lundi 17 juin 2019
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Des gendarmes de l'armement (Crédit photo: Gendarmerie de l'armement).
Des gendarmes de l'armement (Crédit photo: Gendarmerie de l'armement).

Les ingénieurs de l’armement espèrent des renforts de gendarmes

Leur nombre est “tout juste suffisant” aujourd’hui. Demain, les effectifs de gendarmes de l’armement risquent d’être “très nettement insuffisants”. Devant les députés de la commission de la défense de l’Assemblée nationale, mardi 27 février, Olivier Robert, le président de l’association professionnelle nationale de militaires France armement a réclamé plus de gendarmes pour la protection des sites de la Direction générale de l’armement (DGA), une information repérée par le blog Le Mamouth.

“Leur effectif à l’heure actuelle est tout juste suffisant pour assurer la protection des sites, très nettement insuffisant pour prendre en charge l’augmentation d’activité et la réactivation de certains sites pour les programmes prévus dans la loi de programmation militaire”, souligne Olivier Robert.

Pourquoi France armement, qui rassemble notamment des ingénieurs de l’armement et des ingénieurs des études et techniques de l’armement, demande des renforts? La nouvelle loi de programmation militaire 2019-2025, en cours d’examen au parlement, consacre le grand retour des crédits rue de Brienne. Le budget consacré aux études et à l’innovation va ainsi passer de 730 millions d’euros en 2018 à un milliard en 2022, tandis que 1,8 milliard d’euros seront consacrés, en moyenne, sur les six années à venir pour la préparation de programmes d’armement futurs, tels que l’avion de combat, le char ou le porte-avions du futur.

Des besoins estimés à une dizaine de gendarmes

Autant de chantiers sur lesquels les ingénieurs militaires de la direction générale de l’armement seront mobilisés. “Avec cette loi, des centres d’essais vont monter en puissance, d’autres, en sommeil, vont être réactivés”, explique à L’Essor Olivier Robert, soit autant de sites supplémentaires à sécuriser, une tâche qui incombe à la Gendarmerie de l’armement. Or, pour le président de France Armement, cette formation spécialisée n’a aujourd’hui pas de marge : autrement dit, avec une hausse de l’activité, “le dispositif ne tient plus”.

Olivier Robert estime les besoins à une dizaine de gendarmes. Des renforts qui semblent à la portée de la DGA auxquelles elle est placée pour emploi, mais qui nécessiteront peut-être un arbitrage avec d’autres catégories de personnels. La Gendarmerie de l’armement a le vent en poupe: depuis deux ans, ses effectifs ont cru d’une trentaine de personnels.

“Cette augmentation en personnel devrait se poursuivre en fonction des charges nouvelles que ses autorités d’emploi jugeront utiles de lui confier”, observe cette gendarmerie spécialisée, contactée par L’Essor, qui compte aujourd’hui 318 militaires dans ses rangs.

Une montée en puissance qui devra s’accorder avec les exigences de formation et de sélection de cette gendarmerie atypique. Forte de treize unités – dont une section de recherches, un groupe de protection, deux compagnies et un état-major -, cette gendarmerie spécialisée est chargée du contrôle d’accès et de la protection des sites de la DGA, d’un site du service de santé des Armées depuis août 2017 et du site de recherche de Saint Louis.

Imaginée après Mai 68, il y a cinquante ans, quand la nécessité de sécuriser les lieux de la recherche militaire est apparue au grand jour, la Gendarmerie de l’armement a été formellement crée en 1973. Douze ans plus tard, après l’assassinat de l’ingénieur général de l’armement René Audran par le groupe terroriste Action directe, cette unité est chargée de la protection les hautes autorités de la DGA et ses membres sont formés par le GIGN.

On lui confie également d’autres missions sensibles, qui mêlent renseignement et action judiciaire, de l’application des règlements en matière de secret de la défense, la sécurisation du transport de plis classés au convoyage de matériels sensibles. Ces gendarmes très discrets ne se dévoilent que rarement au grand public, le temps de l’ouverture des salons de la défense, tels que ceux du Bourget, d’Eurosatory et d’Euronaval, où ils poursuivent leur mission de sécurisation…

Gabriel Thierry

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