mercredi 17 juillet 2019
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Photo d'illustration (S.D/L'Essor).

Info L’Essor : la Gendarmerie recrute des gradés des armées pour servir dans des brigades en “déficit d’attractivité”

C’est une (petite) révolution. Jusqu’à présent les sous-officiers des trois armées, qui rejoignaient l’Arme, perdaient leur grade en devenant élève gendarme à l’école mais conservaient néanmoins leur ancienneté.

Un nouveau dispositif inédit pour les sous-officiers, lancé en ce début d’année 2019, va permettre à une quinzaine de  gradés des armées du grade de sergent-chef/maréchal des logis-chef et adjudant (maître et premier-maître dans la Marine) d’intégrer la Gendarmerie en conservant leur grade et leur ancienneté. (*) Il s’agit de “L’école des gradés“.

Mais cette admission dans l’Arme après une formation se fera à une condition principale :  une durée de service minimum dans une unité en “déficit d’attractivité”, un doux euphémisme pour désigner d’une manière policée “une brigade où personne ne veut aller”. En clair, le gradé de Gendarmerie frais émoulu de l’école devra s”engager à servir dans une unité  peu ou pas demandée et où il manque un gradé. En effet, la direction de la Gendarmerie a élaboré ce dispositif à partir d’un triple constat.

Des unités en déficit d’attractivité

D’abord, certaines unités souffrent d’un “déficit d’attractivité”. “Les évolutions sociétales amènent les jeunes générations de gendarmes à ne plus être autant prêts à accepter des contraintes susceptibles d’impacter leur vie de famille uniquement pour leur avancement” explique-t-on à la direction. Elle souligne également que “tous les autres dispositifs aujourd’hui existants peuvent parfois s’avérer encore insuffisants”.

La direction de la Gendarmerie a identifié plusieurs unités comme étant “en déficit durable d’attractivité” après plusieurs appels nationaux à volontaires restés vains. “La question de leur encadrement est même devenu un sujet de préoccupation permanent du commandement” ajoute-t-on à la direction. D’où l’idée d’aller chercher hors de l’Arme “une ressource compétente et crédible qui sera intéressée par ce que peut offrir la Gendarmerie moyennant une durée de service minimum dans une unité en déficit d’attractivité”.

L’école des Gradés, mode d’emploi

Les sous-officiers des forces armées peuvent donc être admis à servir dans le corps des sous-officiers de Gendarmerie uniquement à leur demande et “après un processus de sélection rigoureux qui doit permettre, dans la majorité des cas, de se prémunir contre les échecs en école” précise la DGGN. Le dernier mot reviendra à une commission devant lequel passera le candidat.

A la fin du processus, et s’il est retenu, le sous-officier reçoit un arrêté d’intégration en Gendarmerie. Il est alors intégré avec son grade et son ancienneté de grade d’origine, selon le cas comme sous-officier de carrière ou sous un nouvel engagement contractuel. Dans cette dernière hypothèse, il pourra être admis, à sa demande, au statut de sous-officier de carrière dès qu’il en remplit les conditions.

Formation à Dijon

Pour ce lancement, ils et elles seront entre 15 et 20 à suivre une formation complète d’un an avant leur affectation à l’été 2020. C’est l’école de Dijon qui regroupe à la fois le Centre National de Formation à la Sécurité Publique  (CNFSP) et depuis peu le Centre National de Formation au Commandement (CNFC) qui va accueillir ces futurs gendarmes.

Lire aussi sur L’Essor Info L’Essor: l’école de Dijon monte en puissance et accueille la formation au commandement

Nous avons interrogé un gradé adjudant-chef en gendarmerie départementale qui accueille plutôt favorablement ce projet. “Avec une vingtaine de militaires des autres armées cela reste donc à la marge et ces militaires seront recrutés pour occuper des postes vacants bien pointés dans des unités où personne ne veut aller“, estime cet adjudant-chef.

Pour lui, “ces militaires des autres armées ont été chefs de groupe, ou adjoints aux chefs de section, et certains d’entre eux ont connu l’épreuve du feu en opération extérieure et il ne s’agit donc pas de zinguer des militaires sans aucune expérience” .De plus, d’après ce que l’on sait, ils seront “bleuis” et auront la même formation d’officier de police judiciaire que les autres et apprendront les rudiments de la gestion administrative”, poursuit le gradé qui pense que de  “toute évidence, une fois en unité ils seront soutenus par les commandants de brigade ou de communautés de brigades”.

Tout s’apprend” dit encore cet adjoint un commandant d’unité qui glisse “qu’il est évident pour lui que le fait de remettre un minimum de militarité dans certaines unités ne peut pas faire de mal”. Enfin,  lance t-il, “ces anciens militaires sont également habitués aux périodes d’OPEX ou d’opérations intérieures comme Sentinelle loin des familles, ils acceptent donc les contraintes et sont très disponibles, qualités qui manquent un peu aux plus jeunes de nos camarades”.

Didier Chalumeau.

Les officiers issus des armées peuvent rejoindre la Gendarmerie au grade de capitaine sur concours.

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Photo d’illustration DC/L'Essor

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Pour les gendarmes, les régions les plus attractives sont la Nouvelle-Aquitaine, la Bretagne, les Pays de Loire, l’Occitanie, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

3 Commentaires

  1. Balard

    J’aurais bien envie, mais ma “confiance” et ma “conscience” me conseillent de me taire, ayant été “censuré” pendant un temps, actuellement révolu! Du moins, je le pense!

  2. Merci,pour les militaires,l après les opex et Sentinelle ils vont remplacer
    des gendarmes qui ne veulent pas servir dans des trous perdus ,il me semble que les gendarmes ont un statut militaire???????? et de plus ça manque de militaritè un comble.Pourtant la devise de la gendarmerie c’est SERVIR? C’est quand même une sacré remise en question pour le commandement.Bonne chance aux petits nouveaux

  3. Victor Almeida

    Les militaires des armées sont des hommes et femmes compétents dans leur domaine, et ont une expérience avérée de l’encadrement et du commandement. Leur compétence est unanimement reconnues par tous, et ils sont sont honneur à la France partout ou ils sont engagés dans le monde. Mais le problème n’est pas là.

    Le problème est de mon point de vue qu’a l’heure ou la “militarisé du gendarme” doit être plus que jamais affirmée face notamment à des syndicats de police qui les verraient bien changer de statut.
    Pour rappel, la LOI n° 2005-270 du 24 mars 2005 statut général des militaires Article 7 : Les militaires peuvent être appelés à servir en tout temps et en tout lieu../…
    Certes je ne doute pas que nombre de militaires de la gendarmerie des régions concernées dites « deséritées » soient très prompts à demander à servir au GOPEX, voire partir en OPEX, pour servir dans des EM de l’OTAN ou de l’ONU, ou encore dans des FOB ou autre COP au milieu de nulle part, mais ne sont pas prêts a être affectés dans des “déserts” des campagnes en France. Les générations se suivent mais ne se ressemblent pas.

    Alors plutôt que de faire appel a des militaires des armées pourquoi ne rendrait-on pas ses régions plus attractives?
    faire appel a des volontaires qui passeraient plus facilement au grade supérieur – sous réserves des compétences requises. et surtout l’instauration d’une prime d’affectation conséquente qui permettrait de rendre ces affectations beaucoup plus attractives.

    Par voie de presse nous apprenons qu’il Il semblerait qu’une mesure concernant 61 généraux leur permettrait, selon leur fonction de toucher une prime de allant 43.000 euros à 50.000 euros par an avec des parts variables de 23.000 à 43.000 euros.

    Personne ne démérite à son niveau de responsabilité. Cependant, s’agissant de l’argent du contribualble; si des textes peuvent être écrits pour l’instauration de primes pour les généraux, les mêmes rédacteurs peuvent en faire de même pour les sous-officiers.

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