mardi 22 septembre 2020
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Gendarme adjoint volontaire lors d'une cérémonie aux Invalides à Paris. Les GAV sont agents de police judiciaire adjoints (APJA) - (Ph: M.GUYOT/ESSOR)
Gendarme adjoint volontaire lors d'une cérémonie aux Invalides à Paris (Ph: M.GUYOT/ESSOR)

Gendarmes et policiers consternés par les annonces de Christophe Castaner

Pour les gendarmes et les policiers, les annonces de Christophe Castaner, censées améliorer la déontologie des forces de l’ordre et lutter contre le racisme dans les forces de l’ordre, ont un goût amer.

Le ministre de l'Intérieur lors de sa conférence de presse à propos des violences policières et du racisme au sein des forces de l'ordre. (Capture d'écran)
Le ministre de l’Intérieur lors de sa conférence de presse à propos des violences policières et du racisme au sein des forces de l’ordre. (Capture d’écran)

Pour lutte contre les violences policières et le racisme au ministère de l’Intérieur, le locataire de la Place Beauvau a en effet annoncé lundi une série de mesures. Au programme, une tolérance zéro, des contrôles renforcés et l’interdiction de la méthode d’interpellation dite de “l’étranglement”, remplacée par l’usage du pistolet à impulsions électriques, une proposition qui inquiète déjà. Mais les choix de Christophe Castaner ont aussitôt déclenché l’étonnement ou la colère dans les rangs. “Une réforme ne doit pas se construire au prétexte d’un buzz médiatique”, a ainsi déploré GendXXI. “Une réforme ne doit pas toucher toutes les administrations sous le prétexte d’actes individuels”, a poursuivi l’association professionnelle nationale de militaires.

Lire aussi: Les annonces du ministre de l’Intérieur face aux accusations de racisme et de violences policières

France et États-Unis: deux réalités différentes

Les annonces de Christophe Castaner interviennent en effet plusieurs jours après un drame qui mêle violences policières et racisme, la mort tragique de l’afro-américain George Floyd asphyxié par un policier aux Etats-Unis, sans rapport avec la réalité policière en France. Si les policiers et gendarmes admettent qu’il existe des personnels racistes dans leurs rangs, ils s’offusquent qu’on puisse croire que ce racisme ait un caractère systémique, jetant ainsi l’opprobre sur leurs deux institutions.

Le général Bertrand Soubelet, en 2016, lors de la sortie de son livre "Tout ce qu'il ne faut pas dire" (Photo M. GUYOT/ESSOR)
Le général Bertrand Soubelet, en 2016, lors de la sortie de son livre “Tout ce qu’il ne faut pas dire” (Photo M. GUYOT/ESSOR)

Dans un texte partagé plus de 3.000 fois sur Facebook, le général (2S) Bertrand Soubelet souligne ainsi son incompréhension. “Les déclarations du ministre de l’Intérieur me laissent pantois, écrit-il. Oui il existe des policiers et des gendarmes qui franchissent les limites. Oui certains sont racistes et cela n’est pas tolérable. Oui ils méritent d’être sanctionnés sévèrement. Mais les gendarmes et les policiers ont besoin de soutien et pas de suspicion.” Et celui qui a été surnommé le général courage”, après ses déclarations à l’Assemblée nationale, alors qu’il était encore en poste dans l’Arme, de pointer “l’incompétence et l’amateurisme de ceux qui nous gouvernent”.

Lire aussi: Lutte contre l’insécurité : pas de langue de bois pour le Général Soubelet

Sentiment d’amalgames après les annonces de Christophe Castaner

Un sentiment partagé. Au vu des déclarations de notre ministre, il apparaît donc primordial que chaque policier, chaque gendarme soit doté d’une caméra-piéton afin de filmer chaque contact qu’il aura avec la population”, regrette un sous-officier sur twitter. C’est désolant mais puisque apparemment nous sommes en grande partie des racistes ultra violents”, ironise-t-il.  Oui, il y a des flics qui se comportent parfois de façon pitoyable, remarque dans une lettre le réalisateur Olivier Marchal. Mais combien sont-ils? Si peu, si vous saviez… Les autres ne méritent pas l’amalgame.”

L’atmosphère, déjà bien détestable, s’est encore alourdie avec la diffusion d’une vidéo. A l’image, un gendarme noir, chargé du maintien de l’ordre, est conspué par des manifestants à Paris. Ces derniers le traitent de sale vendu” en référence à sa couleur de peau. “Tout mon soutien à ce camarade gendarme qui a du faire face à l’abjection, remarque un policier sur Twitter. Notre pays n’a vraiment pas besoin de cette division raciale!” Le directeur général Christian Rodriguez a depuis annoncé saisir la justice à ce sujet.

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5 Commentaires

  1. Retraite

    Il faut inviter tous les gendarmes et policiers à aller voir sur Google le passé de monsieur Castaner, là aussi, c’est comme consternant.

  2. Paul

    Ce ministricule prendra la porte et s’en ira comme un courant d’air au prochain remaniement. Il n’a déjà pas su ou pas voulu désamorcer d’autres crises bien avant celle-ci:
    https://www.officierunjour.net/editoriaux/pourquoi-vouloir-faire-disparaître-la-gendarmerie/

  3. vasseur

    Quand on a pas à faire avec la police, on a pas de risque d’éventuels dérapages . Les populations concernées ont des casiers judiciaires épais comme des dictionnaires, et se rebellent lorsqu’ils sont pris la main dans le sac. Où est le racisme et la violence quand les policiers ou pompiers sont attirés dans des guet-apens dans les cités ?

    Où est l’égalité quand le gouvernement n’intervient pas lors de manifestations interdites fomentées par ces populations ?
    A force de jouer Munich en permanence, nous allons à l’affrontement.

  4. Julesdenface

    Si ce ne sont pas la police et la gendarmerie nationale qui font régner l’ordre, c’est la loi del a jungle et là il n’y aura pas de plaintes, ni de reportages.
    https://www.lefigaro.fr/actualite-france/sentiment-de-trahison-ecoeurement-et-lassitude-dans-les-rangs-de-la-police-20200611

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