L'Essor

Gendpass, la nouvelle arme de déchiffrement des gendarmes

Au pôle judiciaire de Pontoise, présentation de matériels électroniques analysés par les experts de la Gendarmerie (Ph: MG/ESSOR)

Au pôle judiciaire de Pontoise, présentation de matériels électroniques analysés par les experts de la Gendarmerie (Ph: MG/ESSOR)

La nouvelle arme numérique des gendarmes a un nom: Gendpass. Le nom de la plateforme de déchiffrement mise au point par le département INL (Informatique électronique) de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) a été discrètement dévoilée par l’Institution, à travers un article récemment paru dans son magazine interne, Gend Info.

Le voile sur cet outil innovant avait déjà été partiellement levé, en septembre 2018, lors d’une visite de l’ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb au pôle judiciaire de la Gendarmerie nationale. Gendpass est accessible sur internet à condition de montrer patte blanche – son identifiant gendarmerie ou son jeton de sécurité reçu par messagerie.

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Dans leur magazine interne, les gendarmes détaillent les caractéristiques de la nouvelle plateforme. Elle permet le déverrouillage des téléphones ou tablettes Android, “le déchiffrement de smartphones sécurisés mais aussi, dans un autre domaine, l’ouverture de conteneurs cryptographiques de type coffre-fort (trueCrypt) et l’analyse de d’applications chiffrantes“.

Le colonel Franck Marescal, alors chef de l’Observatoire central des systèmes de transport intelligents (Crédit photo: ND/L’Essor).

L’IRCGN, qui a changé de chef en août 2018 avec la nomination du colonel Franck Marescal, reste discret sur ce sujet sensible pour les enquêteurs. Mais ses offres d’emploi parlent pour lui. Un poste ouvert pour un stage débutant à partir de la fin de l’hiver 2019 est ainsi consacré au contournement des systèmes de sécurité physique des téléphones portables en vue de faciliter le recueil de données et les tentatives de pénétration.

Le chiffrement entrave parfois les enquêtes sur certaines activités criminelles liées par exemple aux stupéfiants ou au terrorisme. Outre-Atlantique, aux Etats-Unis, le célèbre bureau fédéral d’investigation (FBI) avait fait part à plusieurs reprises des difficultés créées dans les enquêtes par le chiffrement des terminaux.

Gabriel Thierry