dimanche 18 août 2019
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Photo d'illustration (M.GL'Essor).

Entraînement au tir des policiers et gendarmes : la Cour des comptes s’inquiète

La Cour des comptes (Crédit photo: TouN
La Cour des comptes (Crédit photo: TouN

La mise en garde de la Cour des comptes tient en quelques pages, glissées au travers d’un rapport de 164 pages sur l’équipement de la Gendarmerie et dans la Police, publié ce mercredi 19 septembre. Les magistrats de la rue Cambon s’inquiètent de la dégradation de l’entraînement au tir des gendarmes et des policiers.

Lire aussi sur L’Essor : “La formation au tir est la honte de notre pays”

Dans la Police, avertissent les magistrats de la rue Cambon, “la situation est critique”. 51% des policiers n’ont pas bénéficié en 2017 des trois séances réglementaires (contre 36% en 2015 et 41% en 2016), indique-t-elle, à propos des règles relatives à l’arme individuelle de poing. Côté gendarmes, si 97% d’entre eux étaient à jour pour leur formation à l’arme de poing en 2017, 20% des agents susceptibles de manier un HK G36 n’avaient eux pas reçu les formations requises dans les délais réglementaires.

Les conséquences sont très inquiétantes. Deux rapports de l’Inspection générale de la police nationale, mentionnés par la Cour des comptes, font ainsi état en 2017 d’une augmentation des tirs accidentels. Dans la Police, 95% des tirs d’armes longues ont été accidentels en 2017. Et les tirs accidentels d’armes de poing sont passés de 10 au premier semestre 2016 à 23 au premier semestre 2017.

Un post du directeur général

Le général d'armée Richard Lizurey, directeur général de la Gendarmerie nationale (Photo d'illustration S.D/L'Essor).
Le général d’armée Richard Lizurey, directeur général de la Gendarmerie nationale (Photo d’illustration S.D/L’Essor).

Si la Cour des comptes ne fournit pas de chiffres à propos de la Gendarmerie, elle rapporte que le directeur général lui-même, dans un post de blog de mars 2017, avait appelé les gendarmes à être “responsables et vigilants pour la sécurité de tous” après “une recrudescence d’accidents liés à des tirs intempestifs, notamment au sein d’unités d’interventions”. Un article publié quelques jours après le tir accidentel d’un gendarme lors d’un discours de l’ancien président François Hollande.

Lire aussi sur L’Essor : Un gendarme tire accidentellement et fait deux blessés légers lors d’un discours de Hollande

Des réservistes de la gendarmerie des Alpes Maritimes à l'entraînement en août 2016. (Photo D.C L'Essor)
Des réservistes de la gendarmerie des Alpes Maritimes à l’entraînement au tir en août 2016. (Photo D.C L’Essor)

Ce constat de la Cour des comptes est d’autant plus inquiétant que la Gendarmerie et la Police se sont armées à vitesse grand V ces dernières années. La menace terroriste a obligé les forces de l’ordre à s’équiper en fusils d’assaut HK G36. Il y en avait seulement 506 en 2012, et cinq ans plus tard, les deux forces en comptent 4.311 (dont 804 dans l’Arme).

Cette montée en puissance dans l’armement a été, juge la Cour des comptes, mal anticipée en matière, là encore, d’accès à la formation. Un problème tout d’abord dû au manque de stands de tir. Avec des effectifs en hausse et de nouvelles armes plus puissantes, il y a embouteillage dans ces installations au nombre insuffisant, mal réparties sur le territoires, veillottes et pas adaptées aux nouveaux fusils d’assaut HK G36. Ces derniers nécessitent en effet des pièges à balles spécifiques qui ne sont pas disponibles dans “la grande majorité” des stands de tir.

Gabriel Thierry.

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13 Commentaires

  1. Red One

    Ceci n est pas une découverte malheureusement. Ne s exercer que 3 fois par an avec une arme que l on porte toute la journée est tout à fait insuffisant et anormal (les cartouches coûtent trop cher ). Après on s étonné des accidents qui surviennent. Mais beaucoup ressentent une appréhension lorsqu ils doivent se servir de leur arme. Et pourquoi donc ? Parce qu ils ne l utilisent pas assez. Parce qu ils ne la connaissent pas assez. Parce qu ils en ont peur et et qu ils n ont pas confiance en eux. Les accidents vont se pour suivre car les tirs ne vont pas augmenter et parce-que la faute est systématiquement rejetée sur l agent qui ne peut pas s entraîner davantage. C est trop facile et injuste

  2. MENARD

    Extraordinaire que la Cour des comptes ne s’aperçoive que maintenant que les gendarmes manquent d’entrainement au tir. J’ai pris ma retraite il y a treize ans et pendant toute mon activité, j’ai constaté que l’entrainement au tir était rare, environ deux à trois fois par an et encore deux fois 10 cartouches de 9 mm par séance. Impossible en conséquence de savoir tirer correctement et de bien maitriser son arme. C’était déjà à l’époque une question de budget et je pense que c’est toujours la même chose. C’est vraiment désolant que certaines choses ,évoluent jamais.

    • Aguéra Jean

      D’accord en tout point de vue. Le tir c’est comme avec une femme je plaisante, mais l’entrainement est indispensable. 67 Escadron de mobile Stenay (55) sport et tir, et toute ma carrière Orléans (45) Le Grand-Serre (26) Plaisance du Gers ( 32) Rimont (09) Castelnau-Rivière-Basse (65) sport et tirs. J’ai pris ma retraite le 1/04/1996 et je pense que l’Etat doit instaurer un entraînement et familiariser les militaires, GENDARMES POLICICIERS MUNICIPAUX une arme n’est pas un jouet, c’est une arme de défense.

    • Swol Andre

      Ouî je confirme notamment pour la police urbaine,la P.A.F ,en C.R.S à chaque période de recyclage de l,unité ,le tir aux armes en dotation était devenu obligatoire.Un regret toutefois sur le nombres de cartouches qui étaient limitées .cordialement un flic retraite et content vu le climat actuel.

      • En tant que tireur sportif je considere que 10 seances de tir de 50 munitions de 9 mm a un cout moyen de 12 euros
        Serait un minomum sur une peroode de 12 mois.
        En ce qui concerne le maniement et l utisation
        Du fusil hk en 223 Remington je reste extremement dubitatif sur la qualite de la formation…

  3. Monthurel

    Bonjour à vous tous..
    J’étais un GA de 86/08,et j’ai trouvé la formation très très intéressante.

    En trois mois, nous avons étés initiés, à des armes
    (PA, fusil avec lance Grenade).

    Le PA n’est pas facile à magnier..

    Ps :j’ai de très bon souvenirs et vous en remercie.

    Florent

  4. flashlook

    et quand toutes les polices municipales seront armées , il faudra ajouter les accidents de tirs en plus au plus y aura des armes en services plus il y aura d accidents ,,,,

  5. Réserviste 89

    ce qui est incroyable c’est que dans le privé, en l’occurrence dans le transport de fonds, l’état par l’intermédiaire de convention collective et par le contrôle du CNAPS oblige pour un convoyeur de fonds,
    – 4 séances obligatoires par an
    – 60 cartouches (au minimum) par séance, arme de poings…

    faite ce que dis, pas ce que je fais….

    Bon courage à tous les actives sur le terrain.

  6. Cela va faire 22 ans que je suis en retraite. En 35 ans de carrière, je peux dire que nous avions régulièrement des séances de tirs et 3 à 4 fois par an nous rabachions de droit d’usage des armes. Aujourd’hui, avec les cas d’agressions de gendarmes qui se multiplient, je pense qu’il est temps de réagir différemment. Il faut se mettre à la place du gendarme dans le contexte des faits, car si notre gendarme réfléchit trop longtemps, il risque de se faire tuer, alors, lorsqu’un usage des armes est effectué, posez-vous la question : à sa place, qu’aurai-je fait, comment aurai-je réagi ? Il faut avant toutes choses protéger nos gendarmes pénalement et juridiquement. Je ne dis pas de tout laisser faire n’importe comment, mais arrêtons de mettre nos militaires en G.à.V à chaque fois qu’il y a un usage, un incident ou un accident.

    • ANDRES

      Bonjour à tous
      Retraité depuis l’an 2000, 35 ans d’activité, j’ai peut être eu la chance de bénéficier de nombreuses séances de tir avec l’arme de poing en dotation, pendant l’instruction au niveau de la compagnie. même au sein de la brigade avec les munitions plastiques, les anciens se souviendrons, ce n’était pas formidable, mais bien pour se familiariser avec l’arme. Le rappel des circonstances de l’usage des armes était chaque fois effectué. Néanmoins, même, si des situations pouvaient permettre l’usage des armes, bien souvent celle-ci restait à l’étui ou alors son utilisation s’effectuait dans un danger extrême. Le gendarme n’est pas un cowboy. De nos jours, avec une violence gravissime exponentielle, l’arme est utilisée malgré tout en dernier recours, et immédiatement les médias s’emparent du sujet avec GAV et mise au pilori du gendarme ou policier sans connaître la réalité des faits. C’est pourquoi le gendarme et policier n’utilise pas son arme par peur, bien que des particularités l’autoriseraient. Par chance nous ne sommes pas aux Etats Unis ou dans certains pays autoritaires, et le malfrat en rit.

  7. Constant VALLVERDU

    — De urside26

    J’ai pris ma retraite , en limite d’âge en 1997 . Depuis déjà bien des années , heureux lorsque nous pouvions tirer
    une fois par an au P.A. Rarement , 2 fois . Et toujours bien entendu pour des question budgétaires .
    Pour ma part , je trouve assez cocasse que cette mise en garde provienne de la Cour des Comptes .
    Quoiqu’il en soit , en réalité , je constate que 21 ans après ,la considération gouvernementale ( puisque ce sont eux qui décident quant à budgétisation des forces de Police et de Gendarmerie ) pour ceux qui ont choisi de servir la Nation , reste inchangée .
    Constant

  8. DESAPHY Daniel

    Je suis de l’avis de MENARD, 2 à 3 séances de tir par an et de surcroit l’hiver, quand il pleut et qu’il fait froid, très pratique pour tirer avec une arme de poing ou autre. Un ancien en retraite depuis 9 ans.

  9. Le Merrer

    Je suis tireur sportif. Je confirme qu’en dessous de 500 cartouches par an on ne connait pas son arme. Il faut de la pratique pour acquérir les automatismes.
    Les forces de l’ordre pourraient très bien s’entrainer avec des munitions à bas coût, si c’est là qu’était le problème. Mais quand on connait les restrictions liées à l’usage d’une arme en service et les problèmes consécutifs à cet éventuel usage on peut bien penser que cet entrainement est superflu.

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