mercredi 25 novembre 2020
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Le château de Sautou, où a séjourné Michel Fourniret (Crédit photo: DR).
Le château de Sautou, où a séjourné Michel Fourniret (Crédit photo: DR).

Estelle Mouzin: comment les gendarmes ont confondu l’ogre des Ardennes

Les indices s’accumulent contre Michel Fourniret, surnommé l’ogre des Ardennes, dans l’affaire de la disparition d’Estelle Mouzin, en janvier 2003.

Estelle Mouzin (Crédit photo: Association Estelle Mouzin).

Dix-sept ans après la disparition de la jeune fille de 9 ans à Guermantes, en Seine-et-Marne, la justice a accumulé en quelques jours de nouveaux éléments à charge contre le tueur en série Michel Fourniret, mis en examen depuis novembre 2019 dans cette affaire.

L’ogre des Ardennes est désormais accusé de manière précise par son ancienne compagne, Monique Olivier. Devant la juge d’instruction Sabine Kjéris, son ex-épouse –qui avait déjà pointé la responsabilité de Michel Fourniret auparavant– a déclaré que ce dernier avait enlevé, séquestré, violé et étranglé Estelle Mouzin. Ces graves accusations sont confortées par une preuve matérielle. Un ADN partiel de la fillette vient d’être identifié sur un matelas de la soeur du tueur en série, à Ville-sur-Lumes (Ardennes). La justice avait saisi ce matelas en 2003, depuis oublié dans les scellés.

Anacrim et ADN

Les gendarmes s’intéressaient de près à cette maison depuis plusieurs mois. En épluchant les indices de l’affaire avec leur logiciel Anacrim, les gendarmes avaient remis la main sur un vieux ticket de caisse de boîtes de pois cassés d’un supermarché de Ville-sur-Lumes. Il était daté du 11 janvier 2003, soit deux jours après la disparition d’Estelle Mouzin.

L’association Estelle Mouzin, qui soutient les parents de la petite disparue, n’a pas voulu commenter cette avancée majeure de l’affaire. Mais dans un post plus ancien, en juin dernier, elle saluait les moyens mis en place par la justice et la détermination des enquêteurs de la Gendarmerie. Il y a deux ans à peine, l’association annonçait pourtant qu’Eric Mouzin assignait l’Etat pour faute lourde. Le père de la disparue souhaitait alors pointer les dysfonctionnements des services de justice dans l’enquête.

Lire aussi: Disparition d’Estelle Mouzin : 15 ans après, son père veut “attaquer l’Etat pour faute lourde”

Gendarmes de la section de recherches de Dijon

Les avancées majeures dans ce dossier sont à mettre au crédit de la nouvelle juge d’instruction, Sabine Khéris. Mais également à celui des gendarmes de la section de recherches de Dijon. La magistrate a en effet repris à bras-le-corps un dossier enlisé. Elle a enfin saisi les gendarmes, en plus des policiers, pour enquêter spécifiquement sur la piste de Michel Fourniret. Avec le succès que l’on sait aujourd’hui.

Les enquêteurs vont désormais se concentrer sur la recherche du corps de la petite fille. En juin, les gendarmes avaient mené des fouilles infructueuses à Ville-sur-Lumes, puis au château du Sautou. La justice a déjà condamné Michel Fourniret pour les meurtres de sept jeunes femmes entre 1987 et 2001. Il y a deux ans, il a été de nouveau condamné pour un assassinat crapuleux. L’ogre des Ardennes est également suspecté dans trois autres affaires de disparition.

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Un commentaire

  1. guy robin

    Félicitations sincères et reconnaissance aux enquêteurs et au juge pour l’extraordinaire avancée dans cette affaire.

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