dimanche 18 août 2019
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Photo d'illustration (S.D/L'Essor).
Photo d'illustration (S.D/L'Essor).

Les gilets jaunes, une manifestation sous l’œil des gendarmes

Capture d'écran de la pétition contre le prix des carburants.
Capture d’écran de la pétition contre le prix des carburants.

Combien seront-ils ce samedi 17 novembre ? Pour protester contre la hausse du prix des carburants, les “gilets jaunes” appellent à bloquer les axes routiers du pays ce week-end. La pétition à l’origine de ce mouvement atypique, sans leader identifié, a déjà recueilli plus de 850.000 signatures sur change.org.

Le mouvement est d’autant plus craint du pouvoir que les “gilets jaunes” sont chauffés à blanc depuis plusieurs semaines par des fake news (infox). Ainsi, un photomontage grossier attribuait au directeur général Richard Lizurey une fausse déclaration à propos des futurs manifestants du 17 novembre.

Lire aussi sur L’Essor : L’image du directeur général de la Gendarmerie utilisée pour une manipulation

De nombreuses autres intox ont été relevées dans les médias. Exemple avec ce démenti, par le Journal du pays yonnais, d’une livraison dans les casernes de Vendée de “milliers de carnets de contravention” destinés à verbaliser les manifestants, une rumeur qui méconnaît au passage l’existence du procès-verbal électronique.

Dans la zone de compétence

Christophe Castaner, délégué général du Mouvement La République en marche (Crédit photo: capture d'écran Sénat).
Christophe Castaner (Crédit photo: Sénat).

Les gendarmes surveillent comme le lait sur le feu ce mouvement. Car qu’il soit un succès ou qu’il fasse un flop, une part importante des actions devrait se dérouler dans leur zone de compétence. Son ampleur ne devrait toutefois se révéler qu’au dernier moment.

Les “gilets jaunes” avaient été invités par le ministre de l’Intérieur, ce mardi 13 novembre, à déclarer leurs actions. “Je demande expressément à ceux qui organisent des manifestations de les déclarer et de ne pas entraver la libre circulation”, demandait Christophe Castaner.

Jeudi après-midi, la Gendarmerie était toujours en train de recenser d’éventuelles déclarations, préfecture par préfecture. Cette déclaration obligatoire préalable en mairie ou en préfecture est, souligne l’Institution, indispensable pour garantir la sécurité des personnes.

En cas d’accident ou de sur-accident après un blocage, la responsabilité civile et pénale des organisateurs peut être engagée”, ajoute-t-on chez les gendarmes. Sans déclaration préalable, le code pénal prévoit une sanction de six mois d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende.

Déblocage au cas par cas

Les militaires semblent visiblement chercher l’apaisement face à des manifestants néophytes. L’absence d’encadrement, de culture de la manifestation et la volonté de bloquer les axes routiers peut représenter un dangereux cocktail. Le déblocage des axes routiers sera ainsi, précise-t-on à la Gendarmerie, étudié “au cas par cas”, en fonction de sa dangerosité, de l’absence de déclaration et en cas de trouble grave à l’ordre public.

Mais les manifestants ne devront pas compter sur une levée de pied des gendarmes. Alors qu’un syndicat de Police, Unité-SGP-Police, appelle à ne pas verbaliser le 17 novembre, la direction générale de la Gendarmerie assure n’avoir aucun écho interne d’une telle revendication dans l’Arme.

Si certains “gilets jaunes” vont découvrir l’univers des manifestations, ils savent néanmoins se montrer très créatifs. Des appels à bloquer les ronds-points en circulant à pied sur les passages cloutés ont ainsi été lancés. Et sur le réseau social twitter, un journaliste du Télégramme a partagé une drôle de capture d’écran d’échanges entre “gilets jaunes”. Ces derniers s’interrogeaient sur le blocage du site militaire de l’Île Longue, où sont basés les sous-marins nucléaires de la dissuasion, ainsi que des casernes de Gendarmerie du Finistère….

G.T.

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