vendredi 19 avril 2019
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Essor défenseur des droits maintien de l'ordre
Le défenseur des droits a été saisi sur le maintien de l'ordre ( Photo illustration M.G)

Graves incidents samedi à Paris : les gendarmes réagissent et proposent !

C’est le Premier ministre qui le dit. Le dispositif de maintien de l’ordre déployé lors de l’acte XVIII des Gilets jaunes a “mis en évidence des insuffisances”, a t-il reconnu ce dimanche à l’issue d’une réunion consacrée aux dégradations commises la veille sur les Champs-Élysées.

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Lundi en fin d’après-midi, il a énuméré lors d’un point de presse, plusieurs mesures dont le limogeage – dans l’air depuis l’affaire Benalla- du préfet de police Michel Delpuech et son remplacement par le préfet de Nouvelle-Aquitaine Didier Lallement. Le chef du gouvernement  a par ailleurs dénoncé  “des consignes inappropriées” dans l’usage des lanceurs de balles de défense (LBD) samedi à Paris.

Les mesures annoncées par le Premier ministre 

Les manifestations de “gilets jaunes” seront interdites dans plusieurs quartiers de France, dont les Champs-Elysées saccagés samedi, si des “éléments ultras” sont présents.

Nous interdirons les manifestations se revendiquant des Gilets jaunes dans les quartiers qui ont été les plus touchés dès lors que nous aurons connaissance de la présence d’éléments ultras et de leur volonté de casser. Je pense bien évidemment aux Champs-Élysées à Paris, à la place Pey-Berland à Bordeaux, à la place du Capitole à Toulouse  où nous procéderons à la  dispersion immédiate de tous les attroupements”, a-t-il détaillé.

Le locataire de Matignon a aussi annoncé l’augmentation “très nette” du montant de la contravention pour participation à une manifestation interdite. Actuellement de 38 euros, l’amende passera à 135 euros.

Autre décision , il demande à ce que les “éventuels appels à la violence émanant de personnalités du mouvement soient systématiquement signalées à la justice par le ministère de l’Intérieur”.

Par ailleurs, les commissions des Lois et des Affaires économiques du Sénat ont décidé d’auditionner les ministres de l’Intérieur et de l’Économie ce mardi par pour s’expliquer sur ces violences “d’une réelle gravité”.

Les parlementaires interrogeront les deux ministres notamment “sur les moyens mis en place pour faire face à ces troubles et sur les conséquences de ces nouvelles dégradations sur la situation du commerce et l’attractivité économique de notre pays”.

Vendredi, à Saint-Astier à l’occasion des 50 ans du centre de maintien de l’ordre des gendarmes, Christophe Castaner avait annoncé un nouveau schéma de maintien de l’ordre.

Lire aussi sur L’EssorA l’occasion des 50 ans de Saint-Astier, le ministre annonce un nouveau schéma national de maintien de l’ordre

Selon les informations de L’Essor,  la “doctrine du maintien de l’ordre (suprématie de l’autorité civile, riposte graduée, maintien à distance, uniquement du ressort des unités spécialisées) ne va pas changer. Ce qui peut changer, ce sont les modes d’action en fonction des lieux. Un collège d’experts réunira responsables de la Police et de la Gendarmerie, hauts fonctionnaires, comme des préfets et chercheurs-sociologues qui connaissent le sujet“.

A la suite des ces incidents qui ont vu des casseurs détruire des magasins mais aussi s’attaquer à des gendarmes mobiles en tentant même d’incendier un véhicule Irisbus, L’Essor a sollicité des réactions de gendarmes ou anciens gendarmes.

Général (2S) Bertrand Cavallier, expert du maintien et du rétablissement de l’ordre

Bertrand Cavallier (Photo MG/L’Essor)

Bertrand Cavallier, ex-commandant du Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) de Saint Astier et spécialiste reconnu du maintien de l’ordre, propose deux pistes :

1 : “Il faut absolument une montée en puissance de l’Etat pour lutter contre les groupes ultra-violents à base d’anticipation, de renseignements et de judiciarisation. Il faudrait pouvoir qualifier ces violences “de violences en bande organisée.

2/ “Il faut réformer la Préfecture de police de Paris (PP) qui est hyper centralisée et trop figée. Donner plus de latitude aux échelons intermédiaires de la PP qui sont court-circuités. Les CRS et les EGM le demandent depuis 30 ans

Henri Leroy, sénateur (LR-Alpes-Maritimes)  ancien officier de Gendarmerie

Henri Leroy
Le sénateur Henri Leroy (Crédit photo: GT/ L’Essor)

Le sénateur Henri Leroy, sera l’un des membres de la commission des lois qui vont auditionner ce mardi 19 mars Christophe Castaner. Il va lui demander “si la configuration des forces mobiles samedi répondait à la situation”. Mais pour lui, la réponse est non. “Le feu sur les Champs-Elysées, on n’avait jamais vu ça, il faut passer en mode guérilla urbaine tel qu’on l’enseigne à Saint-Astier depuis sa création après Mai 68 et prendre des mesures radicales car il y a un danger irrationnel. Si on laisse dégénérer cette guérilla urbaine, on va droit vers une guerre civile, et nous avons un exécutif incapable de maintenir l’ordre, c’est un appel d”air pour tous les casseurs d’Europe”, assène le parlementaire, co-rédacteur de la loi anti casseurs. A ce sujet, “il regrette que le président de la République ait saisi le conseil constitutionnel pour cette loi qui, si elle avait été en vigueur samedi, aurait limité la casse“. C’est un très mauvais message aux forces de l’ordre” estime t-il.

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19 juillet 2017 : séance de questions au Gouvernement, M. Jean-Louis Masson (Photo DR).

Jean-Louis Masson, député (LR-Var), ancien officier de Gendarmerie

Pour l’ancien officier de Gendarmerie qui siège au Palais-Bourbon, “la solution est politique“. Il se plaît à citer une phrase écrite sur un mur qui l’avait marqué lors d’une mission comme mobile en Nouvelle-Calédonie : “Vous pouvez arrêter les insurgés, vous n’arrêterez pas l’insurrection”.  “Choqué” par les violences sur les Champs-Elysées, il n’ a pas de souvenir d’une telle situation depuis des décennies”. “J’ai été commandant d’escadron, commandant de groupement opérationnel . Une  fois, j’ai eu 14 escadrons et 6 CRS sous mes ordres, les forces de l’ordre sont capables de faire face, car elles savent faire”,  lance le parlementaire qui “s’interroge sur les instructions, visiblement pas claires”.  “A l’instar du Sénat, je souhaite que l’Assemblée nationale  auditionne le ministre de l’Intérieur et qu’il n’y aura pas d’obstruction comme dans l’affaire Benalla car les parlementaires sont chargés du contrôle de l’exécutif, il en va de la démocratie”.

Ancien membre du GIGN, le chef d'escadron (ER) Daniel Cerdan confie ses années passées au sein de l'unité d'élite (Crédit photo: MG/ L'Essor)
Ancien membre du GIGN, le chef d’escadron (ER) Daniel Cerdan confie ses années passées au sein de l’unité d’élite (Crédit photo: MG/ L’Essor)

Daniel Cerdan, président de l’UNPRG Paris 

Pour le maintien de l’ordre, la balle est dans le camp du gouvernement, Paris est indéfendable avec le peu de forces de l’ordre en sachant qu’il y a toujours 3/4 de gendarmes pour 1/4 de policiers”, analyse au nom de l’UNPRG, cet ancien du GIGN qui a aussi servi dans la Garde Républicaine.  “Oui, les gendarmes morflent, mais ils tiennent le coup car ils se reconditionnent la semaine pour être prêts le samedi“, explique Daniel Cerdan. Il loue ” le professionnalisme des gendarmes” et ne digère pas l’attitude “des syndicats de police qui sont toujours en train de se plaindre et qui nous critiquent en réclamant les mêmes avantages que nous, mais sans les inconvénients“.

 

Gendarme Ludovic Lacipière, vice-président Gendarmerie mobile de l’APNM Gendarmes & Citoyens.

Ludovic Lapicière (Photo Gendarmes & Citoyens)

Présent samedi avec son escadron de Hyères (22/6), le gendarme Ludovic Lacipière, vice-président de l’APNM Gendarmes & Citoyens,  a vécu de très près les événements et peut parler, en connaissance de cause, de l’état d’esprit des “Moblos” après cet acte XVIII.

Nous nous demandons surtout quand ça va s’arrêter, non pas parce que nous sommes fatigués, mais parce que nous sommes entrés dans une routine en sachant que chaque samedi, on va encore avoir en face de nous des gens qui veulent nous affronter”, témoigne ce gendarme. Il se fait l’interprète de ses camarades pour “obtenir plus de droits dans l’exercice de leur mission, plus de sanctions pour les agresseurs de gendarmes et les casseurs et surtout être moins mis en cause par certains hommes politiques, la justice et les médias”. “Dès qu’on utilise un LBD, nous sommes mis en cause, il y a beaucoup de désinformation sur les réseaux sociaux afin de nous prendre en défaut, des vidéos qui sont des manipulations,  c’est lassant à la fin”,  lâche ce mobile qui regrette “le manque de soutien de la population”.  Quant aux consignes pour réduite l’usage du LBD, dénoncées par les syndicats de police, il est formel : “Aucune consigne chez les gendarmes de la part de notre hiérarchie”.

Propos recueillis par D.C et PMG 

 

 

 

 

 

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6 Commentaires

  1. Usseglio m

    Que fond nos politiques pour faire respecter la république car il casse ils vol et pas un seul se retrouve devant la justice alors que si un gendarme ou un policier utilise sont arme de service il se retrouve mis en examen par la justice mais le pire ses de voir des politiciens comme Mélenchon et toute sa cliques se permettre de bousculer des policiers et un juge et même pas une amende alors que sais personne pousse les manifestants a la haine des représentants de loi juste pour faire oublié qu ils sont des voleurs des profiteurs

  2. Pierre

    Grand respect pour ces officiers et particulièrement Cerdan, soutien aux Moblo qui ont pour 99% un comportement et professionnalisme exemplaire lors des samedis jaune.

    Par contre rappel sur la liberté d’expression et contre la répression que la France adjecte à l’étranger et tolére pour elle même.

  3. Carol philippe

    Bonjour ,
    Je sais bien que nous sommes en démocratie et que la police ou la gendarmerie n’ont pas à cogner sur le peuple, mais les casseurs, les blacks Blocks, l’ultra droite et autres groupuscule que viennent pour casser, eux ne sont pas “le peuple ” ni même représentatif. Donc avec ces gens là, c’est délinquants, fermeté, réplique, immobilisations, répression totale. Ils sont partisans de l’ordre par le chaos pour la plupart. Les idées des gilets jaunes ne sont plus les mêmes qu’au départ du mouvement, elles évoluent sans arrêt au grès de la situation. Donc ça ne finira jamais, sa finira par un usage nécessaire de la force musclé, à savoir des dégâts des deux côtés. Aux forces de l’ordre de le gérer au mieux, même à employer les grands moyens.
    Cordialement, Paramicalement Philippe C.

  4. Retraite

    Je pense qu’il faut également revoir les implantations des unités de forces mobiles en faisant des regroupements de façon à réduire les soutiens et ainsi à récupérer des effectifs pour les mettre sur le terrain. De ce sujet personne n’en parle. Dans le passé, certains escadrons ont été implantés, sur influences politiques, dans le but d’augmenter localement la population et ainsi de faire vivre le commerce local. Ainsi, on peut trouver, dans certains départements ruraux, où il ne se passe rien, trois unités de forces mobiles implantées sur trois sites différents qu’il faut garder, entretenir, gérer….d’où un gaspillage en personnels invraisemblable.

  5. Un retraité inquiet

    Tous les gendarmes mobiles savent que la PP constitue un Etat dans l’Etat. 37 ans de mobile, ancien
    commandant d’escadron durant 5 ans recrutement au dixième, j’ai été confronté maintes fois à des lourdeurs d’emploi sur le pavé parisien. Jeunes TI totalement inexpérimentés au MO, salle de commandement avec des indicatifs bien connus de la gendarmerie mobile en dehors de la réalité du terrain, le maintien de l’ordre n’obéit pas ou peu à des concepts dépassés, et ne sont pas voués à des refontes permanentes en fonction de telles ou telles situations. Non, le MO obéit d’abord et avant tout à une volonté politique. La GM prouve et a prouvé sa compétence en métropole, Corse, OM, ou en OPEX. J’ai eu l’immense honneur de servir sous les ordres des Généraux Cavalier et Danède. Ces grands chefs du maintien de l’ordre doivent être malheureux de voir les EGM en grosses difficultés dans cette crise qui dure depuis 4 mois. A mon modeste niveau de compétence, je relève des incohérences dans les schémas tactiques employés ! Comment peut-on envoyer une unité “descendre” les Champs et traverser une horde sauvage de manifestants et les voir ouvrir des portes des Irisbus au risque de voir les personnels être sortis de force de ces véhicules ! Lamentable !! Où sont les schémas tactiques utilisés à St Astier qui ont fait leurs preuves depuis des décennies ? Nos hommes politiques ont peur de prendre leur responsabilité. Ils nous ont désarmé en nous retirant les OF 37 (munitions qui auraient été bien utiles sur les Champs samedi), nous épuisons le stock des GLI, etc. Il va rester quoi à nos gendarmes mobiles pour faire fasse à des maintiens de l’ordre très dégradés ? Quand j’ai quitté le service actif par le biais d’un commandement d’un escadron, 3 personnels par peloton portés un FAMAS en position alpine. Il ne me semble pas/plus que cette arme soit toujours “sur le terrain”. Nous avons abaissé l’effectif des unités engagées, où il “normal” d’engager une unité à…pelotons, voire à constituer un escadron avec des pelotons d’unités différentes. Mais où se trouve la cohésion ? Mais où se trouve cet effet de masse ? Nos grands grands chefs se sont mis à copier le mode opératoire des CRS. Grave grave erreur !!!! J’affiche beaucoup de peine et de solidarité envers mes camarades de la jaune.

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