jeudi 21 mars 2019
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Éric Freyssinet, alors chef de la division de lutte contre la cybercriminalité de la Gendarmerie, lors du FIC 2013, à Lille, à droite de Pierre-Luc Réfalo (Photo M.GUYOT/ESSOR).
Éric Freyssinet, alors chef de la division de lutte contre la cybercriminalité de la Gendarmerie, lors du FIC 2013, à Lille, à droite de Pierre-Luc Réfalo (Photo M.GUYOT/ESSOR).

« Le gendarme du futur sera connecté en permanence et plus en sécurité » (Eric Freyssinet)

Il est chargé de la nouvelle Mission numérique de la Gendarmerie nationale. Un domaine que le colonel Eric Freyssinet, diplômé de l’école Polytechnique en 1995, connaît sur le bout des doigts après près de vingt ans de carrière. Rencontre.

Cette interview a été publiée initialement dans le numéro 510 de notre magazine d’octobre 2017, disponible en version numérique ou papier sur notre boutique.

L’Essor. – Quel est votre rôle à la tête de la Mission numérique ?

Eric Freyssinet – La Mission numérique a été créée le 1er mai 2017. Le directeur général souhaite qu’une équipe bien identifiée à l’extérieur soit en charge des questions relatives au numérique. Elle est composée de quatre gendarmes, chargés de suivre des projets comme Néogend, Résogend – le réseau social de la Gendarmerie–, la brigade numérique. Nous sommes également chargés d’identifier, avec les grandes directions, les besoins et les opportunités de développement dans le domaine du numérique. Nous nous assurons de la cohérence des projets et aidons les équipes à piloter ces chantiers.

L’Essor. – L’un des programmes les plus aboutis, c’est Néogend. Pourquoi ce projet est-il si important pour la Gendarmerie ?

Photo d’illustration (M.GL’Essor).

Eric Freyssinet – Nous voulons amener les applications métier sur le terrain. Par exemple, avec GendNotes, le gendarme peut préparer sa procédure, consulter des bases de données et des fichiers sur sa messagerie tactique. Néogend va rendre de la mobilité au gendarme. Cet équipement va d’ailleurs être prochainement déployé en Gendarmerie mobile : nous allons certainement pouvoir mettre en œuvre, à cette occasion, de nouveaux usages.

Néogend est en évolution: par exemple, nous pouvons envisager l’intégration de rédaction de procès-verbaux simples, pour que le gendarme soit à tout moment capable de réaliser des opérations. Avec Néogend comme socle, le gendarme du futur sera connecté en permanence et plus en sécurité.

Mais, à l’avenir, Néogend ne sera pas forcement le seul lieu d’affichage des données : il existe les technologies d’affichage « tête haute », les lunettes, sur le bras… Nous faisons des tests pour comprendre quelles sont les interfaces les plus efficaces. Petit à petit, ces technologies vont rentrer dans la réalité.

L’Essor. – Quels sont les difficultés techniques liées à ce type d’équipement ?

Eric Freyssinet – Beaucoup de progrès ont été faits autour de la batterie, des coûts, et du réseau radio. L’enjeu, c’est de pouvoir travailler avec cet équipement en toute circonstance, y compris en mode dégradé (en cas d’incident). Avoir de la connectivité est devenu un enjeu de résilience. Désormais, Néogend peut utiliser notre propre réseau radio en cas de crise ou de mauvaise réception du signal téléphonique.

L’Essor. – Ces technologies prometteuses servent-elles également à surveiller les gendarmes ?

L’équipement en smartphones Néogend, ici utilisé lors d’une patrouille par un gendarme de Quetigny, est l’un des projets phares de l’Institution dans le numérique (crédit photo: GT/ L’Essor).

Eric Freyssinet – Avec Néogend comme avec les autres outils numériques, nous ne collectons pas des données pour surveiller les gendarmes individuellement, mais pour améliorer la qualité globale du service dans les territoires. Nous expliquons cela aux cadres : ce n’est pas un outil de contrôle, mais peut permettre d’améliorer le service, par exemple en faisant varier les circuits de patrouille. De même, nous constatons avec Néogend un meilleur usage des fichiers de police. Cela justifie d’autant plus l’existence de ces fichiers, mais permet aussi d’introduire une réflexion sur de nouvelles modalités efficaces de contrôle d’accès pour renforcer la sécurité, et qui soient mieux adaptées aux interfaces en mobilité.

L’Essor. – Quelles sont les conséquences sur le recrutement des futurs gendarmes ?

Eric Freyssinet – Le numérique est un enjeu de recrutement. Il faut que la Gendarmerie soit attractive, que nous montrions nos qualifications… Nous recherchons des personnes à l’aise avec le numérique et qui ont la capacité d’innover, comme ceux qui forment la communauté Icare, créée autour du logiciel de rédaction de procédure. Nous avons également besoin de chefs qui s’approprient ces outils et inventent de nouvelles façons de conduire l’action. Cependant, nous ne voulons pas recruter uniquement des « geeks », mais des personnes intéressées par ce domaine et prêtes à innover dans la relation au service de la population.

Propos recueillis par Gabriel THIERRY.

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