mardi 20 octobre 2020
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A Villepinte comme dans 13 autres centres répartis en métropole et outremer, les candidats ont planché jeudi 24 septembre 2020 sur les épreuves écrites du concours de sous-officier de Gendarmerie (SOG). (Photo: LP/L'Essor)
A Villepinte comme dans 13 autres centres répartis en métropole et outremer, les candidats ont planché jeudi 24 septembre 2020 sur les épreuves écrites du concours de sous-officier de Gendarmerie (SOG). (Photo: LP/L'Essor)

“J’ai flippé”, “c’était facile” ou “j’ai brodé”: les réactions des candidats au concours de sous-officier de Gendarmerie

REPORTAGE – Ils sont près de 20.000 candidats à se présenter à l’édition 2020 du concours de sous-officier de Gendarmerie. Nous les avons rencontré pour ces premières épreuves des concours interne et externe dans un des 14 centres de concours.

Villepinte, 13h30 ce jeudi 24 septembre 2020. Sous une pluie battante, les derniers candidats pressent le pas afin de ne pas arriver en retard pour le début des épreuves. Majoritairement issus de la zone de Défense et de sécurité Nord et d’Ile-de-France, ils sont environs 5.000 attendus ici. Dont près de 4.000 pour le concours externe et un peu plus de 1.000 en interne.

Dossier: Tout ce qu’il faut savoir sur les concours de sous-officier de la Gendarmerie de 2020

Tous les âges pour ce concours de sous-officier

Pièce d’identité et convocation en main, ils passent un à un les contrôles de sécurité mis à en place pour accéder à la monumentale salle d’examen. Il y en a pour tous les âges. A côté des candidats aux profils assez jeunes, on aperçoit aussi quelques tempes et barbes grisonnantes. Et même s’il ne semble pas y avoir une parité parfaite, les femmes sont nombreuses.

Une centaine de gendarmes, dont une majorité de réservistes, assurent cette mission. Dans le hall, certains orientent les candidats et s’assurent que tout le monde porte le masque correctement. Du gel hydroalcoolique est distribué par les gendarmes, tandis que d’autres terminent de préparer la salle en distribuant copies et feuilles de brouillon.

14h02, le responsable de l’organisation de l’épreuve annonce la fermeture des portes au micro. Les candidats retardataires entrés in extremis courent pour rejoindre leur place. Une équipe du Sirpa-Gendarmerie – l’organisme de communication de l’Arme– ironisera d’ailleurs sur les réseaux sociaux en filmant l’arrivée du dernier candidat: “Certains passent déjà l’épreuve sportive”.

Un peu plus d’une heure après le début des épreuves du concours de sous-officier, les premiers candidats quittent la salle d’examen, tandis que des proches attendent à la sortie (LP/L’Essor)

Réactions contrastées à la sortie

A l’extérieur, quelques accompagnants attendent sur des bancs. Parents, amis, collègues… certains semblent aussi stressés que les candidats eux-mêmes. D’autres ont préféré attendre dans leur voiture. L’épreuve dure trois heures.

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Au bout de seulement une heure, des premiers candidats sortent. Il s’agit principalement de gendarmes adjoints et de réservistes, ayant choisi le concours interne. Pour eux, l’épreuve d’admissibilité se résume à quatre questions. Toutes portent sur la Gendarmerie et l’exercice des missions. Définition, missions et capacités d’une COB (communauté de brigades) et d’une BTA (brigade territoriale autonome), état de militaire, cadre légal du contrôle d’identité, appel radio… Pour certains l’exercice paraissait simple.

Quentin, gendarme adjoint volontaire dans les Hauts de France apparaît soulagé. Avec un autre candidat en interne, ils sortent le sourire aux lèvres. “C’était relativement facile” déclare-t-il avant de se diriger vers la sortie pour allumer une cigarette. Mine plus contrastée pour Anissa*, affectée en région parisienne. “J’occupe un emploi administratif. Je n’ai presque jamais fait de terrain.”

“Existe-t-il encore des héros?”

Côté concours externe, les postulants ont eu à plancher sur la question “Existe-t-il encore des héros?”. Sujet qui n’a semble-t-il pas trop inspiré un jeune homme qui rejoint ses parents qui l’attendaient. “Cela a été?” lui demandent-ils. “Bof”. Peu loquace, sa mine défaite parle pour lui. Un autre, venu avec un ami, confie, enthousiaste: “J’ai flippé au début, puis finalement, ça a été. J’ai parlé des militaires, des pompiers, des soignants dans leurs missions de tous les jours mais aussi dans la crise du coronavirus. Aussi des gens qui s’interposent lors d’agressions.” Son compère confie, lui, avoir évoqué l’action héroïque d’Arnaud Beltrame. En revanche, comme pour plusieurs autres candidats, le développement des contre-arguments dans sa composition a été plus compliqué.

Les candidats au concours de sous-officier planchaient sous la surveillance attentive des gendarmes. (Photo: LP/L'Essor)
Les candidats au concours de sous-officier planchaient sous la surveillance attentive des gendarmes. (Photo: LP/L’Essor)

Après un peu plus de deux heures d’épreuves, le flux des sortants s’accélère. Plusieurs gendarmes du centre d’information et de recrutement (CIR) de Paris prennent la température du ressenti des candidats et en profitent pour leur délivrer des recommandations d’orientation. Suivant le profil, ils conseillent à certains de postuler pour devenir gendarme adjoint en attendant les résultats du concours et s’assurer ainsi une première expérience en Gendarmerie.

Lire aussi: Un effet “Arnaud Beltrame” sur le recrutement ? (vidéo)

L’un d’eux aborde une candidate tout juste sortie de la salle. Elle a quant à elle choisi le concours externe. “Ca a été”, confie-t-elle. A 27 ans, elle est titulaire d’un Bac+5. “J’espère que vous vous êtes inscrite au concours officier”, lui lance un des gendarmes-recruteurs avec le sourire. C’est effectivement le cas. Ils discutent quelques minutes puis elle repart, confiante.

L’attente des résultats

Alors que certains se hâtent vers le parking (plusieurs heures seront nécessaires à certains pour le quitter en raison de l’affluence et d’un dysfonctionnement des portiques de sortie…), les derniers terminent leur composition. Il faudra attendre le 23 octobre pour la publication des résultats de cette première étape du concours de sous-officier.

Après la phase d’admissibilité, les épreuves d’admission se dérouleront du 09 novembre au 11 décembre pour le concours interne, et du 14 décembre au 12 mars 2021 pour le concours externe. Pour le moment, 3.830 places sont ouvertes (2.720 pour le premier concours “externe” et 1.100 pour le deuxième “interne”).

LP

* A la demande du candidat, le prénom a été modifié.

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