lundi 28 septembre 2020
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Portrait de Jacques Chirac (Crédit photo: Thierry Ehrmann/Flickr).
Portrait de Jacques Chirac (Crédit photo: Thierry Ehrmann/Flickr).

Jacques Chirac raconté par les anciens gendarmes Denis Roux et Michel Roussin

La famille de l’ancien président de la République vient d’annoncer son décès, ce jeudi 26 septembre. Voici ce que disaient d’anciens gendarmes à propos de Jacques Chirac, deux fois président et premier ministre.

Très affaibli depuis quatre ans, Jacques Chirac s’est éteint à son domicile parisien à l’âge de 86 ans. Vingt-quatre ans plus tôt, son arrivée à l’Elysée avait donné des sueurs froides à son service de sécurité, le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), ouvert dès 1995 à la parité entre gendarmes et policiers.

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Le chef de l’Etat, grand amateur de gastronomie, ne veut surtout pas d’entraves à ses bains de foule. Le colonel (ER) Denis Roux, ancien chef du GSPR, relate cet épisode dans son livre Protéger le président“. Un “véritable défi pour le service de sécurité, encore plus à cran après la vague d’attentats de 1995”, note l’ancien gendarme.

Un “fana-mili”

Les hommes du GSPR sont alors huit ou neuf, trois en pointe avant, trois autour du président, trois à l’arrière, pour assurer sa sécurité. “Un dispositif efficace pour laisser entrer brièvement quelques personnes dans la bulle formée autour du président avant de les éloigner ou, en cas d’incident, pour l’évacuer au plus vite, quitte à faire usage de nos armes”, écrit Denis Roux.

Des armes qui passionnent parfois le chef de l’Etat. Le colonel se souvient ainsi d’une anecdote vécue en Guadeloupe. Suite à une panne automobile, Jacques Chirac poursuit son voyage dans le véhicule de sécurité. “Tout heureux de se trouver avec nous, le président, un fana-mili qui n’a jamais oublié son service en Algérie, nous assaille alors de questions sur notre armement”, rapporte-t-il.

Le gendarme du président

Mais c’est un autre gendarme, Michel Roussin, qui côtoiera au plus près Jacques Chirac. Il racontera ce compagnonnage dans un livre, Le gendarme de Chirac. Le commandant militaire de l’Hôtel Matignon est devenu au fil des années un fidèle. Directeur de cabinet du maire de Paris Chirac, il suit l’homme politique dans ces mêmes fonctions à Matignon.

Lire aussi sur L’Essor: Légion d’honneur: l’ancien “gendarme de Chirac”, promu commandeur

Ministre, il sera condamné à quatre ans de prison avec sursis dans l’affaire des marchés publics d’Île-de-France. “Quand vous êtes chef de cabinet puis directeur de cabinet d’un homme qui a pour seul objectif de devenir président de la République et qui doit s’en donner tous les moyens, et que vous devenez une gêne, vous devenez un dommage collatéral”, avait expliqué Michel Roussin à L’Amateur de cigare.

Le mensuel avait alors demandé à l’ancien gendarme s’il en voulait à Jacques Chirac, qui lui avait été épargné judiciairement dans cette affaire. “Non, mais quand vous avez été lâché en rase campagne par quelqu’un dont vous avez été très proche, vous vous posez des questions”, avait répondu Michel Roussin.

GT

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