dimanche 20 octobre 2019
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Au FIC 2019. Photo d'illustration (Crédit photo: FIC 2019).
Au FIC 2019. Photo d'illustration (Crédit photo: FIC 2019).

FIC 2019 : ces innovations que préparent les gendarmes

Prises de rendez-vous en ligne, bulles radios tactiques, automatisation de la comparaison des traces laissées par des outils d’effraction : les gendarmes présentent au Forum international de la cybersécurité (FIC), qui se déroule du mardi 22 janvier au mercredi 23 janvier, une série d’innovations. Revue de détail.

Le doctolib des gendarmes

Les gendarmes mettent la dernière main à une plateforme de prise de rendez-vous en ligne. A l’image des sites internet médicaux qui simplifient la préparation de la visite chez un praticien, ce service doit permettre aux usagers de prendre facilement un rendez-vous avec la brigade la plus proche. Accessible via la brigade numérique et le site service-public.fr, il sera testé en Ille-et-Vilaine et dans le Loiret à partir du mois d’avril. Il devrait ensuite être déployé dans toute la France d’ici l’été 2019.

La direction générale espère réaliser un coup double avec cet outil. Pour les 300 à 400 unités territoriales identifiées en surcharge d’accueil, cet outil pourrait les aider à diminuer le flux des visiteurs se présentant en brigade. Pour les unités recevant peu de visites, la prise de rendez-vous en ligne pourra permettre au commandant d’unité de dégager des personnels, aujourd’hui affectés à des accueils sans visiteurs, pour d’autres tâches.

Le haut débit des forces d’intervention

En test à la BRI, au GIGN et au Raid, le nouveau système de communication à haut débit des forces d’intervention est en passe de devenir une réalité. Avec six lots attribués sur sept, le marché public PC-Storm est quasiment finalisé. Pour la première fois, l’une des briques technologiques de ce nouvel équipement, la bulle radio tactique portative, a été présentée sur un salon.

“Les retours sont extrêmement positifs”, rapporte Cyrille Marente, en charge de la sécurité de l’information de ce projet à la direction générale. Les personnels ont apprécié la qualité audio en mode “Push-to-talk”. Et les communications qui transitent par le réseau internet affichent une très bonne réactivité.

Lire aussi sur L’Essor : Après des premiers essais au GIGN, la 4G débarque dans les forces d’intervention

Ces outils qui parlent aux experts

La technique n’est pas nouvelle mais elle pourrait bien être utilisée de façon industrielle. Les experts de l’IRCGN savent depuis une vingtaine d’années faire parler les outils utilisés pour fracturer une porte ou commettre un cambriolage. Car aussi incroyable que cela puisse paraître, un banal coupe-boulon laisse des traces uniques, différentes d’un outil à un autre. Le calage de la machine-outil, la butée : même en série, ces outils présentent de minuscules différences, observables à l’aide d’un microscope. Ce qui permet par exemple de relier différents cambriolages où le même outil a été utilisé.

Les gendarmes souhaitent désormais pouvoir exploiter ces traces à plus grande échelle. Leur nouveau système Tacs (Traitement automatisé de comparaison de traces d’outils) devrait être opérationnel d’ici l’été 2019. Ce logiciel permettra de comparer automatiquement les traces recueillies à celles archivées. Un gain de temps appréciable pour les gendarmes chargés aujourd’hui de ce travail chronophage et usant pour les yeux.

Le bon cru de Perceval

Il y a un an, la Gendarmerie annonçait la future mise en place de la plateforme Perceval de signalement en ligne des fraudes bancaire. Le Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) a profité du FIC pour faire le bilan des six premiers mois d’activité. Verdict : le cru est bon et pourrait s’affiner l’année prochaine. Avec 65.000 signalement en six mois, la plateforme a en effet permis aux victimes de déclarer près de 31 millions d’euros de préjudice. Le dossier le plus important rassemble une vingtaine de victimes dans une affaire portant sur plus de 100.000 euros détournés. Les cybergendarmes sont satisfaits : cet outil leur permet de multiplier les enquêtes et d’entretenir de nouveaux contacts avec les acteurs du e-commerce pour déjouer des escroqueries. De bons résultats qui devraient être dépassés en 2020201 : le C3N estime que le régime de croisière de la plateforme n’est pas encore atteint.

Lire aussi sur L’Essor : Perceval, la nouvelle arme des gendarmes contre les infractions bancaires

La nouvelle version de GendUbuntu

Près de 77.000 ordinateurs de la Gendarmerie fonctionnent avec le système d’exploitation libre GendUbuntu. Seule une partie du parc informatique, environ 10 %, tourne sous le logiciel phare Windows. Un choix technique qui peut paraître anodin pour les profanes mais qui permet à la Gendarmerie de maîtriser la souveraineté de ses postes de travail. D’ici le printemps 2019, les gendarmes vont voir arriver sur leurs ordinateurs une nouvelle version, la 18.04. Elle est en cours de test sur le terrain. Les gendarmes en charge de ce dossier travaillent également avec la société VLC pour adapter ce lecteur vidéo très populaire aux différents formats de vidéo utilisés par les constructeurs de caméras de vidéosurveillance. Affaire à suivre.

Lire aussi sur L’Essor : Le (bon) choix informatique de la Gendarmerie salué par une sénatrice

Gabriel Thierry

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3 Commentaires

  1. Leclerc Marie France

    Très bien que la gendarmerie soit â la pointe des technologies numériques.

    Car les fraudeurs soit sur le terrain ou virtuellement au gré des messages frauduleux ou hameçonnage excellent de virtualité.

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