samedi 24 octobre 2020
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Des gendarmes de l' Oclaesp lors d'une perquisition (Photo d'illustration - FB/Gendarmerie)
Des gendarmes de l'Oclaesp lors d'une perquisition (Photo d'illustration - FB/Gendarmerie)

Gestion de la crise du coronavirus: les perquisitions au sommet de l’Etat des gendarmes de l’Oclaesp

Plusieurs perquisitions ont eu lieu jeudi 15 octobre aux bureaux et domiciles de responsables ou anciens membres du gouvernement et des directions de la Santé. Menées notamment par des gendarmes de l’Oclaesp et des policiers de l’OCLCIFF, elles interviennent suite à des plaintes et signalements déposés dès le mois de juin à propos de la gestion de la crise de la pandémie de Covid-19.

Edouard Philippe, ancien Premier ministre; Olivier Véran et Agnès Buzyn, actuel et ancienne ministres de la Santé; Sibeth Ndiaye, ancienne porte-parole du gouvernement; ou encore Jérôme Salomon et Geneviève Chêne, respectivement directeur général de la Santé et directrice générale de Santé publique France. Tous ont reçu dans la matinée du jeudi 15 octobre, la visite de gendarmes et policiers des offices centraux de lutte contre les atteintes à l’environnement et la santé publique (Oclaesp) et de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). La raison? Une enquête sur leur implication dans la gestion de la crise du coronavirus.

Plus d’une centaine de plaintes et de signalements

Celle-ci est menée par Cour de justice de la République (CJR), via sa commission d’instruction. Trois magistrats de la chambre criminelle de la Cour de cassation composent cette commission. La CJR est en effet la seule instance habilitée à juger les membres du gouvernement pour l’exercice de leur fonction. Elle agit comme un juge d’instruction et mène les investigations. C’est donc sous son contrôle qu’ont eu lieu ce jeudi les perquisitions menées par l’Oclaesp et l’OCLCIFF.

Au total, la CJR a reçu presque une centaine de plaintes, visant le gouvernement, notamment pour mise en danger de la vie d’autrui, mais aussi non-assistance à personne en péril, abstention volontaire de combattre un sinistre dangereux ou encore homicides et blessures involontaires. Elles émanent principalement de collectifs de médecins et de victimes du coronavirus, mais aussi d’un gendarme, agissant en son nom propre. Pour l’instant, seules neuf plaintes ont été jugées recevables.

Au lendemain des annonces d’Emmanuel Macron, “le timing de ces perquisitions est saisissant”, estime, Me Fabrice di Vizio. Cet avocat spécialiste des questions de santé représente des médecins membres du collectif C19 qui ont porté plainte contre Olivier Véran. Selon lui, la CJR a voulu “marquer son indépendance envers le pouvoir politique”.

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Ce n’est pas le seul contentieux généré par la crise du coronavirus. Début juin, le parquet de Paris ouvrait ainsi une enquête préliminaire après 59 plaintes liées à la pandémie. Certaines visaient nommément le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, ou encore l’administration pénitentiaire, le ministère du Travail, ou certaines structures, comme des Ephad. Là encore, ce sont les gendarmes de l’Oclaesp qui sont en charge des enquêtes.

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Oclaesp et OCLCIFF, deux offices très sollicités ces dernières années

L'écusson de l'Oclaesp (Crédit photo: GT/L'Essor).
L’écusson de l’Oclaesp (Photo: GT/L’Essor).

Créé il y a seize ans, l’Oclaesp –confié à la Gendarmerie– rassemble aujourd’hui environ 70 enquêteurs. Il a plusieurs fois fait parler de lui ces dernières années. Notamment dans le cadre des affaires du Médiator ou encore, plus récemment, des mutilations d’animaux. En plus de leurs enquêtes, ces gendarmes jouent un rôle de conseil et d’assistance opérationnelle. Les autorités sportives les missionnent par exemple pour veiller au respect des règles anti-dopage.

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De son côté, l’OCLCIFF dépend de la Police nationale et plus précisément de sa direction centrale de la police judiciaire. Mis en lumière notamment lors d’auditions de personnalités politiques ou publiques, il effectue des enquêtes dans les domaines de la corruption nationale et internationale, les atteintes à la probité, les infractions au droit des affaires, la fraude fiscale complexe ainsi que le blanchiment de ces infractions. Principalement composé de fonctionnaires de Police, il compte aussi quelques gendarmes, à l’image de ce capitaine qui avait su garder son calme face à Jean-Luc Mélenchon lors d’un face-à-face tendu en marge d’une perquisition menée au siège de La France insoumise.

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