vendredi 25 septembre 2020
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Stage de Préparation militaire Gendarmerie (PMG) pour de jeunes réservistes à Orléans en juillet 2016. Crédit : ND/Essor.
Stage de Préparation militaire Gendarmerie (PMG) pour de jeunes réservistes à Orléans en juillet 2016. Crédit : ND/Essor.

Garde nationale : les associations de réservistes de la Gendarmerie s’interrogent

La Garde nationale, officiellement lancée mercredi 12 octobre, suscite les interrogations des associations de réservistes de la Gendarmerie. Les contours de cette nouvelle entité – qui regroupe les réserves de la Gendarmerie, de la Police et des armées – restent assez flous.

La réserve de la Gendarmerie sera t-elle toujours gérée par l’Institution ?

« Y aura-t-il création d’une nouvelle structure qui viendra soit « coiffer », soit s’ajouter aux structures existantes, au risque d’augmenter les coûts en créant de nouvelles “strates administratives” et peut-être créer un “flou” dans le commandement ? », s’interroge ainsi l’association Resgend, association nationale des réservistes et des sympathisants de la Gendarmerie.

L’Anorgend, fédération nationale des réservistes opérationnel et citoyens de la Gendarmerie, qui compte 1.500 adhérents, y voit davantage un « label » qu’une structure à part entière et salue une décision qui « préserve les modèles de réserve militaire des armées, directions et services dont celui de la Gendarmerie ». Toutefois, « la spécificité du modèle de la Gendarmerie qui a prouvé son efficacité, nécessite que sa réserve reste arrimée et employée par la Gendarmerie », ajoute la fédération.

Placée sous la tutelle des ministères de l’Intérieur et de la Défense, cette Garde nationale est dotée d’un secrétariat général, tout spécialement créé. A sa tête, le général Gaëtan Poncelin de Raucourt, commandant du territoire national dans l’armée de terre et ancien patron des pompiers de Paris, qui devra en assurer, selon l’Elysée, “la promotion et le développement dynamique”.

Par ailleurs, lors de son traditionnel discours aux forces de l’ordre, mercredi 12 octobre, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a tenu à rassurer : « Cette Garde nationale jouera un rôle de catalyseur pour développer nos réserves, lesquelles conserveront leurs statuts et leurs prérogatives ». A en croire le ministre de l’Intérieur, la Garde nationale n’est donc pas une entité autonome mais s’adosse aux réserves opérationnelles existantes.

Les réservistes de la Gendarmerie pourront-ils être commandés par la Police ? 

C’est le sens de la question de l’association Resgend : « Doit-on réfléchir au cas de figure où des militaires de la réserve opérationnelle seraient en opération(s) sous le commandement de réservistes civils de la Police nationale ? ».

Le Directeur général de la Gendarmerie, le général Richard Lizurey, a déjà fait savoir que les réservistes opérationnels pourront être « mis à disposition en zone Police ». « Dès l’instant où la réserve de la Gendarmerie disposerait de suffisamment d’effectifs sur sa zone, c’est à dire environ 2.200 réservistes en moyenne par jour, alors, les effectifs supplémentaires seraient mis à disposition des policiers », a par ailleurs affirmé le général Coroir, délégué aux réserves de la Gendarmerie. Reste encore à connaître les modalités de ce déploiement.

Quant aux missions attribuées aux gendarmes en zone Police, elles ne semblent pas devoir différer selon Resgend : « Considérant les actions éventuelles de la réserve Gendarmerie en zone Police, elles ne semblent pas devoir poser problème, puisqu’il s’agit toujours du territoire national ».

Les réservistes pourront-ils se libérer plus facilement de leurs obligations professionnelles ? 

Pour inciter les entreprises à « libérer » les salariés qui s’engagent à servir dans la réserve, l’Etat leur accordera une réduction d’impôt. Concrètement, le montant des charges comprises du salaire représenté par le temps d’engagement du salarié pourra être déduit de l’impôt sur les sociétés.

Une mesure saluée par l’Anorgend qui souligne une « une première avancée qui nécessite néanmoins qu’un travail plus large soit engagé avec les partenaires sociaux et les pouvoirs publics sur un dispositif cohérent et équilibré permettant au réserviste de se libérer plus facilement de ses obligations professionnelles ».

L’association Resgend redoute, au contraire, que l’employeur « fasse payer à la personne concernée ses absences patriotiques par un déclassement au niveau des promotions et/ou augmentations ». Selon Resgend, si la Garde nationale s’inspire du modèle Américain, elle est encore loin d’y ressembler. Aux Etats-Unis, en effet, il est demandé aux réservistes « disponibilité immédiate en échange de nombreux avantages matériels (études, sécurité sociale) ».

L’objectif de l’exécutif est d’atteindre les 9.000 réservistes déployés chaque jour à l’horizon 2018 pour un total de 85.000 hommes et femmes. Aujourd’hui, les réserves opérationnelles de la Police, de la Gendarmerie et des armées représentent un vivier de 63.000 personnes, dont 5.500 sont employées chaque jour depuis l’attentat de Nice le 14 juillet 2016.

La Gendarmerie compte 25.000 réservistes et l’objectif, rappelé par le général d’armée Richard Lizurey, est d’atteindre les 40.000 réservistes d’ici fin 2018.

Nathalie DELEAU 

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2 Commentaires

  1. Vallverdu

    J’ose espérer que cette réserve augmentée beneficira d’un fond financier spécifique . Dans le cas contraire, il est à craindre que ce soit pris sur le budget de la gendarmerie . Lequel est déjà exsangue.
    Le vieux soldat que je suis à tellement vu de rodomontades , ainsi que d’effets d’annonces, non suivis d’effets , que suis circonspect quant à la suite .
    Souhaitant tout simplement me tromper .
    Bien cordialement à toute l’équipe de l’Essor
    Nounous26

  2. DELAROQUE Alain

    Il va falloir prévoir une sérieuse rallonge budgétaire car vu la tournure que prend la réserve opérationnelle actuelle, nous assistons à une certaine démotivation de certains réservistes (salaires payés tardivement – plus qu’un seul repas remboursé par journée d’emploi). Je ne parle pas pour les retraités de l’arme, mais plus pour les jeunes qui pour plupart n’ont pas d’autre revenu et qui se sentent blousés. Certains ont du reverser jusqu’à plus d’une centaine d’euros pour rembourser des repas qu’ils n’auraient pas du percevoir alors qu’ils étaient employés la journée complète. Je trouve cela lamentable.

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