dimanche 20 septembre 2020
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L'incendie du garage du groupement de gendarmerie de Grenoble en septembre 2017 (Photo/Gendarmerie nationale).

Gendarmerie de Grenoble : l’incendie revendiqué par un site anarcho-libertaire

Version actualisée 

Un violent incendie d’origine criminelle a ravagé dans la nuit de mercredi à jeudi le garage de la caserne “Gendarme Offner” à Grenoble, détruisant les véhicules qui y étaient stationnés.

Une trentaine de véhicules, des minibus appartenant à l’escadron 24/5 de Gendarmerie mobile, des véhicules banalisés de la section de recherches et des véhicules sérigraphiés du groupement ont été détruits a précisé à l’Essor le lieutenant – colonel Lino Iannetta, adjoint au commandant du groupement. Ce dernier a réagi en annonçant un renforcement des mesures de sécurité et nous a précisé qu’un deuxième plan de déploiement de vidéo surveillance était en cours pour l’ensemble de cette caserne implantée en centre-ville.

(Photo/Gendarmerie nationale).

Le grillage de l’enceinte extérieure de la caserne Offner a été découpé à une hauteur d’environ 1,30 mètre à l’arrière de la caserne et les enquêteurs ont découvert des départs de feu à deux endroits différents.

L’incendie, survenu dans un entrepôt “totalement isolé du cœur névralgique” de la gendarmerie, s’est déclaré vers 3H30. Il a mobilisé “près de 70 pompiers” et a été “maîtrisé vers 6H15“, a précisé de son côté la préfecture. “Des riverains ont appelé le centre opérationnel de la gendarmerie, mais les sapeurs-pompiers avaient déjà été appelés et ont déployé d’énormes moyens et étaient encore présents en début d’après-midi ce jeudi” nous a encore précisé le lieutenant-colonel Iannetta.

(Photo/Gendarmerie nationale).

Aucun logement n’a été touché, mais le garage est complètement détruit. “La continuité du service public assuré par la gendarmerie nationale est assurée et l’impact opérationnel du sinistre est nul“, assure la préfecture dans un communiqué.

 

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, “consterné et indigné“, a exprimé son “total soutien aux militaires” après cet “acte particulièrement grave“.

(Photo/Gendarmerie nationale).

 

 

Le ministre a assuré que “toutes les dispositions étaient prises pour que les véhicules et le matériel soit remplacés sans délai” et “que les unités touchées par ces destructions soient en mesure de remplir leur mission“.

Un gendarme a été légèrement intoxiqué en tentant d’intervenir mais son état n’inspirait pas d’inquiétude. Il a été placé sous surveillance au CHU de Grenoble.

Le parquet de Grenoble est saisi de l’enquête judiciaire. Elle a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Grenoble, qui a ses locaux dans la caserne où s’est déroulé l’incendie.

Ce sinistre intervient 48 heures après un autre fait similaire, certainement d’origine volontaire, qui a détruit cinq véhicules du groupement de gendarmerie de la Haute-Vienne, au cours de la nuit de lundi à mardi, dans l’enceinte de la caserne Jourdan à Limoges.

 

Le procès des huit personnes accusées d’avoir commis cette attaque est actuellement en cours à Paris.

L’incendie revendiqué sur un site anarcho-libertaire Grenoble

L’incendie a été revendiqué jeudi sur un site anarcho-libertaire, déjà utilisé pour des faits similaires perpétrés à Limoges il y a deux jours.

Le texte posté à la mi-journée sur indymedia.org affirme que “cet acte s’inscrit dans une vague d’attaques de solidarité avec les personnes qui passent en procès ces jours-ci“.

Huit prévenus comparaissent depuis mardi et jusqu’à vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour l’attaque et l’incendie d’une voiture de police en mai 2016 à Paris lors des manifestations violentes contre la loi Travail.

Quel que soit l’issue du procès, on continuera à s’en prendre à la police et à la justice. Notre hostilité est un feu qui se propage“, assure le texte de ces “nocturnes” qui affirment avoir “incendié 6 fourgons d’intervention et deux camions logistique“, un sinistre qui a ravagé “le garage et l’entrepôt sur plus de 1.500 m2” sur la caserne grenobloise.

Un communiqué de revendication, parlant explicitement de la caserne Jourdan, avait été publié dès mardi sur le site indymedia.org, signé de la “RAGE” pour “Révolte anarchiste des Gendarmes exilés“. La mouvance anarcho-libertaire, aussi qualifiée parfois d’ultragauche radicale, a été très active l’an dernier lors des manifestations contre la loi travail, durant lesquelles un véhicule de police avait été attaqué et incendié en mai 2016 à Paris, des images spectaculaires qui avaient fait le tour du monde.

A Limoges, ce sont 5 véhicules du groupement de gendarmerie de Haute-Vienne qui ont été détruits dans la nuit de lundi à mardi. Le texte de revendication avait été posté en ligne aussi le lendemain.

Dans les deux affaires, des enquêtes sous l’égide des parquets ont été ouvertes, confiées aux sections de recherche de gendarmerie.

La mouvance dite aussi de gauche radicale avait été très active contre la loi Travail et maintenant contre le projet d’ordonnances réformant le Code du travail. Elle s’inscrit aussi dans d’autres luttes comme celle contre le site d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse).

D.C et S.D avec AFP

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7 Commentaires

  1. Si de la prison ferme de plusieurs années n’est pas requise contre ces criminels par la justice, cela continuera! C’est écoeurant et c’est criminel!

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