mercredi 24 avril 2019
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Gendarmes mobiles- illustration (Ph:M.GUYOT/ESSOR)
Gendarmes mobiles- illustration (Ph:M.GUYOT/ESSOR)

Gilets jaunes : l’inquiétude des proches des gendarmes mobiles

Un maintien de l’ordre classique mais compliqué par son intensité. Les gendarmes mobiles commencent à faire leur bilan des manifestations de Gilets jaunes des dernières semaines. “Le maintien de l’ordre n’est pas difficile à gérer, c’est un travail que nous avons malheureusement l’habitude de faire”, explique à L’Essor Joseph (*), un gendarme mobile basé dans le sud de la France. “Par contre, ce qui est compliqué, c’est la multitude de sites impactés en même temps”, ajoute-t-il.

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L’unité de Joseph, un militaire d’une trentaine d’années adhérent de l’association professionnelle Gendarmes et citoyens, n’est pas engagée dans cette crise depuis le début des manifestations, le samedi 17 novembre. Elle le devient à partir du début de la semaine du 3 décembre, au lendemain d’un week-end de violences, notamment sur les Champs-Elysées à Paris. Samedi, le 8 décembre, les gendarmes mobiles de son escadron étaient cette fois-ci au rendez-vous à Marseille de l’acte IV des Gilets jaunes.

Beaucoup de gendarmes mobiles sont partis moins sereins que d’habitude, remarque Joseph. Comme tout un chacun, nous avons pu lire sur les réseaux sociaux des appels à casser voire même à tuer du policier ou du gendarme. Nos proches ont vu ce qu’il s’était passé à Narbonne, où des gendarmes ont dû reculer. Et ils savent que si les forces de l’ordre étaient très nombreuses sur Paris, elles seraient moins fournies en province.”

“Nos maris sont fatigués”

Une inquiétude partagée par Nadine (*), l’épouse d’un gendarme mobile francilien. “Cela fait trois semaines que nous vivons dans la crainte de ce qu’il va se passer sur le terrain : nos maris sont fatigués, toujours rappelés”, raconte-t-elle à L’Essor. Cette trentenaire se désole des violences et de la “haine anti-flic” qui traverse certaines manifestations. Mais elle partage également les revendications des Gilets jaunes. “Nous en avons marre, nous aussi, ajoute-t-elle, de se faire entuber.

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Ce samedi, l’agenda de l’unité de Joseph était chargé. A Marseille, où l’escadron était mobilisé, les gendarmes avaient plusieurs manifestations à encadrer. Des Gilets jaunes, dans la matinée, une marche pour l’écologie et, dans l’après-midi, un cortège pour protester contre les violences policières étaient ainsi prévus. Sans compter l’insolite parade d’un syndicat des poussettes enragées… “Au départ, c’était du maintien de l’ordre, puis c’est devenu au fur et à mesure de la journée du rétablissement de l’ordre”, observe Joseph. Après une courte nuit, son unité sera engagée à nouveau dans la journée de dimanche. En repos, le gendarme attend désormais avec attention l’allocution présidentielle, prévue ce lundi 10 décembre. Et ses conséquences sur l’évolution d’un mouvement social inédit et explosif.

Gabriel Thierry.

(*) Pour protéger l’anonymat des personnes interviewées, les prénoms ont été changés.

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2 Commentaires

  1. pmo

    Guerre d’Algérie chaque EGM faisait 6 mois en Algérie par an et cela a duré de 56 à 61.
    Année 70, des services de combien d’heures ?
    Et ces anciens là ils ont survécus ?
    Si ça dure 2 ou 3 mois c’est quand même digérable non ?

    • Naoned 46

      Je partage tout à fait votre avis comme ancien moblot
      Sinon il faut changer de métier et intégrer la poste
      Les anciens et les petits gars du Mali doivent en rire ou en pleurer

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