifique et émouvante cérémonie.
    Comme l’avait dit Capitaine GUILLIEN lors de l’hommage rendu à mon père lors de son décès” Nous conserverons pieusement votre souvenir” et les élèves qui dans leur sublime chant au parrain veulent de lui laisser une trace, vous participez à conserver ce souvenir, à laisser cette trace.

    J’ai une demande particulière a vous faire:
    pourriez vous si vous en disposez mettre le chant au parrain entier en ligne ?
    Ce chant à marqué et ému beaucoup de personnes et elles souhaitent pouvoir l’entendre dans son intégralité.

    Roger Soulé
    fils du Gendarme Charles Soulé

    • La rédaction

      Bonjour avec plaisir mais je ne l’ai pas. Pourriez vous me le transmettre svp?
      Merci
      Didier

      • Roger Soulé

        Désolé, je n’ai qu’un enregistrement qui n’est pas de bonne qualité.
        Je viens d’envoyer un message à l’Ecole au cas ou.

        Voici les paroles :

        Chant au Parrain Gendarme Charles Soulé

        Médaillé Mort pour la France
        Ton courage guide tes enfants
        Dans cette guerre dans cette violence

        O chevalier d’honneur,
        Un gendarme sans peur,
        Soulé
        Soulé (uniquement voix féminine)
        Soulé

        Entouré de pierres et de sable
        Dans cet oued sec et sauvage
        Ou l’air est irrespirable
        Les rebelles vous font barrage

        O chevalier d’honneur,
        Un gendarme sans peur,
        Soulé
        Soulé (uniquement voix féminine)
        Soulé

        Bruit des pas et bruit des armes
        Sentinelle jour et nuit
        Et du sang et des cris des larmes
        Là ou court celui qui fut

        O chevalier d’honneur,
        Un gendarme sans peur,
        Soulé
        Soulé (uniquement voix féminine)
        Soulé

        Malgré la douleur et le sang
        Ta volonté à faire face
        Que ce chant nous unissant
        Puisse de toi laisser une trace

        O chevalier d’honneur,
        Un gendarme sans peur,
        Soulé
        Soulé (uniquement voix féminine)
        Soulé

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