L'Essor

Il notifiait des taux d’alcoolémie plus élevés que la réalité: l’ancien gendarme condamné par le tribunal de Chartres

L'ancien gendarme verbalisait à tort des automobilistes en leur notifiant des taux d'alcoolémie fantaisistes (Photo d'illustration: Pixabay).

L'ancien gendarme verbalisait à tort des automobilistes en leur notifiant des taux d'alcoolémie fantaisistes (Photo d'illustration: Pixabay).

Jeudi 15 avril, le tribunal judiciaire de Chartres (Eure-et-Loir) a condamné un gendarme de 52 ans, aujourd’hui à la retraite, pour faux et usage de faux en écriture publique.

Afin d’obtenir l’avancement auquel il estimait avoir droit, le militaire a verbalisé certains automobilistes en notifiant des taux d’alcoolémie plus élevés que la réalité rapporte L’Echo Républicain.  

Une dizaine d’automobilistes verbalisés à tort pour des taux d’alcoolémie fantaisistes

Ce maréchal des logis-chef aux états de service jusqu’alors irréprochables, a dérapé au cours de l’été 2020. Ce sont ses collègues qui ont découvert la supercherie fin septembre. Le gendarme venait de verbaliser un usager de la route qui conduisait selon ses dires avec un taux d’alcoolémie de 0,46 mg par litre d’air expiré. Un délit passible d’une convocation devant la justice. Mais en regardant le cadran de l’éthylomètre, ses collègues ont constaté que celui-ci n’affichait qu’un taux de 0,13 mg, largement inférieur à la limite autorisée. Ils ont alors alerté leur hiérarchie.

Une enquête sur les agissements du gendarme a été diligentée dans la foulée, confiée à la brigade de recherches de Dreux. Il s’avèrera que le gendarme a ainsi verbalisé à tort une dizaine d’automobilistes.

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A la barre de la chambre correctionnelle, les langues se délient. Tel retraité de 78 ans, qui n’a jamais eu affaire à la justice, s’est ainsi vu suspendre son permis pour un taux d’alcoolémie de 0,47 mg. Le taux enregistré sur l’éthylomètre affichait en fait 0,09 mg par litre d’air expiré…

Pour le procureur, il a trahi la confiance de l’institution, des citoyens et de la justice.

Pour sa défense, le gendarme évoque les injustices dont il aurait été victime de la part de ses supérieurs et le comportement des automobilistes, de plus en plus irrespectueux de l’uniforme. Des arguments irrecevables pour les avocats des parties civiles et le procureur de la République, Rémi Coutin. Lequel estime que l’ancien gendarme, qui a fait valoir ses droits à la retraite le 1er novembre 2020, a trahi la confiance de l’institution, des citoyens et de la justice. Il réclame trois ans de prison, dont un an ferme.

Le tribunal suivra les réquisitions. L’ancien gendarme, près de 30 ans de service, effectuera sa peine sous la forme d’une détention à domicile avec bracelet électronique. Toutes les procédures ouvertes contre les victimes seront annulées. Et leurs points sur le permis de conduire, restitués.