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vendredi 16 avril 2021
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Selon l'ex-femme du forcené, l'alerte sur la dangerosité du tueur avait été donnée. (Crédit-photo : DR)
Selon l'ex-femme du forcené, l'alerte sur la dangerosité du tueur avait été donnée. (Crédit-photo : DR)

Gendarmes tués: la colère de l’ex-épouse du tueur

L’ex-femme du forcené, qui a tué trois gendarmes à Saint-Just , assure qu’elle avait lancé “des dizaines d’alertes” sur sa dangerosité.

L’ex-épouse de Frédérik Limol, 48 ans, qui a tué trois gendarmes dans la soirée du 23 décembre à Saint-Just (Puy-de-Dôme), a livré un témoignage poignant et réaliste au quotidien Le Dauphiné Libéré. Cette femme, qui préfère garder l’anonymat, dresse un portrait glaçant du forcené. En 2011, elle rencontre Frédérik Limol, c’est un coup de foudre. Ils se marient très vite. Et c’est à ce moment-là que l’homme devient violent et dangereux. “On s’est mariés. Le lendemain, ou le surlendemain, il a tout détruit dans l’appartement. Il a essayé de m’étrangler. Il y a eu des séquestrations, des menaces avec armes”, a-t-elle expliqué à France Info. Le couple se sépare durant sa grossesse en 2012.

Un portrait glaçant du tueur

Tandis qu’elle porte leur enfant, le forcené devient survivaliste, achète des armes et participe à des stages de survie. Fervent catholique pratiquant, il est aussi convaincu que la fin du monde est proche. “Quand j’ai accouché, il m’a donné une radio militaire, pour que l’on puisse communiquer en cas de fin du monde“, dévoile-t-elle au Dauphiné Libéré.  Après leur séparation, l’ex-femme est la cible de violences et de menaces. La garde leur fille, âgée de 7 ans, concentre de vives tentions. Frédérik Limol a multiplié les procédures judiciaires qui se sont poursuivies au tribunal correctionnel.

Lire aussi : Gendarmes tués à Saint-Just : un drame sans précédent depuis Fayaoué

“Rien n’a été fait”

Dans cette interview, elle affirme également avoir alerté, à plusieurs reprises et en vain “ma famille, sa famille, la police, les gendarmes” sur le danger que représentait son ex-mari, âgé de 48 ans. “J’avais lancé des alertes, des dizaines ! Je savais qu’il était dangereux […] Rien n’a été fait. On m’a dit à chaque fois qu’il allait certainement se calmer”. Cette femme, désormais installée à Privas (Ardèche) assure avoir écrit à Marlène Schiappa, à l’époque secrétaire d’Etat en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes. Marlène Schiappa, dans un communiqué, a assuré samedi ne pas avoir retrouvé la trace de ce courrier.

“Si j’avais pu me faire entendre”

L’ex-épouse estime que le drame aurait pu être évité car “beaucoup de gens savaient qu’il avait un problème (…) Personne n’a rien fait”. En “colère” contre ceux qui n’ont pas pris ses alertes au sérieux, elle se sent également “coupable”. “Aujourd’hui, il y a quatre orphelins, si j’avais pu me faire entendre, on n’en serait pas là. J’ai tout essayé”. Elle dit enfin avoir prévenu la compagne de Frédérik Limol du comportement violent de son ex-mari mais elle ne l’a pas crue.

Des proches d’Arno Mavel lui rendent hommage

Lundi, à l’occasion de l’hommage national rendu aux trois gendarmes tués par Frédérik Limot, des proches d’Arno Mavel, la plus jeune victime de carnage, 21 ans, ont pris la parole. “C’était un bonheur de le voir heureux parce qu’il était épanoui. L’uniforme lui allait à merveille, c’était sa voie”, confiait un ami d’enfance, sur France 2. Une jeune femme ajoutait : “Le perdre du jour au lendemain comme ça, ça a été dur pour nous tous. Et ça a été inhumain ce qu’il s’est passé donc on a été déchirés. Tout le monde peut être fier de lui, et de ce qu’il a accompli jusqu’à son dernier souffle”.

Au cours de la cérémonie, le lieutenant-colonel Cyrille Morel, le major Rémi Dupuis et le gendarme Arno Mavel ont reçu la croix de chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume devant leurs familles et leurs camarades. Ils ont également reçu la médaille de la Gendarmerie nationale avec palme de bronze et de la Sécurité intérieure échelon or.

Franck Seguin

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2 Commentaires

  1. Maïpucino

    Bonsoir chers camarades et retraités,

    j’ai vécu Ouvéa de loin, c’était triste , mais là c’est pire que tout. Trois vies fauchées par un individu dont on connaissait la dangerosité. De part, le témoignage de sa première épouse beaucoup de gens savaient!! Aujourd’hui ils doivent prendre conscience qu’ils auraient dù écouter cette dame en détresse. Hélas !!!! de la faute de leur inaction ils sont morts . Quatre orphelins, certes pupille de la Nation, mais cela ne remplace pas un père.
    Les enquêtes qui vont suivre feront sans nulle doute,ressortir les manquements dans cette triste affaire.
    AR.D

    • Zurutuza

      Le problème est juridique en France , les mesures préventives sont interdites . Vous ne pouvez pas condamner un individu dangereux tant que il n’a rien fait . Vous imaginez si chaque fois que quelqu’un imagine le pire on le punit ? À quel titre ? C’est très compliqué . Le problème des gendarmes est celui des interventions de police secours , vous ne savez pas ce que vous allez trouver en face de vous . En plus pas de chance ils ont à faire à un tireur bien armé qui les attend . Je pense à leurs familles et à eux bien sûr .

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